Le CSCN re­garde vers de­main

Le ras­sem­ble­ment « Vi­sion 20/20, re­gard vers de­main! », c’était du ja­mais vu au Con­seil sco­laire Centre-Nord (CSCN).

Le Franco - - ÉDITORIAL - Mi­reille Ma­heu

Les 2 et 3 mai der­niers, près de 150 conseillers, pa­rents et élèves du CSCN ain­si que des membres de la com­mu­nau­té fran­co-al­ber­taine ont ré­pon­du à l’ap­pel du Con­seil et sont ve­nus prendre part, en per­sonne, à la grande dis­cus­sion que ce der­nier te­nait à en­ta­mer sur l’orien­ta­tion de sa vi­sion pour les deux pro­chaines dé­cen­nies. Dans les se­maines qui pré­cé­dait la ren­contre, ceux qui vou­laient par­ta­ger leur point de vue, mais qui ne pou­vaient se rendre au ras­sem­ble­ment des 2 et 3 mai, avaient été in­vi­tés jus­qu’à la fin du mois d’avril à ré­pondre à un son­dage en ligne. Cet ap­pel a tous a fait de l’évè­ne­ment, te­nu pour l’oc­ca­sion du 20e an­ni­ver­saire du CSCN, la plus large consul­ta­tion pu­blique du Con­seil de­puis sa créa­tion. « C’est la pre­mière ren­contre de cette en­ver­gure, la pre­mière fois que c’est aus­si long, aus­si ex­haus­tif, aus­si large, en com­pa­gnie de re­pré­sen­tants de chaque école », in­siste la co­or­don­na­trice des com­mu­ni­ca­tions et du re­cru­te­ment pour le CSCN, De­nise La­val­lée.

20 ans dans le fu­tur

Nor­ma­le­ment, comme l’ex­plique la pré­si­dente Ka­ren Dou­cet, le gou­ver­ne­ment de­mande au Con­seil d’avoir un plan stra­té­gique qui s’étend sur trois ans. Mais pour ses 20 ans, le CSCN vou­lait s’of­frir une vi­sion à plus long terme. « Es­sayons de re­gar­der 20 ans dans le fu­tur », pro­pose-t-elle. Un co­mi­té thé­ma­tique, for­mé d’une ving­taine de pa­rents d’élèves spé­cia­le­ment ci­blés et d’au­tant de conseillers et de membres du con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion, a éta­bli pour l’oc­ca­sion une liste de huit thèmes ré­cur­rents, huit « axes » pui­sés dans les in­té­rêts ex­pri­més par les fa­milles et la com­mu­nau­té au fil des ans. Le Con­seil, ses élèves, pa­rents et écoles; L’élève en ap­pren­tis­sage; Mon mi­lieu et la di­ver­si­té cultu­relle; Les ser­vices aux élèves; L’école fran­co­phone et sa com­mu­nau­té; Être mieux connu et re­con­nu; L’in­fra­struc­ture; Role of non-French-spea­king pa­rent. Sur ces axes étaient orien­tées les dis­cus­sions lors de la ren­contre, qui a pris la forme d’une mul­ti­tude de tables rondes. « On a de­man­dé aux in­vi­tés de dire ce qu’ils vou­laient voir se réa­li­ser, dans vingt ans, dans ces axes », ré­sume la pré­si­dente du CSCN, qui a elle-même sié­gé à la table de dis­cus­sion Le Con­seil, sur la­quelle était entre autres éta­lé le dos­sier de la re­pré­sen­ta­tion pro­por­tion­nelle au Con­seil.

Les notes prises lors de ces dis- cus­sions s’ajou­te­ront aux com­men­taires ache­mi­nés au CSCN via le son­dage en ligne. Les adultes n’étaient pas les seuls à avoir leur mot à dire sur ce que de­vrait de­ve­nir leur Con­seil sco­laire. Une di­zaine d’élèves de la 9e à la 12e an­née se sont aus­si dé­pla­cés pour faire en­tendre leurs sou­haits et leurs at­tentes. « Les jeunes ont ap­por­té des élé­ments très in­té­res­sants à la dis­cus­sion, confie Ka­ren Dou­cet. Ils étaient char­gés de convic­tions, et ils n’étaient pas gê­nés de s’ex­pri­mer, j’en étais très fière. » Il est en­core trop tôt pour tra­cer les grandes lignes qui gui­de­ront le CSCN pour les dé­cen­nies à ve­nir : le co­mi­té thé­ma­tique se­ra convo­qué à la fin du mois de juin pro­chain pour syn­thé­ti­ser les in­for­ma­tions re­cueillies et en ti­rer les mes­sages com- muns, les consen­sus et les ques­tions qui sub­sistent. « C’était un bel évè­ne­ment qui a été très bien re­çu. Plu­sieurs per­sonnes m’ont in­di­qué qu’ils étaient contents d’y être, et qu’ils étaient contents du pro­ces­sus. Je pense qu’ils se­ront aus­si contents du ré­sul­tat », avance la pré­si­dente.

