La 64e édi­tion du Car­na­val des sucres à Ed­mon­ton

Il n’y a pas d’éra­blière en Al­ber­ta. Ni de ca­bane à sucre. Mais ces dé­tails n’em­pêchent pas les fran­co­phones de par­tout en pro­vince de se ras­sem­bler chaque an­née pour dé­gus­ter de la tire sur la neige. À Ed­mon­ton, c’est un ri­tuel prin­ta­nier qui perdure de

Le Franco - - EDITORIAL - Gi­nette Bou­lianne

Cette an­née, c’est à La Cité fran­co­phone que ça se pas­sait, dans l’après-mi­di du 23 mars der­nier. Sur le ter­rain ex­té­rieur, le pu­blic conver­geait près de l’en­droit où était éri­gée une tente blanche. C’est là que des membres de la fa­mille La­chance d’Ed­mon­ton éta­laient avec ex­per­tise la tire chaude sur un comp­toir de neige fraiche. Ori­gi­naires de la ré­gion de la Beauce, au Qué­bec, Da­niel et Mi­chel La­chance im­portent les pro­duits d’érable di­rec­te­ment de l’éra­blière qui ap­par­tient à la fa­mille de­puis des gé­né­ra­tions. Se­lon les or­ga­ni­sa­teurs, l’évè­ne­ment est un in­con­tour­nable dans la ré­gion d’Ed­mon­ton. On es­time d’ailleurs à près de 1000 per­sonnes le nombre de vi­si­teurs pen­dant la jour­née.

« C’est une ac­ti­vi­té qui at­tire beau­coup de gens. Bon nombre d’Al­ber­tains se re­trouvent avec un cou­sin, une cou­sine ou des grands-pa­rents qui ont connu les ca­banes à sucre et ce­la leur rap­pelle de bons sou­ve­nirs », af­firme le pré­sident de l’As­so­cia­tion canadienne-fran­çaise de l’Al­ber­ta (ACFA) ré­gio­nale d’Ed­mon­ton, Mi­chel Four­nier. « Pour d’autres, c’est une nou­velle ex­pé­rience qu’ils viennent dé­cou­vrir. C’est une bonne oc­ca­sion pour la com­mu­nau­té fran­co­phone de se faire connaitre et de nor­ma­li­ser le fait fran­çais », ajoute-t-il. « C’est aus­si sa­lis­sant que dans le temps », a consta­té en riant Ju­lie Mon­doux, ori­gi­naire d’Ot­ta­wa, qui en était à son pre­mier temps des sucres à Ed­mon­ton. « Je vou­lais ini­tier ma fille à ce plai­sir qué­bé­cois. C’était une tra­di­tion fa­mi­liale pour nous et j’y al­lais souvent avec ma grand-mère », a-t-elle par­ta­gé. Luc Trem­blay, lui, était heu­reux de re­trou­ver de la tire d’érable et une pointe de tour­tière après avoir pas­sé près de 20 ans aux États-Unis. Le Qué­bé­cois s’y connait en mets tra­di­tion­nels qu’on of­frait à l’in­té­rieur de La Cité. Son ver­dict après une pre­mière bou­chée? « La tour­tière est bonne, ad­met-il, mais pas aus­si bonne qu’à BaieCo­meau. » Un Car­na­val des sucres va main dans la main avec la mu­sique tra­di­tion­nelle ca­na­dien­ne­fran­çaise et, qui de mieux pour faire ta­per des pieds que le grand ga­gnant en 2011 du Ca­na­dian Grand Mas­ter Fiddle Cham­pion­ship, le vio­lo­niste Da­niel Ger­vais? Ses airs de vio­lon ont bien su ré­chauf­fer l’am­biance dans la salle mul­ti où les gens pou­vaient dé­gus­ter les tartes au sucre, les fèves au lard et la tour­tière. Lors­qu’ils ne s’amu­saient pas sur la piste de danse, on re­trou­vait les plus pe­tits à la table de bri­co­lage ou la sta­tion de ma­quillage, des ac­ti­vi­tés of­fertes par l’Ins­ti­tut Guy-La­combe de la fa­mille et la Fé­dé­ra­tion des pa­rents fran­co­phones de l’Al­ber­ta. Cer­tains des par­ti­ci­pants pré­voient dé­jà re­ve­nir l’an­née pro­chaine. « C’est sym­pa­thique, on peut ren­con­trer d’autres pa­rents fran­co­phones. Je crois que nous re­vien­drons pro­ba­ble­ment l’an­née pro­chaine », men­tionne Ka­dia Cisse. Pour la pro­chaine édi­tion du Car­na­val des sucres, les or­ga­ni­sa­teurs an­ti­cipent une belle cé­lé­bra­tion pour mar­quer les 65 ans de cette tra­di­tion fran­co­phone dans la ca­pi­tale al­ber­taine. « Nous en­vi­sa­geons dé­jà de faire quelque chose de spé­cial pour mar­quer le 65e an­ni­ver­saire », pro­met Mi­chel Four­nier.

La fa­mille La­chance im­porte ses pro­duits d’érable du Qué­bec.

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