Le Qué­bec a dit non

Le Franco - - AIDE JURIDIQUE LETTRE OUVERTE -

En sui­vi à l’ar­ticle « Qué­bec s’op­pose aux mi­no­ri­tés fran­co­phones » du jour­na­liste Phi­lippe Orfali et pa­ru dans Le De­voir du 22 jan­vier 2015, le pré­sident de l’ACFA, mon­sieur Jean John­son , a dé­ci­dé de ré­agir :

Ré­cem­ment, le gou­ver­ne­ment du Qué­bec a pris une po­si­tion al­lant à l’en­contre des com­mu­nau­tés fran­co­phones vi­vant en si­tua­tion mi­no­ri­taire de crainte de se voir obli­gé d’aug­men­ter les ser­vices à sa com­mu­nau­té lin­guis­tique mi­no­ri­taire.

Je trouve vrai­ment dé­plo­rable que le Qué­bec, qui est notre grand frère, n’ait pas la ca­pa­ci­té, ni le cou­rage, de se te­nir à nos cô­tés pour s’as­su­rer que les fran­co­phones de par­tout au Ca­na­da soient res­pec­tés et de­man­der à tous les gou­ver­ne­ments pro­vin­ciaux de sou­te­nir nos com­mu­nau­tés. Le Qué­bec doit conti­nuel­le­ment tra­vailler à dé­fendre son sta­tut de pro­vince fran­co­phone, mais je ne crois pas que ce soit en se re­pliant sur lui-même qu’il y par­vienne. Le Qué­bec doit s’ou­vrir au dé­bat de la fran­co­pho­nie ca­na­dienne, car c’est éga­le­ment de sa sur­vie dont il s’agit. Nous, les fran­co­phones de l’Al­ber­ta, comp­tons sur un lea­der­ship fort et en­ga­gé de la pro­vince du Qué­bec qui ar­ti­cule la vi­sion d’un Qué­bec s’af­fir­mant dans son iden­ti­té de na­tion fran­co­phone tout en re­con­nais­sant l’im­por­tance de la contri­bu­tion des fran­co­phones de par­tout au Ca­na­da pour sou­te­nir le fait fran­çais au Qué­bec.

Au contraire, le Qué­bec conti­nue de se re­fer­mer sur lui­même et le ré­sul­tat de ce der­nier geste po­sé à la Cour su­prême du Ca­na­da est de dire no­tam­ment aux nom­breux Qué­bé­cois et Qué­bé­coises – et ils sont nom­breux - qui ont choi­si l’Al­ber­ta pour des rai­sons éco­no­miques, qu’ils et elles ne sont plus pro­té­gés et que le Qué­bec les aban­donne. Que fe­rez-vous lorsque la pro­chaine gé­né­ra­tion vou­dra re­ve­nir au Qué­bec pour dé­cou­vrir leurs ori­gines et vi­si- ter leurs fa­milles sans pou­voir com­mu­ni­quer avec elles, car le Qué­bec a dit non à l’en­sei­gne­ment du fran­çais dans l’Ouest ca­na­dien?

Le mes­sage pas­sé est clair. Nous de­vons dé­sor­mais nous dé­fendre seuls, sans comp­ter sur l’ap­pui de nos frères et soeurs du Qué­bec, pour nous as­su­rer no­tam­ment que nous n’as­si­mi­le­rons pas vos com­pa­triotes. Je crois plu­tôt que la res­pon­sa­bi­li­té est entre vos mains : lais­ser la po­si­tion de votre pro­vince nous ra­battre ou faire tous les ef­forts né­ces­saires pour ra­me­ner votre gou­ver­ne­ment à l’ordre. Je vous in­vite à y ré­flé­chir et à agir. Un fran­co­phone de l’Al­ber­ta,

fier et convain­cu, qui ne bais­se­ra pas les armes

jus­qu’à la der­nière heure.

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