À Ed­mon­ton...

Le 17 juillet en fin de soi­rée, dans un en­droit à Ed­mon­ton te­nu se­cret jus­qu’au der­nier mo­ment, a eu lieu le pre­mier Di­ner en blanc de la ca­pi­tale, qui a ras­sem­blé plus de 1200 per­sonnes au­tour d’un pi­que­nique élé­gant or­ga­ni­sé par l’Al­liance fran­çaise d’E

Le Franco - - LA UNE - Da­vid Pa­redes

Il s’agit d’un autre évè­ne­ment in­édit inau­gu­ré par l’Al­liance fran­çaise d’Ed­mon­ton, après le festival du film fran­co­phone en mars, la dic­tée des 24 h de l’or­tho­graphe en avril, le festival de la bande des­si­née fran­co­phone en mai et Make Mu­sic Ed­mon­ton en juin de cette an­née. Le Di­ner en blanc s’est te­nu au parc McKin­ney d’Ed­mon­ton, un en­droit idéal of­frant une vue pre­nante sur la rive sud de la ri­vière Sas­kat­che­wan et sur les gratte-ciels du centre-ville. L’idée du Di­ner en blanc est née en France en 1988 lorsque François Pas­quier, alors de re­tour à Pa­ris après plu­sieurs an­nées d’ex­pa­tria­tion, dé­cide d’or­ga­ni­ser un re­pas pour se re­trou­ver avec ses amis. Au vu du grand nombre de per­sonnes vou­lant y as­sis­ter, François leur donne ren­dez-vous au Bois de Bou­logne avec la consigne d’être ha­billés tout en blanc afin de pou­voir se re­con­naitre dans la nuit. Le suc­cès de cette soi­rée fut tel qu’on re­mit ce­la à l’an­née sui­vante; quatre ans plus tard, sa­chant que les au­to­ri­tés s’op­po­se­raient à ce qu’un di­ner de cette en­ver­gure puisse avoir lieu au lieu choi­si, soit cette fois sur le Pont des Arts à Pa­ris, les amis de François tinrent le lieu se­cret jus­qu’à la der­nière mi­nute. Au­jourd’hui, 25 ans après, le Di­ner en blanc compte plus de 100 000 membres et se tient dans en­vi­ron 40 villes du monde en­tier. Il a d’ailleurs été or­ga­ni­sé à Cal­ga­ry pour la pre­mière fois l’an pas­sé. Cette an­née à Ed­mon­ton, plus de 1200 per­sonnes vê­tues de blanc de la tête aux pieds se sont at­ta­blées au­tour de suc­cu­lents mets concoc­tés par le chef de re­nom­mée mon­diale Paul Shu­felt. Les in­vi­tés de­vaient ap­por­ter leur propre table, chaise, vais­selle, flutes pour le cham­pagne et coupes de vin, le tout en blanc ou trans­pa­rent. Mal­gré la me­nace constante de l’orage, l’am­biance était fes­tive et tout le monde s’est prê­té au jeu de très bon gré, si bien que peu après 18 heures le parc était sous une ma­rée blanche de convives. À la table d’honneur, on a pu re­trou­ver M. Todd Ba­biak, cé­lèbre ro­man­cier et ex-jour­na­liste d’Ed­mon­ton Jour­nal qui af­fec­tionne par­ti­cu­liè­re­ment la culture fran­co­phone et qui est le pré­sident de l’Al­liance fran­çaise d’Ed­mon­ton; M. Bertrand, son di­rec­teur gé­né­ral, Eve­lyn Me­rill, di­rec­trice du la­bo­ra­toire de bio­lo­gie de l’Uni­ver­si­té de l’Al­ber­ta, Sta­cey Brot­zel, cé­lèbre jour­na­liste pour CTV News, Ty­son Ville­neuve, as­so­cié de So­cial Concierge et Ra­phaël Frey­net, cé­lèbre mu­si­cien fran­co­phone, par­mi d’autres. Le di­rec­teur de l’Al­liance fran­çaise (AF) d’Ed­mon­ton, An­tho­ny Bertrand, s’est dit « su­per content de voir que mal­gré les orages pos­sibles et les averses, les gens sont quand même ve­nus, ils sont au ren­dez-vous, ils ont joué le jeu, ils sont tous en blanc! » Il a aus­si sou­li­gné la col­la­bo­ra­tion de la ville d’Ed­mon­ton, qui a « four­ni le bus et le lieu », nous dit-il.

