Des pro­fes­seurs fran­co­phones se dé­marquent

L’ex­cellent travail de 20 en­sei­gnants et di­rec­teurs d’école de la pro­vince a été sou­li­gné en grande pompe lors de la cé­ré­mo­nie de re­mise des prix Ex­cel­lence in Tea­ching Awards (ETA) par Al­ber­ta Edu­ca­tion, qui les a réunis ain­si que leurs col­lègues et amis

Le Franco - - RAPPORT DU TASK FORCE FOR TEACHING EXCELLENCE -

La cu­vée 2014 comp­tait dans ses rangs trois en­sei­gnants fran­co­phones et fran­co­philes qui ont été sé­lec­tion­nés par leur di­rec­teur, leurs col­lègues et leur com­mu­nau­té : il s’agit de mes­dames Élise Lee, Tia My­rick et Gi­nette Mar­coux. « Si on fait une pièce de théâtre, moi je peux m’oc­cu­per des décors ou de la mise en scène… je n’ai pas l’ha­bi­tude d’être à l’avant-scène », confie Élise Lee, fé­brile à la sor­tie de la ré­pé­ti­tion de groupe en vue de la cé­ré­mo­nie, qui au­ra lieu dans quelques heures. La can­di­da­ture de l’en­sei­gnante en im­mer­sion à l’École Agnes Da­vid­son School a été d’abord pro­po­sée par le pa­rent d’un élève qui ap­pré­cie par­ti­cu­liè­re­ment l’ap­proche de l’en­sei­gnante quant aux be­soins spé­ciaux de son en­fant avant d’être, comme le veut la pro­cé­dure des ETA, ap­puyée par la di­rec­tion et un col­lègue de travail. « Tous les en­fants ont des forces. Et si on leur donne l’op­por­tu­ni­té de rayon­ner, les autres les ver­ront briller », in­siste la lau­réate, qui s’est dite par­ti­cu­liè­re­ment tou­chée par le geste de la per­sonne ayant pro­po­sé sa can­di­da­ture, puis­qu’elle s’avère être à la fois pa­rent d’élève et col­lègue de travail. De son cô­té, c’est en grande par­tie pour les ef­forts qu’elle a mis dans le dé­ve­lop­pe­ment des beaux arts et, en par­ti­cu­lier, pour l’im­plan­ta­tion du pro­gramme de danse à l’École J. H. Pi­card que Tia My­rick a été pro­po­sée comme can­di­date pour les ETA. « Le pro­gramme de danse, elle pré­cise, a ai­dé les élèves qui ne trou­vaient pas leur voix une place qui leur ap­par­tient, un en­droit pour s’ex­pri­mer. » L’en­sei­gnante dit aus­si ac­cor­der tou­jours un grand soin à ses re­la­tions avec les élèves, en fai­sant sa prio­ri­té. Comme pour ses col­lègues, les élèves sont une prio­ri­té pour l’en­sei­gnante à l’école McKer­nan d’Ed­mon­ton, Gi­nette Mar­coux. Pour elle, le prix ETA sou­ligne son im­pli­ca­tion constante au sein du pro­gramme par­ti­cu­lier d’im­mer­sion fran­çaise tar­dive offert à McKer­nan School, alors qu’elle était de la par­tie dès son im­plan­ta­tion, il y a une dé­cen­nie. « C’est un ma­gni­fique pro­gramme qui dé­montre le suc­cès que les en­fants peuvent ob­te­nir », af­firme-t-elle. « Par exemple, lors de notre voyage en mi­lieu fran­co­phone au mois de mai der­nier, les élèves ont dé­mon­tré qu’ils étaient par­fai­te­ment ca­pables d’uti­li­ser le fran­çais dans dif- fé­rents contextes, et ce, après un an seule­ment à l’in­té­rieur du pro­gramme d’im­mer­sion », ra­conte Mme Mar­coux.

