Re­don­ner à sa com­mu­nau­té

Pour cer­taines per­sonnes, ve­nir s’éta­blir au Ca­na­da est le moyen de re­par­tir à zé­ro et prendre un nou­veau dé­part dans la vie pour ou­blier, par­fois, le pas­sé. Tou­te­fois, ce­la n’em­pêche pas des in­di­vi­dus de res­ter for­te­ment at­ta­chés à leur terre d’ori­gine.

Le Franco - - ÉDITORIAL -

C’est no­tam­ment le cas de Be­noit Tra­zo. Après quelques al­lers-re­tours au cours des­quels il com­plète no­tam­ment une for­ma­tion en gé­nie in­dus­triel au Qué­bec, ce der­nier, qui est ori­gi­naire de la Côte d’Ivoire, s’ins­talle avec sa famille au Ca­na­da, plus pré­ci­sé­ment à Van­cou­ver en 1997. Quelques an­nées plus tard, soit en 2003, il em­mé­nage à Ed­mon­ton. C’est jus­te­ment dans la ca­pi­tale al­ber­taine que M. Tra­zo de­vien­dra ci­toyen ca­na­dien, en 2009. « Le Ca­na­da, c’est le meilleur pays au monde », s’ex­clame l’en­tre­pre­neur qui est no­tam­ment le pro­prié­taire d’une com­pa­gnie de na­vette vers l’aé­ro­port : ICM Shut­tle. Ce­la ne l’em­pêche tou­te­fois pas de de­meu­rer très at­ta­ché à son pays d’ori­gine. De­puis 20 ans main­te­nant, soit de­puis le mois de mai 1994, Be­noit Tra­zo est pré­sident-di­rec­teur gé­né­ral du groupe ICM, dont le prin­ci­pal secteur d’ac­ti­vi­tés est le secteur ma­ri­time et pé­tro­lier (off­shore) où il offre un en­semble de ser­vices in­té­grés, entre autres, le dé­doua­ne­ment de ma­té­riel pé­tro­lier, la consi­gna­tion de na­vire, la ma­nu­ten­tion et le pla­ce­ment de per­son­nel sur les na­vires et les plates-formes pé­tro­lières. Le groupe compte aus­si une agence de voyages (ICM VOYAGES) pour per­mettre aux clients de vivre une toute nou­velle ex­pé­rience : RACE (Ré­pu­ta­tion, Ac­cueil et dis­po­ni­bi­li­té, Com­pé­tences et com­pé­ti­ti­vi­té, Ex­pé­rience and ef­fi­cience). Dans sa po­li­tique d’ex­pan­sion in­ter­na­tio­nale, ICM Lo­gis­tics ser­vices Gha­na Ltd, en 2000, et ICM Benin SARL, en 2003, ont aus­si été créés. Puis, l’an­née 2009 marque la concré­ti­sa­tion d’un rêve cher à M. Tra­zo : de­ve­nir un ar­ma­teur et le pre­mier ar­ma­teur ivoi­rien. Pour se faire, le groupe ICM a créé sa toute nou­velle fi­liale ICM Nau­ti­cal. « Même si je suis bien éta­bli au Ca­na­da, il est im­por­tant d’ap­por­ter une contri­bu­tion à mon pays d’ori­gine. Ce­la me per­met de don­ner du tra­vail à mes com­pa­triotes, de leur don­ner un coup de main », es­time M. Tra­zo, dont la grande ma­jo­ri­té de ses em­ployés tra­vaillent sur des plates-formes. « De ce cô­té, ce sont sur­tout des em­plois sai­son­niers, mais j’en­cou­rage aus­si, grâce à mes en­tre­prises que je consi­dère de taille moyenne, l’éco­no­mie de pays voi­sins comme le Gha­na et le Bé­nin », pré­cise Be­noit Tra­zo. Comme le sou­ligne Be­noit Tra­zo, le Groupe ICM a été créé dans le but de four­nir une ex­per­tise pro­fes­sion­nelle de classe mon­diale en ce qui a trait aux ser­vices de sup­port lo­gis­tique prin­ci­pa­le­ment dans le do­maine de l’ex­plo­ra­tion, la re­cherche et la pro­duc­tion pé­tro­lière. Ce der­nier n’hé­site pas d’in­vi­ter, à l’oc­ca­sion, des Ca­na­diens à se dé­pla­cer pour dé­cou­vrir, de leurs propres yeux, comment il a réus­si à trans­po­ser en Afrique de l’Ouest ce qu’il a ap­pris au Ca­na­da. D’ailleurs, le di­rec­teur gé­né­ral du Centre d’ac­cueil et d’éta­blis­se­ment (CAÉ) du Nord de l’Al­ber­ta, Georges Ba­haya, a eu la chance de se rendre en Côte d’Ivoire et au Bé­nin, au mois de juin der­nier et il a pu ob­ser­ver la contri­bu­tion de M. Tra­zo à son pays d’ori­gine. « Pour moi, ce­la a été très ins­pi­rant. C’est un mon­sieur qui a étu­dié ici, au Ca­na­da, et ha­bi­tuel­le­ment les gens qui s’ins­tallent ici, les Afri­cains par exemple, ils viennent étu­dient ici et ils y res­tent. Le Ca­na­da les re­tient comme im­mi­grants. Il est très rare de voir quel­qu’un qui est bien ins­tal­lé ici faire des ini­tia­tives dans son pays d’ori­gine », ex­plique Georges Ba­haya. Ce der­nier était heu­reux de cette vi­site en com­pa­gnie de ce Fran­co-Al­ber­tain d’adop­tion. « Oui, M. Tra­zo fait du bu­si­ness, mais son ob­jec­tif pre­mier est de don­ner du tra­vail à d’autres per­sonnes, à re­don­ner à sa com­mu­nau­té », sou­tient M. Ba­haya. « Dans son en­tre­prise, c’est comme une vie de famille. Les gens s’aident les uns et les autres. Tu re­çois un sa­laire et tu aides la famille. Et comme ce­la ar­rive sou­vent en Afrique, tu vas aus­si ai­der d’autres per­sonnes à tra­vers le sa­laire que tu re­çois », ajoute-t-il. Comme le fait re­mar­quer M. Ba­haya, les connais­sances ac­quises au Ca­na­da par Be­noit Tra­zo sont trans­fé­rées pour en faire pro­fi­ter la po­pu­la­tion de l’Afrique de l’Ouest. « Vous voyez les gens ici, mais vous ne sa­vez pas tou­jours de quoi ils sont ca­pables. Le par­tage Ca­na­da-Afrique qu’il es­saie de réa­li­ser est quelque chose de très im­por­tant. On ne se le ca­che­ra pas, l’em­ploi, en Afrique, n’est pas si évident que ce­la, xc’est très li­mi­té. C’est le cô­té qui m’a le plus tou­ché, le fait qu’il em­bauche des jeunes et qu’il es­saie d’ai­der les gens », af­firme-t-il.