La spon­ta­néi­té fran­çaise « Au-de­là de la gas­tro­no­mie, avec le Di­ner en blanc il y a la spon­ta­néi­té, on va à un di­ner, on ne sait pas où c’est, il faut s’ha­biller en blanc, on a ren­dez­vous à un en­droit, mais on ne sait pas comment on y va. Il va y avoir de la mu­sique, mais ils [les in­vi­tés] ne sa­vaient pas qu’il y au­rait un spec­tacle d’Odys­seo avant », ex­plique An­tho­ny Bertrand. « C’est le cô­té spon­ta­néi­té qu’on re­trouve dans la culture fran­çaise, af­firme-t-il avec en­thou­siasme, on ren­contre des in­con­nus, on mange, on con­verse et on fait connais­sance. C’est un mo­ment so­cial, c’est ça aus­si l’es­prit du di­ner en blanc » conclut-il. Par­mi les sur­prises qui étaient ré­ser­vées aux in­vi­tés, il y avait donc, comme l’a sou­li­gné M. Bertrand, le spec­tacle de 15 dan­seurs gui­néens d’Odys­seo qui se sont pro­duits sur scène. Tout au long de la soi­rée, les convives ont éga­le­ment pu se dé­lec­ter avec la mu­sique d’ar­tistes fran­co­phones tels que Ra­phaël Frey­net, Paul Cour­noyer et Jes­si­ca Holt­by. La par­ti­ci­pa­tion à ce pi­que­nique chic se fait en trois phases : dans un pre­mier temps, chaque chef de table in­vite 20 per­sonnes qui, à leur tour, in­vitent cha­cune une autre per­sonne – la deuxième phase – car le di­ner se fait en bi­nôme. Fi­na­le­ment, les 10 places qui res­tent sont pro­po­sées au pu­blic via la page du site web of­fi­ciel. M. Bertrand pré­cise tou­te­fois qu’« un bon moyen de s’as­su­rer une place pour le pro­chain Di­ner en blanc, c’est de de­ve­nir membre de l’Al­liance fran­çaise d’Ed­mon­ton ». « Le but de So­cial Concierge et de l’AF d’Ed­mon­ton est de mon­trer à l’Ouest ca­na­dien que les fran­co­phones sont pré­sents. Et on veut par­ta­ger ça avec vous, on veut vrai­ment créer ce mé­lange an­glo­phone fran­co­phone, on ne veut pas de sé­gré­ga­tion », af­firme M. Bertrand. An­tho­ny Bertrand, un homme d’ac­tion « En 2014, on a mis les bou­chées doubles sur le plan cultu­rel », ex­plique An­tho­ny Bertrand à pro­pos du grand nombre d’évè­ne­ments mis sur pieds par l’AF dans la der­nière an­née. « Je suis un trap­peur de loups », lance le di­rec­teur de l’AF d’Ed­mon­ton, ex­pli­quant qu’ayant ef­fec­tué des études de bio­lo­gie en France, c’est d’abord pour étu­dier les loups qu’il est ve­nu en Al­ber­ta avant de se consa­crer à l’Al­liance fran­çaise, dont il est à la barre de­puis quatre ans. L’ins­ti­tu­tion cultu­relle, pré­sente à Ed­mon­ton de­puis 1947, était très af­fai­blie par des an­nées d’en­det­te­ment à l’ar­ri­vée de M. Bertrand, qui de­puis fait tout pour la re­mettre sur les rails. « Ma force, c’est d’ar­ri­ver à mo­ti­ver les gens pour qu’ils donnent de leur temps, de leur éner­gie. Moi j’ai mon éner­gie, ma bonne hu­meur, mon sou­rire à don­ner » avoue-t-il. « Ça fait 4 ans que je tra­vaille pour l’Al­liance et je veux la re­lan­cer, je veux faire plein de choses », in­siste-t-il avec un dy­na­misme pal­pable. Quant au Di­ner en blanc M. Bertrand « es­père que les gens vont ap­pré­cier ça et que ça va lan­cer tout le reste. J’es­saye de lan­cer une lo­co­mo­tive et qu’en­suite les wa­gons vont suivre. Cette éner­gie que l’on a mise dans cet évè­ne­ment c’était pour se faire mieux connaitre dans la com­mu­nau­té. Le Di­ner en blanc c’est une grande vi­trine sur une grosse sec­tion de la po­pu­la­tion an­glo­phone, on veut dire à cette sec­tion de la com­mu­nau­té an­glo­phone que la culture fran­co­phone est vi­vante, est ac­tive à Ed­mon­ton » ajoute-t-il avec vé­hé­mence. Le pro­chain Di­ner en blanc est dé­jà pré­vu pour la pre­mière se­maine d’aout en 2015. Sui­vra une confé­rence d’As­ma M’Ba­rek, char­gée de cours au Cam­pus Saint-Jean, en oc­tobre, puis le Beau­jo­lais nou­veau en no­vembre. Pour plus de ren­sei­gne­ments sur le ca­len­drier cultu­rel de l’Al­liance fran­çaise d’Ed­mon­ton, veuillez vi­si­ter le site of­fi­ciel http://www.af.ca/ ed­mon­ton/.

...un pre­mier Di­ner en blanc.

À Ed­mon­ton, quelque 1200 per­sonnes ont bra­vé le mau­vais temps pour par­ti­ci­per au pre­mier Di­ner en blanc à se te­nir dans la ca­pi­tale al­ber­taine.

Pho­tos : Da­vid Pa­redes

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