Les pro­jets des lau­réates

Le prix Ex­cel­lence in Tea­ching Awards est ac­com­pa­gné d’un cer­ti­fi­cat de re­con­nais­sance, d’un bou­ton-sou­ve­nir ain­si que d’une en­ve­loppe de 1000 $ pour l’école du ou de la ré­ci­pien­daire. Un mon­tant de 4 000 $ est aus­si don­né à l’en­sei­gnant afin qu’il puisse l’in­ves­tir dans la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle de son choix. « Je vais ré­flé­chir à la ma­nière dont je pour­rai uti­li­ser [le prix] pour ser­vir l’im­mer­sion », as­sure Gi­nette Mar­coux. Se­lon elle, les grands be­soins de l’en­sei­gne­ment en im­mer­sion et en fran­çais se si­tuent au ni­veau des res­sources, qui sont loin d’être égales aux res­sources édu­ca­tives dis­po­nibles en an­glais. « Nous sommes en train de créer énor­mé­ment », sou­tient-elle. Élise Lee abonde dans le même sens. « Pour chaque 20 jeux ou ap­pli­ca­tions édu­ca­tifs en an­glais, il y en a peut-être un seul en fran­çais », es­time celle qui, pour y re­mé­dier au moins dans sa classe, a dé­ve­lop­pé ses propres ou­tils au­dio­vi­suels pour l’aide aux de­voirs, qu’elle a ras­sem­blés dans sa page web. « La plu­part des pa­rents ins­crivent leurs en­fants en im­mer­sion et sont ex­ci­tés de com­men­cer, mais ils sont aus­si ner­veux si eux-mêmes ne parlent pas fran­çais », ex­plique Mme Lee. Elle es­père que les ou­tils qu’elle a dé­ve­lop­pés ai­de­ront les élèves, et spé­cia­le­ment ces pa­rents, à faire un meilleur ap­pren­tis­sage après les cours. Elle compte d’ailleurs uti­li­ser le mon­tant de sa bourse pour suivre des cours en tech­no­lo­gie édu­ca­tive. Tia My­rick n’a pas non plus dé­ci­dé ce qu’elle fe­ra avec sa bourse, mais elle dé­sire cer­tai­ne­ment en ap­prendre plus sur les beaux-arts, peut-être même al­ler étu­dier pour quelque temps à New York ou Los An­geles. « Je vou­drais étu­dier le théâtre mu­si­cal ou la danse. Si je peux al­ler ap­prendre quelque chose de nou­veau, je pour­rai en­suite l’ame­ner à mes élèves », es­père-t-elle.

Plus qu’un cer­ti­fi­cat

Pour les lau­réates, le prix ETA est bien plus qu’un cer­ti­fi­cat, un bou­ton-sou­ve­nir et une bourse. « Le prix re­hausse la pro­fes­sion et re­con­nait le travail des en­sei­gnants qui le re­çoivent, mais aus­si des autres qui, comme moi, dé­dient tous leurs ef­forts pour l’en­sei­gne­ment », sou­ligne Gi­nette Mar­coux. « C’est très bien de re­ce­voir un prix, mais réel­le­ment tous les profs tra­vaillent fort, et se donnent corps, âme et por­te­feuille à la tâche », ren­ché­rit Élise Lee. Et si re­ce­voir le prix de la part d’Al­ber­ta Edu­ca­tion, alors que les membres de l’as­so­cia­tion pro­vin­ciale des en­sei­gnants (Al­ber­ta Tea­chers’ As­so­cia­tion) ont don­né una­ni­me­ment, une se­maine au­pa­ra­vant, un vote de non-confiance en­vers le mi­nistre de l’Édu­ca­tion Jeff John­son peut sembler aigre-doux, l’im­por­tance du prix dé­passe, pour cer­tains, la si­gni­fi­ca­tion po­li­tique. « Mal­gré le désac­cord [au su­jet, entre autres, du rap­port Task Force for Tea­ching Ex­cel­lence], le mi­nistre de l’Édu­ca­tion croit en l’en­fant, et en l’im­por­tance de cer­ner ce qui est le mieux pour lui. Et nous aus­si. Nous par­ta­geons ce but com­mun », tem­père Mme Lee.

L’en­sei­gnante Élise Lee

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