Un saut au Con­go

Georges Ba­haya a pro­fi­té de son pas­sage sur le conti­nent afri­cain pour ef­fec­tuer une vi­site en Ré­pu­blique dé­mo­cra­tique du Con­go. Fait à no­ter, si M. Ba­haya s’était ren­du dans la par­tie Est du Con­go il y a quelques an­nées, c’est la pre­mière fois qu’il met­tait les pieds dans la ca­pi­tale, Kin­sha­sa de­puis 1998. « Les choses ont chan­gé. Oui le pays a connu des pro­blèmes po­li­tiques, la guerre, mais il y a un es­sor éco­no­mique. Il y a des in­ves­tis­se­ments dans la ville, de la construc­tion. C’est un pays plein d’ave­nir avec une jeu­nesse qui a en­vie de se re­mettre au tra­vail. C’est quelque chose de très en­cou­ra­geant », avance Georges Ba­haya. Ce der­nier voit une lueur d’es­poir. « Tous les Congo­lais qui se retrouvent par­tout dans le monde suivent la si­tua­tion de près. On at­tend no­tam­ment les élec­tions de 2016, car on a une petite peur de voir la consti­tu­tion être chan­gée, ce qui au­rait comme ef­fet de pro­lon­ger les man­dats. Mais non­obs- tant cette pos­si­bi­li­té, le cli­mat po­li­tique ac­tuel est calme et il y a une sta­bi­li­té. Le dé­fi reste grand et il de­meure, mais pe­tit à pe­tit, il y a des amé­lio­ra­tions », conclut-il.

Pho­tos : cour­toi­sie

Georges Ba­haya en com­pa­gnie de Be­noit Tra­zo du groupe ICM lors d’un pas­sage en Côte d’Ivoire, en juin der­nier.

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