Vivre ou sur­vivre?

Le Franco - - ÉDITORIAL -

L’Al­liance an­nuelle le fran­çaise 28 mars der­nier. d’Ed­mon­ton Bien que a te­nu le bi­lan son de as­sem­blée la der­nière gé­né­rale an­née ait tir du sem­blé gouffre ras­su­rer fi­nan­cier les membres, dans le­quel puisque il se trou­vait, l’or­ga­nisme les di­ri­geants a pu se sor- de l’Al­liance ne sont pas sor­tis du bois. En ef­fet, cette as­so­cia­tion a heu­reu­se­ment pu bé­né­fi­cier, pour la pre­mière fois de son exis­tence, des fonds pro­ve­nant de la te­nue de son ca­si­no à la fin 2012, mais comp­ta­bi­li­sés dans son an­née fi­nan­cière 2013, pour se sor­tir la tête hors de l’eau, quoique l’an­née 2014 s’an­nonce dif­fi­cile. Se fiant no­tam­ment à l’at­trait des an­glo­phones pour ap­prendre une 2e langue, en l’oc­cur­rence le fran­çais, l’offre de cours est donc la pierre an­gu­laire du fi­nan­ce­ment de l’or­ga­nisme. Or, ceux-ci ont ré­gres­sé sur le plan fi­nan­cier en 2013 et, n’eut été d’offres pro­mo­tion­nelles avan­ta­geuses pour l’ap­pre­nant, le nombre de cours offert au­rait ré­gres­sé éga­le­ment. Un sé­rieux coup de barre s’im­pose, alors qu’il fau­dra se rendre à l’évi­dence, l’Al­liance fran­çaise connai­tra un cycle ré­gu­lier : une an­née d’en­det­te­ment, sui­vie d’une an­née de sur­plus et de rem­bour­se­ment de cette dette. Dans le mi­lieu as­so­cia­tif, per­sonne ne s’éton­ne­ra de ce constat puisque ce­la n’est pas unique à l’Al­liance fran­çaise d’Ed­mon­ton. Bon nombre d’or­ga­nismes sont dans le même ba­teau. Pour­tant, les fonds dits « ca­si­no » de­vaient per­mettre aux or­ga­nismes fran­coal­ber­tains qui en bé­né­fi­cient de maxi­mi­ser leur dé­ve­lop­pe­ment. Or, de plus en plus, on a cette drôle d’im­pres­sion que ces fonds servent à sur­vivre, en agis­sant qua­si­ment comme un res­pi­ra­teur ar­ti­fi­ciel, main­te­nant ces­dites as­so­cia­tions en vie dans l’at­tente d’un re­vi­re­ment de si­tua­tion. C’est no­tam­ment le cas de l’Al­liance Jeu­nesse-Fa­mille de l’Al­ber­ta So­cie­ty (AJFAS) qui, le 1er avril 2013, a per­du 85 % de son fi­nan­ce­ment qui pro­ve­nait de Ci­toyen­ne­té et Im­mi­gra­tion Canada. De­puis, l’AJFAS sur­vit – sur pa­pier du moins – et tente de re­lan­cer ses ac­ti­vi­tés avec de pe­tits pro­jets ponc­tuels, dans l’at­tente – peut-être ir­réelle – d’un re­tour de fi­nan­ce­ment. Alors qu’une nou­velle an­née fi­nan­cière s’est amor­cée le 1er avril der­nier au gou­ver­ne­ment fé­dé­ral, il se­ra in­té­res­sant de voir si cer­taines as­so­cia­tions qui re­çoivent du fi­nan­ce­ment, que ce soit de Patrimoine ca­na­dien ou d’un autre mi­nis­tère, su­bi­ront le même sort que l’AJFAS.Il ne faut pas être de­vin pour ar­ri­ver à la conclu­sion qu’in­évi­ta­ble­ment, cer­tains or­ga­nismes se re­trou­ve­ront dans la même si­tua­tion que l’AJFAS, car le nombre d’as­so­cia­tions n’a cer­tai­ne­ment pas di­mi­nué, les be­soins de cha­cun ont in­ver­se­ment gran­di et évo­lué, mais la tarte fi­nan­cière semble ré­tré­cir chaque an­née. Donc, plus tôt que tard, cer­taines as­so­cia­tions se re­trou­ve­ront avec un fi­nan­ce­ment li­mi­té, pour ne pas dire qua­si in­exis­tant, et se­ront dans l’at­tente de jours meilleurs… Et qui dit jours meilleurs sous-en­tend, sur­tout lors­qu’il est ques­tion de fran­co­pho­nie et de mi­lieu mi­no­ri­taire, la te­nue des pro­chaines élec­tions fé­dé­rales. Quoi­qu’avec la Feuille de route pour les langues of­fi­cielles qui est en place jus­qu’au 31 mars 2018, ce­la est loin d’être une ga­ran­tie que le fi­nan­ce­ment d’hier se­ra re­trou­vé. Si ce res­ser­re­ment est pour se pro­duire, il fau­dra voir si les membres de ces or­ga­nismes se­ront proac­tifs dans ce dos­sier ou s’ils se lais­se­ront im­po­ser les règles. Les pro­chaines se­maines, avec la te­nue de quelques as­sem­blées an­nuelles, pourraient nous don­ner cer­tains in­dices à cet ef­fet…

- Étienne Ala­ry

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