Un dé­part... une ar­ri­vée

Le Franco - - ÉDITORIAL -

Je suis tom­bée sur le der­nier édi­to­rial d’Étienne Ala­ry, mon pré­dé­ces­seur, en mon­tant le jour­nal cette se­maine. Il doit être as­sez dif­fi­cile, après 9 ans à la tête d’un heb­do­ma­daire com­mu­nau­taire, de se rap­pe­ler comment on se sen­tait au dé­but et quelle était notre vi­sion pure et naïve du jour­nal (par naïve je veux dire op­ti­miste, pas en­core en­ta­chée par les obs­tacles aux­quels on ne s’at­ten­dait pas).

Étienne a écrit, dans son édi­to­rial, que sa vi­sion de l’heb­do­ma­daire était de re­flé­ter la vi­ta­li­té de la com­mu­nau­té fran­coal­ber­taine.

Sans vou­loir ame­nui­ser les dé­cla­ra­tions de l’an­cien di­rec­teur du Fran­co, mon in­tui­tion se­rait de dire : « Fa­cile à dire, mais pas fa­cile à faire ». Ce que j’ai ob­ser­vé de la com­mu­nau­té fran­co-al­ber­taine, c’est qu’elle n’est pas uni­forme bien qu’elle soit uni­fiée (dans cer­tains cas). Elle a plu­sieurs vi­sages et se cache, par­fois non pas par sen­ti­ment d’in­fé­rio­ri­té, mais plu­tôt qu’elle ne res­sent pas le be­soin d’af­fir­mer son iden­ti­té cultu­relle sur la place pu­blique. Elle est élé­gante et pour­tant gauche à l’oc­ca­sion, lors­qu’il s’agit de dé­cou­vrir son nou­veau corps en évo­lu­tion qui lui pa­rait étran­ger, comme à l’ado­les­cence. Elle se ma­ni­feste chez les uns et les autres par des modes d’ex­pres­sions dif­fé­rents et par­fois in­com­pa­tibles à pre­mière vue…

Et tout ce­ci est mon humble ob­ser­va­tion. Comme quoi, re­flé­ter la vi­ta­li­té de votre com­mu­nau­té – qui de­vient de plus en plus la mienne – n’est pas une mince af­faire. Après deux se­maines, je me ques­tionne dé­jà sur ma propre vi­sion du jour­nal – ce dont je m’étais pro­mis de vous par­ler. Pas un ques­tion­ne­ment exis­ten­tiel. Construc­tif plu­tôt.

Pour moi, Le Fran­co vous ap­par­tient. Votre jour­nal com­mu­nau­taire ne de­vrait pas sim­ple­ment être le re­flet de la vi­ta­li­té de la com­mu­nau­té, mais son pro­duit. Plus que de vi­ta­li­té, je pense qu’il est temps de par­ler de créa­ti­vi­té.

Je sou­haite que les deux jour­naux pa­pier du Fran­co, ain­si que son site web, soient des es­paces de créa­ti­vi­té.

Les liens entre et au sein des com­mu­nau­tés fran­co-al­ber­taines, ain­si que ceux qui dépassent les fron­tières pro­vin­ciales et na­tio­nales existent dé­jà grâce à la langue com­mune, qu’elle soit po­li­ti­sée ou non. À vous main­te­nant de les faire flo­rir en uti­li­sant cet es­pace que je mets à votre dis­po­si­tion. Idées, opi­nion, in­for­ma­tion, fé­li­ci­ta­tions et illustrations. L’équipe de ré­dac­tion est là pour vous ai­der à par­ta­ger ce qui vous trotte dans la tête, ce que vous vou­lez com­mu­ni­quer ou les su­jets sur les­quels vous vou­lez en­quê­ter.

Le tout, bien sûr, en res­pec­tant la di­ver­si­té et les par­ti­cu­la­ri­tés de notre pro­vince, et les prin­cipes jour­na­lis­tiques qui sont, de toute fa­çon, dé­jà bien an­crés dans le fonc­tion­ne­ment du jour­nal et les va­leurs de la ré­dac­tion.

Comme toute per­sonne qui consomme as­si­du­ment les mé­dias en tout genre, j’ai ma pe­tite idée sur ce à quoi Le Fran­co idéal res­sem­ble­rait. Néan­moins, le jour­nal que je vous offre de­puis deux se­maines a été construit au fil de mes conver­sa­tions avec les gens qui se ont poin­té le bout de leur nez à nos bu­reaux, des sug­ges­tions de ceux qui se sont ma­ni­fes­tés sur les ré­seaux so­ciaux et des idées qui ont été ins­pi­rées par notre en­vi­ron­ne­ment, tout sim­ple­ment.

Plu­tôt qu’une vi­sion dé­jà pré­éta­blie pour un jour­nal qui est le vôtre, je vous offre une porte ou­verte.

Em­ma Hau­te­coeur

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