20 ans dans le pas­sé

Vi­sion 20/20, c’est 20 ans dans l’ave­nir, mais ce­la veut aus­si dire : « nous avons 20 ans der­rière nous. » Le ven­dre­di soir, la ren­contre était aus­si l’oc­ca­sion de cé­lé­brer les 20 ans du Con­seil sco­laire Centre-Nord et de se rap­pe­ler l’été 1994, alors que tout était à construire. « Quand [le CSCN] a débuté, le plus grand dé­fi, c’était d’avoir des écoles », rap­pelle Ri­ta Hé­bert, qui a tra­vaillé au sein du Con­seil de­puis le dé­but, d’abord comme di­rec­trice de l’école Père-La­combe pen­dant 11 ans, puis à titre de di­rec­trice de l’école Sainte-Jeanne-d’Arc pen­dant les 10 an­nées qui ont sui­vi. Mme Hé­bert sou­ligne que, comme il arrive en­core au­jourd’hui, le Con­seil a consa­cré énor­mé­ment d’an­nées et sou­le­vé la contro­verse afin de trou­ver des édi­fices qui ré­pondent aux be­soins des élèves fran­coal­ber­tains. Ce fut entre autres le cas pour Ga­brielle-Roy, pour La Mis­sion, et pour les autres qui ont sui­vi. « Nos pa­rents ont été très pa­tients, sou­ligne-t-elle. C’est parce qu’ils croient à l’en­sei­gne­ment en fran­çais, et qu’ils sont sa­tis­faits de la qua­li­té de l’en­sei­gne­ment dans nos écoles, même lors­qu’elles sont plus pe­tites que les écoles an­glo­phones. » Les titres de cinq écoles étaient trans­fé­rés au CSCN en date du 25 aout 1994, quatre ans après le ju­ge­ment de la Cour su­prême du Canada au­to­ri­sant les fran­co­phones en mi­lieu mi­no­ri­taires à gé­rer leurs propres écoles : Ci­ta­delle (Le­gal), Mau­rice-La­val­lée, Notre-Dame, Père-La­combe et Sainte-Jean­ned’Arc (Ed­mon­ton). Au­jourd’hui, avec la nou­velle école fran­co­phone qui ou­vri­ra ses portes à Beau­mont, le CSCN en gère 15. « Au tout dé­but, c’était tout pe­tit, ra­conte Ri­ta Hé­bert. Au­jourd’hui, le Con­seil a gran­di, mais pas as­sez pour em­pê­cher que tous les em­ployés se ren­contrent au dé­but de chaque an­née. On de­meure un Con­seil très uni, où on se connait. C’est un bon cô­té qui a été main­te­nu, en plus de la vi­sion fon­da­men­tale du Con­seil, qui est cen­trée sur les be­soins de nos élèves fran­co­phones. » Mais res­ter fi­dèle à ses prin­cipes n’a pas em­pê­ché le CSCN de se mon­trer très avant-gar­diste sur plu­sieurs fronts. « Il a éta­bli l’ac­com­pa­gne­ment pé­da­go­gique avant que le gou­ver­ne­ment ne le fi­nance. [...] Il a aus­si ins­tau­ré très tôt la ma­ter­nelle à temps plein », cite Mme Hé­bert à titre d’exemple. L’an­cienne di­rec­trice nou­vel­le­ment re­trai­tée sou­ligne pour ter­mi­ner qu’elle croit dur comme fer que le CSCN a tou­jours eu à coeur que les en­fants fran­co­phones en mi­lieu mi­no­ri­taire bé­né­fi­cient des mêmes avan­tages que les autres en­fants al­ber­tains.

À la pro­chaine

La ren­contre Vi­sion 20/20 te­nue par le CSCN était la pre­mière d’une telle en­ver­gure, mais elle ne se­ra pas la der­nière. Dans cinq ans, la pré­si­dente du Con­seil pré­dit qu’il se­ra de nou­veau l’heure du bi­lan, et que l’oc­ca­sion d’un autre grand ras­sem­ble­ment ne se­ra pas loin. « D’ici cinq ans, ce se­ra notre 25e an­ni­ver­saire », laisse-t-elle en­tendre. Avec l’en­trée en vi­gueur du nouvel Edu­ca­tion Act en sep­tembre 2015 et l’élec­tion de conseillers sco­laires en 2017, entre autres chan­ge­ments, il y a fort à pa­rier qu’elle ne se trompe pas.

Des élèves des écoles du CSCN ont par­ti­ci­pé au fo­rum.

Quelque 150 conseillers, pa­rents et élèves du CSCN ain­si que des membres de la com­mu­nau­té fran­co-al­ber­taine ont ré­pon­du à l’ap­pel du CSCN.

Pho­to : courtoisie

Des dis­cus­sions en table ronde ont eu lieu afin de maxi­mi­ser les échanges d’idées.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.