Un re­dres­se­ment fi­nan­cier bien­ve­nu

L’or­ga­nisme a réus­si à épon­ger sa dette, mais l’ave­nir de­meure fra­gile.

Le Franco - - CAISSE DE BEAUMONT - - Le Fran­co

Une tren­taine de membres de l’Al­liance fran­çaise d’Ed­mon­ton (AFE) se sont réunis dans les lo­caux de l’or­ga­nisme, le 28 mars der­nier, pour par­ti­ci­per à l’as­sem­blée gé­né­rale an­nuelle. Les membres ont consta­té que l’AFE avait pré­sen­té un sur­plus de plus de 32 000 $ en 2013, et ce, après avoir en­re­gis­tré un dé­fi­cit de quelque 6100 $ en 2012, ce qui por­tait la dette à près de 20 000 $. Ce qui a per­mis un tel re­vi­re­ment de si­tua­tion a été la te­nue par l’AFE de son pre­mier ca­si­no, per­met­tant du même coup d’in­jec­ter une somme de 73 000 $ aux ré­sul­tats de 2013. « Cette somme peut pa­raitre beau­coup, mais dans les faits, elle ne l’est pas vrai­ment. Tou­te­fois, ce­la nous a per­mis de rem­bour­ser l’em­prunt que nous avions fait l’an der­nier, car nous avions un sou­ci de tré­so­re­rie », a sou­te­nu la tré­so­rière, Ma­rie-Chan­tal Da­val-Bé­rillon. Cette der­nière sou­ligne d’ailleurs que les fonds pro­ve­nant de la li­cence ca­si­no ne re­viennent qu’aux deux ans, et qu’au 31 dé­cembre 2013, le vé­ri­table cous­sin fi­nan­cier de l’AFE n’était que de 12 500 $. « L’Al- liance fran­çaise d’Ed­mon­ton éprouve tou­jours des dif­fi­cul­tés fi­nan­cières et 2014 re­pré­sen­te­ra un grand dé­fi, mais des choses sont mises en place pour faire en sorte qu’un jour, l’Al­liance sorte du bois », a-t-elle lan­cé. Des dires cor­ro­bo­rés par le pré­sident de l’or­ga­nisme, Todd Ba­biak. « Nous avons un plan stra­té­gique so­lide, nous tra­vaillons sur une nou­velle pro­gram­ma­tion cultu­relle riche et di­ver­si­fiée, et les évè­ne­ments et les idées qui se mettent en place fe­ront bien­tôt de l’Al­liance un pôle cultu­rel ma­jeur dans notre com­mu­nau­té », avance-t-il. Le fran­co­phile croit beau­coup en l’ap­port de l’AFE à la ca­pi­tale al­ber­taine. « Ap­prendre une se­conde langue, c’est une trans­for­ma­tion. Et comme beau­coup d’étu­diants de la langue fran­çaise, je suis moi-même au mi­lieu de cette trans­for­ma­tion, d’un état uni­lingue vers un état bi­lingue. Cette mé­ta­mor­phose est souvent dif­fi­cile, fas­ti­dieuse et dé­li­cate. Par­fois, on a l’im­pres­sion de ne plus pro­gres­ser, de stag­ner, voire même de ré­gres­ser. Mais pour ap­prendre une langue, il faut per­sé­vé­rer », té­moigne-t-il. Todd Ba­biak es­time que l’or­ga­nisme vit un che­mi­ne­ment si­mi­laire. « Pour notre as­so­cia­tion, c’est la même chose. Nous vi­vons une trans­for­ma­tion, une mé­ta­mor­phose. Et ça, c’est vrai pour notre Al­liance aus­si, il y a par­fois des étapes plus dif­fi­ciles », lance-t-il.

Cours moins po­pu­laires?

