San­dra Le Cou­teur : « Je suis une ra­con­teuse »

Du 30 jan­vier au 13 fé­vrier, de Fal­her à Bon­ny­ville, la chan­teuse San­dra Le Cou­teur par­cour­ra l’Al­ber­ta dans le cadre d’une tour­née de concerts « chez l’ha­bi­tant ». L’Aca­dienne pro­met d’em­me­ner les spec­ta­teurs dans l’uni­vers de son île, l’île Mis­cou.

Le Franco - - NEWS -

« J’ai été ber­cée par la grande chan­son fran­çaise parce qu’on avait une ra­dio qui dif­fu­sait les ar­tistes fran­çais et qué­bé­cois », ex­plique San­dra Le Cou­teur. Elle a gran­di à Mis­cou, une île « très très iso­lée » à l’ex­trême nord- est du Nou­veauB­runs­wick. Cette en­fance aty­pique nour­rit au­jourd’hui ses textes. « Quand j’étais pe­tite, y’avait pas de pont, on avait un tra­ver­sier », se sou­vien­telle. Un pont a fi­na­le­ment été construit en 1996.

Chan­teuse de­puis tou­jours (« je dis tou­jours que j’ai chan­té à mon baptême »), San­dra en a fait son mé­tier sur le tard. « Mes en­fants sont en­trés à l’uni­ver­si­té et j’ai pris la dé­ci­sion de plon­ger », ra­conte l’Aca­dienne née en 1956. Elle gagne le prix du pu­blic du Ga­la de la chan­son de Caraquet en 1992 et en­chaîne les concerts : « À la Place des Arts (im­mense com­plexe artistique à Mon­tréal, NDLR), au Viet­nam, en France… Je me suis pro­me­née

pas mal ».

« On se re­con­naît, on est des cou­sins »

Sa pre­mière tour­née « chez l’ha­bi­tant » re­monte à 2013. Au Ma­ni­to­ba. « Le plat pays, comme Brel, sou­rit San­dra. Ça m’a beau­coup im­pres­sion­née. J’ai vu un train et je l’ai per­du de vue : il a troué l’ho­ri­zon ! » L’ac­cueil des fran­co­phones est in­croyable. « Les gens, c’est des mi­no­ri­tés, on se re­con­nait, on est des cou­sins. »

Via l’as­so­cia­tion Che­min chez nous, elle est hé­ber­gée chez des par­ti­cu­liers où elle pro­pose son spec­tacle. Ce qui lui plait dans ce concept ? « On prend un verre avec eux, on mange avec eux… C’est un ren­dez-vous in­time, ex­plique San­dra. Je suis une ra­con­teuse… Je parle aux gens et y’a de l’in­ter­ac­tion. […] C’est les plus beaux concerts qu’on peut don­ner ! »

« Quand tu ouvres ta mai­son, c’est que t’aimes le monde »

L’Al­ber­ta, ce se­ra une pre­mière. « J’ai vrai­ment hâte », s’en­thou­siasme la chan­teuse. La ren­contre avec tous ces in­con­nus ne l’ef­fraie pas, c’est même le contraire. « Les gens qui nous re­çoivent sont ac­cueillants. Dé­jà, quand tu ouvres ta mai­son, c’est que t’aimes le monde ! », re­lè­vet- elle. Avant son ex­pé­rience Che­min chez nous, San­dra avait dé­jà le goût des pu­blics res­treints. « Je donne des concerts au phare de Mis­cou tous les étés. Y’a 80 places », prend- elle pour exemple.

La tour­née al­ber­taine se fe­ra en ef­fec­tif ré­duit, sans le vio­lo­niste Théo Bri­deau. Reste Julien Breau et Ni­co­las Basque, à la contre­basse et à la gui­tare. « Des jeunes frin­gants, très ta­len­tueux », as­sure San­dra Le Cou­teur. Est- ce que l’ab­sence d’un mu­si­cien nuit au spec­tacle ? Pas vrai­ment. « Les gens ne savent pas qu’il manque un mu­si­cien », note la chan­teuse avec ma­lice.

Pre­mier ren­dez-vous Fal­her le 30 jan­vier.

Ar­thur Bayon

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Pho­to : courtoisie Ka­rine Wade

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