Coupes à Ac­cès-Emploi : moins de moyens pour l’in­té­gra­tion des fran­co­phones

Ac­cès-Emploi a vu son bud­get di­mi­nué d’un quart à cause d’une baisse de la contri­bu­tion pro­vin­ciale, qui re­çoit une par­tie de son ar­gent du gou­ver­ne­ment fé­dé­ral. L’or­ga­nisme, dont le but est d’ai­der gra­tui­te­ment les fran­co­phones de l’Al­ber­ta à trou­ver du

Le Franco - - EDMONTON - Ar­thur Bayon

« On est fi­nan­cés presque ex­clu­si­ve­ment par la pro­vince », ex­plique d’em­blée Su­zanne Cor­neau, di­rec­trice gé­né­rale d’Ac­cès-Emploi, un or­ga­nisme à but non-lu­cra­tif ba­sé à Ed­mon­ton qui aide gra­tui­te­ment les fran­co­phones de l’Al­ber­ta à trou­ver du travail. Mais de­puis le 1er août, la pro­vince a di­mi­nué son aide an­nuelle de plus de 400 000 dol­lars, soit une coupe de 25%.

« C’est la pre­mière fois qu’on a une coupe [de­puis la créa­tion d’Ac­cès-Emploi en 2002] », re­lève Mme Cor­neau, alors que « les ré­sul­tats sont ex­cel­lents » : sur les 5778 clients du der­nier contrat de deux ans (5000 ini­tia­le­ment pré­vus), plus de 70% tra­vaillent, six mois après leur ins­crip­tion. Les Al­ber­ta Hu­man Ser­vices, mi­nis­tère du gou­ver­ne­ment pro­vin­cial qui finance Ac­cèsEm­ploi, sont d’ailleurs par­fai­te­ment d’ac­cord, as­su­rant que l’or­ga­nisme fait un « bou­lot re­mar­quable ».

En réa­li­té, cette baisse de fi­nan­ce­ment s’ex­plique par la mise en oeuvre d’un nou­veau pro­gramme fé­dé­ral, la Sub­ven- tion ca­na­dienne pour l’emploi (Ca­na­da job grant). L’ob­jec­tif est de fi­nan­cer des for­ma­tions que les en­tre­prises pour­ront of­frir aux Ca­na­diens, em­ployés ou au chô­mage. L’Al­ber­ta in­ves­ti­ra 8,6 mil­lions de dol­lars dans ce pro­gramme cette an­née. « Et ça, ça en­lève de l’ar­gent de notre cô­té », af­firme la di­rec­trice gé­né­rale d’Ac­cès-Emploi.

Quatre em­ployés en moins

Les consé­quences de cette baisse de fi­nan­ce­ment ne se sont pas fait at­tendre : Ac­cès-Emploi a dû li­cen­cier trois em­ployés à temps plein et une à temps par­tiel, fai­sant pas­ser l’ef­fec­tif to­tal de 26 à 22 per­sonnes. Les em­ployés res­tant tra­vaillent dé­sor­mais 35h par se­maine, au lieu de 37,5h.

De plus, les cours d’an­glais du soir (trois ni­veaux) ont été an­nu­lés, un cours de san­té-sé­cu­ri­té au travail se fait main­te­nant en au­to­no­mie et des ate­liers ont aussi été sup­pri­més. Par ailleurs, l’at­tente pour un ren­dez-vous est pas­sée d’une se­maine à près de deux se­maines. « On est en train de ré­éva­luer comment on va faire pour re­ce­voir à peu près le même nombre de clients », confie Mme Cor­neau.

« Dom­mage pour les im­mi­grants »

« Y’a eu une ré­duc­tion de staff mais au ni­veau de la charge de travail, l’af­flux de clients conti­nue », confirme Ta­nia La­croix, conseillère à Ac­cès-Emploi. Au su­jet de la baisse du bud­get, elle re­con­naît que « c’est dif­fi­cile à com­prendre alors que ça fonc­tionne si bien, mais en même temps c’est sûr que le gou­ver­ne­ment veut évo­luer, ex­plo­rer d’autres choses ». Pour son col­lègue Ro­bert Del­planque, agent de dé­ve­lop­pe­ment de l’emploi, c’est sur­tout « dom­mage pour les im­mi­grants qui viennent ici et qui ont be­soin de notre aide ». Tous les deux ont au­jourd’hui une charge de travail aug­men­tée.

Les né­go­cia­tions d’Ac­cès-Emploi avec l’Al­ber­ta de­vraient re­prendre à la ren­trée, « quand la pro­vince au­ra un nou­veau chef ».

Photo : Ar­thur Bayon

La di­rec­trice d’Ac­cès- Emploi, Su­zanne Cor­neau.

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