ÉDI­TO­RIAL

Le Franco - - ÉDITORIAL - Em­ma Hau­te­coeur

Cette se­maine en était une de ré­pit pour l’ac­tua­li­té fran­co-al­ber­taine et dans les agen­das de ceux qui se dé­vouent al­lè­gre­ment aux ac­ti­vi­tés de la com­mu­nau­té. J’es­père que vous avez pris tout le re­pos qu’il vous faut puisque les se­maines qui viennent se­ront bien rem­plies d’adré­na­line, de par­tage et de dé­lires hi­ver­naux. En une ligne je cite : la Clas­sique Hé­ri­tage, la Soi­rée de curling fran­co­phone, le Pentath­lon de Jas­per, l’Aven­ture du ca­noë vo­lant et le Car­na­val de Saint-Isi­dore, pour en omettre plu­sieurs, je suis cer­taine…

Ce­ci ne veut tou­te­fois pas dire que les pages de votre journal heb­do­ma­daire ne sont, cette se­maine, que bonnes pour le foyer… Par­fois, quand nous ne sommes pas de fac­to oc­cu­pés par une mul­ti­tude de nou­velles ou d’évé­ne­ments pri­mor­diaux pour notre fran­co­pho­nie, ce­la nous laisse le temps de ré­flé­chir aux bonnes nou­velles. Les bonnes nou­velles qui ne sont pas flam­boyantes mais qui dé­voilent plu­tôt des idées brillantes… Il y en a trois dans le journal cette se­maine. Mais c’est de leur thème sous-ja­cent dont je veux par­ler.

Ka­ri­mah et Ro­bert Walsh sont à Mem­phis pour re­pré­sen­ter le blues albertain. L’al­bum qu’ils ont tur­bo-pon­du en trois mois pour l’In­ter­na­tio­nal Blues Chal­lenge de Mem­phis est certes pres­qu’uni­que­ment en an­glais. Mais la chan­son Oui ou Non, sau­ra sû­re­ment pi­quer la cu­rio­si­té des cri­tiques et jour­na­listes, sur­tout si le l’em­porte. De plus, ce concours a don­né aux deux ar­tistes fran­co-phil-al­ber­tains une page de vi­si­bi­li­té (c’est une dé­for­ma­tion du mé­tier que de comp­ta­bi­li­ser la vi­si­bi­li­té en nombres de pages) dans le Ed­mon­ton Journal cette se­maine. Qu’ils gagnent ou non à Mem­phis, leur pro­chain concert se­ra cer­tai­ne­ment un suc­cès re­ten­tissent en « ca­pi­tal mon­dain » pour la fran­co­pho­nie al­ber­taine. (Lan­ce­ment de l’al­bum Ony Two, en page 3)

L’ob­jec­tif de Da­niel Cour­noyer, c’est qu’une per­sonne sur trois à Ed­mon­ton connaisse l’exis­tence de La Ci­té fran­co­phone, et des nom­breux ser­vices (je ra­jou­te­rais : per­son­na­li­tés) qu’elle ren­ferme. Seu­le­ment avec la pro­duc­tion de l’Aven­ture du ca­noë vo­lant, je pa­rie­rais une somme rai­son­nable sur son suc­cès. Dans la se­maine du 26 jan­vier au 4 fé­vrier, 150 élèves – ma­jo­ri­tai­re­ment an­glo­phones – pas­se­ront une de­mi-jour­née à La Ci­té. Il y a deux de­mi-jour­nées dans une jour­née : on peut donc cal­cu­ler que près de 2500 en­fants vont faire l’ex­pé­rience de leur hé­ri­tage fran­co-albertain, mé­tisse et au­toch­tone dans le centre de la fran­co­pho­nie à Ed­mon­ton. Et comme la vé­ri­té sort de la bouche des en­fants… vous voyez un peu le bon coup. (Pour en sa­voir plus sur la nouvelle pro­gram­ma­tion sco­laire du Ca­noë vo­lant, c’est à la page 5)

Par ailleurs, lorsque j’ai fait mon en­tre­vue avec les cham­pionnes du pa­tri­moine de la ville de Beaumont (page 2), elles se sont confon­dues en ex­cuses pour la qua­li­té de leur fran­çais tout à fait com­pré­hen­sible. De quoi se de­man­der si on n’em­pêche pas toute une ca­té­go­rie de gens in­fi­ni­ment in­té­res­sants de s’ex­pri­mer de peur que leur fran­çais ne soit pas as­sez bon pour nos médias com­mu­nau­taires. Mais ce­ci est un tout autre dé­bat. Au­cune de mes ques­tions ne por­taient sur le ca­rac­tère bi­lingue du projet de mu­sée à Beaumont. De même que mon ar­ticle ne fait men­tion, qu’à la toute fin, de cette vo­ca­tion. Par choix, j’ai vou­lu trans­mettre ce qui pour beau­coup n’est peut-être pas évident : la sur­vie du fran­çais ne tient pas (uni­que­ment) du mi­li­tan­tisme à son égard, ou de la bonne vo­lon­té des dé­ci­deurs de re­con­naître sa pré­sence. Plu­tôt, comme dans le projet de mu­sée à Beaumont, le fran­çais, la langue comme la cul­ture, fait par­tie in­té­grante, mais na­tu­relle au­tant qu’es­sen­tielle, de nos créa­tions puis­qu’elle fait par­tie de notre hé­ri­tage. Pas be­soin de la mar­te­ler à la tête de ceux qui ne veulent rien en­tendre. Il faut sa­voir les prendre par les sen­ti­ments.

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