En 2013, l’AFE n’a pas mé­na­gé ses ef­forts pour maxi­mi­ser l’ap­pren­tis­sage du fran­çais comme 2e langue à Ed­mon­ton. Tou­te­fois, les ré­sul­tats sont mi­ti­gés. « Si nous ob­ser­vons un nombre crois­sant d’étu­diants, les fi­nances res­tent tou­jours un pro­blème », in­dique M. Ba­biak. En ef­fet, les re­ve­nus gé­né­rés par l’offre de cours de fran­çais ont di­mi­nué de quelque 20 % entre 2012 et 2013. « Les ac­ti­vi­tés de l’école ont connu une crois­sance, mais moins mar­quée qu’en 2011 ou 2012. En terme d’heures ven­dues, nous somme à plus 4 %, ce qui ne se re­trouve pas dans la crois­sance fi­nan­cière, car un cer­tain nombre de ces heures ont été ven­dues dans le cadre d’offres pro­mo­tion­nelles, tels que Grou­pon, ou des ses­sions à prix ré­duit pour l’été », pré­sente la vice-pré­si- dente de l’AFE, Su­zanne Hay­man. L’Al­liance note aus­si une cer­taine ten­dance. « Il est dif­fi­cile de gar­der l’en­semble des étu­diants pour plus que deux ses­sions, une ten­dance ob­ser­vée ailleurs au Canada », af­firme Mme Hay­man. Se­lon la vice-pré­si­dente, « il est pri­mor­dial d’amé­lio­rer notre no­to­rié­té et de tra­vailler sur notre dé­marche mar­ké­ting afin de ne plus dé­pendre des aléas des ins­crip­tions et des fluc­tua­tions sai­son­nières ». Au ni­veau des cours of­ferts, cer­tains ajus­te­ments se­ront né­ces­saires. « Les cours pour les groupes d’en­fants doivent être dé­ve­lop­pés da­van­tage », croit Su­zanne Hay­man. Pré­sen­tée le sa­me­di ma­tin, l’idée de les of­frir en se­maine a été ex­plo­rée afin de li­bé­rer la salle de classe et les en­sei­gnants pour les cours adultes. « En vou­lant les dé­pla­cer en fin d’après­mi­di la se­maine, nous fai­sions concur­rence à d’autres ac­ti­vi­tés pour ces jeunes, ce qui a fait en sorte que nous avons per­du un cer­tain nombre d’élèves. Il faut faire un ef­fort pour trou­ver un moyen de dé­ve­lop­per ces cours sans que ce­la ne soit fait aux dé­pens des cours pour adultes », fait re­mar­quer la vice-pré­si­dente. L’AFE en­tend main­te­nir les cours pour adultes et les cours par­ti­cu­liers, et en­tend ex­plo­rer da­van­tage les cours en en­tre­prise, mais ne consa­cre­ra pas trop d’éner­gie du cô­té du gou­ver­ne­ment fé­dé­ral. « Les cours fé­dé­raux res­tent en sus­pens. Ils re­pré­sentent une lourde charge de travail pour un mar­ché qui reste en­core as­sez in­cer­tain en Al­ber­ta. Dans d’autres villes au pays, il y a plus de pos­si­bi­li­tés », énonce Su­zanne Hay­man.

Vo­let cultu­rel

Du cô­té du vo­let cultu­rel, des ren­contres ponc­tuelles se­ront main­te­nues jus­qu’à ce qu’une vraie pro­gram­ma­tion soit mise en place, dès que les fi­nances le per­met­tront, note M. Ba­biak.

Élec­tions

Pour la pro­chaine an­née, le con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion de l’AFE de­meu­re­ra qua­si­ment in­chan­gé, puisque Todd Ba­biak, Su­zanne Hay­man, Alain Ber­trand, Ma­rie-Chan­tal Da­valBé­rillon et Caroline Ma­gits, tous élus en 2013, ont ac­cep­té un nou­veau man­dat d’un an. Seul Bruce Cock­burn n’a pas sol­li­ci­té un nou­veau man­dat, et Le­ti­cia Go­mez se joint à l’équipe.

Comme l’a pré­ci­sé le pré­sident d’as­sem­blée Mar­cel Pré­ville, l’Al­liance fran­çaise d’Ed­mon­ton n’est pas unique puisque les fonds ca­si­nos per­mettent à bien des or­ga­nismes de sur­vivre.

Puisque les lo­caux de l’Al­liance se re­trouve dans sa cir­cons­crip­tion d’Ed­mon­ton- Gle­no­ra, la mi­nistre Hea­ther Klim­chuk a par­ti­ci­pé à l’AGA.

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