Pour une stra­té­gie éco­no­mique au ser­vice des com­mu­nau­tés fran­co­phones et aca­dienne

Le Franco - - NEWS -

En ce dé­but de jan­vier 2015, la nouvelle se­cré­taire gé­né­rale de la Fran­co­pho­nie, Mi­chaëlle Jean, a tro­qué ses bu­reaux de chan­ce­lière de l’Uni­ver­si­té d’Ottawa pour ceux plus cos­sus des bords de Seine à Pa­ris avec une idée en tête : trans­for­mer l’Or­ga­ni­sa­tion in­ter­na­tio­nale de la Fran­co­pho­nie (OIF) d’ins­ti­tu­tion cultu­relle et po­li­tique qu’elle est en un or­ga­nisme plus am­bi­tieux sou­cieux du bien-être des cen­taines de mil­lions de fran­co­phones qui peuplent ses pays membres.

La charte de Da­kar, in­ti­tu­lée Stra­té­gie éco­no­mique pour la Fran­co­pho­nie, adop­tée lors du XVe Som­met de la Fran­co­pho­nie dans la ca­pi­tale sé­né­ga­laise en no­vembre der­nier, ajou­tait au nombre de res­pon­sa­bi­li­tés de l’ins­ti­tu­tion le ren­for­ce­ment de l’es­pace éco­no­mique fran­co­phone face aux dé­fis du monde ac­tuel et aux dés­équi­libres du sys­tème éco­no­mique et fi­nan­cier.

En clair, l’OIF a choi­si de pla­cer à sa tête quel­qu’un qui vient d’un pays du Nord pour la pre­mière fois de son exis­tence afin de mettre en mu­sique cette par­ti­tion axée sur le dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique.

Jean Lé­ger est de cet avis. Le di­rec­teur gé­né­ral du Ré­seau de dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique et d’em­ploya­bi­li­té (RDÉE) Ca­na­da exulte : « Main­te­nant, l’OIF va avoir à mettre en oeuvre cette stra­té­gie, et Mi­chaëlle Jean au­ra la res­pon­sa­bi­li­té de le faire. Et pour le Ca­na­da, elle va de­voir s’as­su­rer que les élé­ments éco­no­miques de la Fran­co­pho­nie de l’ex­té­rieur du Qué­bec soient pris en compte ».

Jean Lé­ger mi­lite donc pour la créa­tion d’un « ré­seau des ré­seaux » avec d’un cô­té l’en­semble des or­ga­nismes de dé­ve­lop­pe­ment éco­no­mique des com­mu­nau­tés fran­co­phones et aca­dienne et de l’autre, plu­sieurs pays fran­co­phones du Sud et afri­cains no­tam­ment. Il était à Da­kar en no­vembre der­nier, au sein de la dé­lé­ga­tion ca­na­dienne, afin de s’as­su­rer que cette idée puisse ger­mer.

« Notre man­dat est de mettre en lien des ré­seaux étran­gers avec notre ré­seau dont les membres se trouvent dans toutes les pro­vinces et ter­ri­toires dans le but d’échan­ger sur les pra­tiques et les pers­pec­tives de re­la­tions com­mer­ciales et d’af­faires », ex­plique-t-il.

Il existe même dé­jà une pre­mière ac­tion concer­tée avec cer­tains pays. « On va bâ­tir des pas­se­relles avec l’Afrique fran­co­phone qui re­vêt un po­ten­tiel dé­mo­gra­phique très im­por­tant. Or, qui dit ex­plo­sion dé­mo­gra­phique, dit ex­plo­sion des be­soins éco­no­miques. Donc, des com­mu­nau­tés fran­co-ca­na­diennes peuvent jouer un rôle dans l’ap­port du dé­ve­lop­pe­ment de ces pays ».

L’un des sec­teurs à s’in­té­res­ser pour­rait être la construc­tion, avance Jean Lé­ger. « Et beau­coup de nos com­mu­nau­tés fran­co­phones, ici, sont dans des mi­lieux ru­raux où les res­sources na­tu­relles sont la base éco­no­mique; c’est un des sec­teurs où l’on pour­rait tra­vailler en­semble ».

C’est dans cette pers­pec­tive que le Sé­né­gal a ou­vert der­niè­re­ment un bu­reau des af­faires éco­no­miques à Ottawa. Et le chef de ce bu­reau, Zac­ca­ria Cou­li­ba­ly, n’y va pas par quatre che­mins. « Ce que nous vou­lons, dit-il, c’est le partenariat. On ne veut pas d’ar­gent. On a des am­bi­tions, des in­té­rêts et en fonc­tion de ça, on peut che­mi­ner en­semble. »

De­puis son ar­ri­vée, le jeune di­plo­mate et agent d’af­faires a dé­jà sillon­né le Ca­na­da d’est en ouest pour prê­cher la bonne pa­role éco­no­mique. « Mieux en­core si c’est en fran­çais, » s’est-il ris­qué en bla­guant.

« Le Ca­na­da, pour­suit-il, est en train de dé­cou­vrir le po­ten­tiel afri­cain : le sec­teur minier. Mais nos am­bi­tions sont de pro­duire ce qu’on mange. Nous vou­lons une éner­gie abon­dante pour la san­té, l’édu­ca­tion, les in­fra­struc­tures. On veut re­lier le monde ru­ral au monde ur­bain. »

Il ter­mine par un sou­pir. « Le dis­cours ca­na­dien est beau. Mais, il faut ou­vrir les fron­tières aux échanges. Et le pro­blème de la Fran­co­pho­nie est à ce ni­veau ; il existe une ré­ti­cence au ni­veau éco­no­mique ».

Mi­chaëlle Jean vien­dra-t-elle à bout de ce mur de ré­ti­cence ? Paul Men­gou­mou

(Fran­co­presse)

Pho­to : RDÉE Ca­na­da

Jean Lé­ger, di­rec­teur gé­né­ral du RDÉE Ca­na­da et Mi­chaëlle Jean, se­cré­taire gé­né­rale de l’OIF, lors du Som­met de Da­kar.

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