Dog­fight – Bon­jour Viet­nam

Le Fringe, c’est ter­mi­né. Snif. Pour lui dire au re­voir conve­na­ble­ment, Le Fran­co re­vient sur un de ses coups de coeur.

Le Franco - - Canmore -

San Fran­cis­co, 1963. « We are ma­rines… And to­night we’ve got a spe­cial mis­sion ! » Pour ces trois jeunes sol­dats sur le point de par­tir au Viet­nam, cette mis­sion spéciale se­ra un dog­fight, une com­pé­ti­tion consis­tant à in­vi­ter la fille la plus laide pos­sible à une soi­rée. Ed­dy par­vient à convaincre Rose de l’ac­com­pa­gner mais, quand elle dé­couvre le pot aux roses, il dé­cide de s’ex­cu­ser et tente de la re­con­qué­rir...

Pré­sen­tée à l’école se­con­daire Stra­th­co­na dans le cadre du Fringe Fes­ti­val d’Ed­mon­ton, la comédie mu­si­cale Dog

fight est l’adap­ta­tion d’un film de 1991 écrit par Bob Com­fort et réa­li­sé par Nan­cy Sa­vo­ca. L’im­po­sant spec­tacle du Sco­na Alum­ni Theatre fait in­ter­ve­nir douze co­mé­diens et cinq mu­si­ciens live (per­chés sur le cô­té de la scène).

Et qui dit comédie mu­si­cale dit… chan­sons et chorégraphies ! Fran­che­ment, ce n’est ab­so­lu­ment pas ma tasse de thé – sans doute à cause du trau­ma­tisme cau­sé par les co­mé­dies mu­si­cales fran­çaises des an­nées 2000 –, mais j’ai été bluf­fé par l’éner­gie et les qualités vo­cales des jeunes chan­teurs et chan­teuses. Ch­ris Scott et Em­my Kate Whi­te­head, in­ter­prètes d’Ed­dy et Rose, dé­montrent une puis­sance et une jus­tesse qui pour­raient rendre ja­loux cer­tains pro­fes­sion­nels de la mu­sique.

Par ailleurs, l’équipe de Dog­fight a eu la bonne idée de choi­sir une salle do­tée d’une grande pla­te­forme ac­ces­sible par deux es­ca­liers la­té­raux. Ajou­tez à ce­la quelques élé­ments de mo­bi­lier (chaises, table, lit, bar, la­va­bo…) et vous pour­rez ré­créer les mul­tiples dé­cors né­ces­saires à l’his­toire, tout en don­nant aux co­mé­diens un vaste es­pace scé­nique en trois di­men­sions.

Très en forme, les ac­teurs en­dossent de mul­tiples rôles, courent et dansent dans tous les coins, s’in­sultent et se ré­con­ci­lient, chantent à tue-tête et s’ex­cusent mal­adroi­te­ment, se mor­fondent et s’émer­veillent… Le public n’a pas d’autre choix que d’em­bar­quer dans cette tem­pête de sen­ti­ments ju­bi­la­toire.

L’idylle im­pro­bable entre Ed­dy et Rose pren­dra fi­na­le­ment un vi­rage poi­gnant qui sau­ra ébran­ler le coeur des spec­ta­teurs… Tom­ber amou­reux la veille d’un dé­part à la guerre, quelle plaie ! S’en suit une mé­mo­rable et tech­ni­que­ment in­gé­nieuse séquence dans la jungle viet­na­mienne (lu­mière stro­bo­sco­pique, fu­mées et dé­pla­ce­ments chao­tiques des per­son­nages…), avant la conclu­sion que je m’en vou­drais de gâ­cher. Deux heures de mon­tagnes russes émo­tion­nelles on vous dit !

Ar­thur Bayon

Photo : A. B

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