Deux nou­veaux centre• d’ap­pren­ti••ageNNN

NNN pour le• be•oin• •pé­ciaux au CSCNN

Le Franco - - LA UNE - Ar­thur Bayon

« Pour ré­pondre aux be­soins des élèves, il faut une va­rié­té de moyens. Le but pre­mier est tou­jours l’in­clu­sion mais le centre d’ap­pren­tis­sage per­met de tra­vailler la lit­té­ra­tie, la nu­mé­ra­tie et des ha­bi­le­tés de vie », ex­plique Gi­sèle Bourque, conseillère pé­da­go­gique en in­clu­sion et lit­té­ra­tie au Conseil sco­laire Centre-Nord.

À l’École Père-La­combe, le nou­veau centre d’ap­pren­tis­sage com­plète un dis­po­si­tif dé­jà four­ni : les équipes du pro­jet Es­poir (ac­com­pa­gne­ment pour l’in­té­gra­tion so­ciale, la ges­tion des émo­tions, la san­té phy­sique et men­tale), une in­ter­ve­nante en fran­ci­sa­tion langue se­conde et une ac­com­pa­gna­trice pé­da­go­gique, sans ou­blier les aide-élèves. « Cer­tains en­fants ne savent pas gé­rer leurs émo­tions ou ne savent pas fonc­tion­ner dans un mi­lieu où il y a un cadre », ex­plique Jo­sée Le­mire, la di­rec­trice, tout en confir­mant que « le but, c’est d’es­sayer que nos élèves soient en classe le plus long­temps pos­sible ».

Pour au­tant, le centre d’ap­pren­tis­sage consti­tue bel et bien une salle de classe dis­tincte pour des élèves avec « dif­fi­cul­té d’ap­pren­tis­sage, lé­ger re­tard en lec­ture, dys­lexie, etc. », cite no­tam­ment Mar­tine Bou­dreau, l’en­sei­gnante char­gée du centre d’ap­pren­tis­sage à Père-La­combe, avant de don­ner quelques exemples : « Pré­sen­te­ment, avec les plus jeunes, pour dé­ve­lop­per la conscience pho­no­lo­gique, je me sers d’une mé­thode pho­né­ti­co-ges­tuelle de Su­zanne Bo­rel-Mai­son­ny, une des fon­da­trices, en France, de l’or­tho­pho­nie. Avec les plus vieux, j’es­saie d’in­té­grer la tech­no­lo­gie d’aide. J’uti­lise une ap­pli­ca­tion de Google qui s’ap­pelle Read and Write. Ce­la per­met aux élèves d’écou­ter ce qu’ils écrivent. »

Mar­tine Bou­dreau in­ter­vient aus­si dans des salles de classes « or­di­naires » où elle ap­porte son sou­tien à cer­tains élèves. Comme elle n’a com­men­cé son tra­vail qu’en jan­vier, il est en­core trop tôt pour me­su­rer les pro­grès ac­com­plis. « Je vois beau­coup de mo­ti­va­tion avec les jeunes qui uti­lisent la mé­thode ges­tuelle pour ap­prendre les sons », ex­plique ce­pen­dant l’en­sei­gnante. Elle s’oc­cupe d’une qua­ran­taine d’élèves en­vi­ron. L’école Pè­reLa­combe en compte 315.

Du cô­té de Mau­rice-La­val­lée

De­puis sep­tembre 2014, l’École Mau- rice-La­val­lée s’est elle aus­si créé un centre d’ap­pren­tis­sage, à la ma­nière d’Alexandre-Ta­ché ou de La Dé­cou­verte, au sein du même conseil sco­laire. Ga­brielle-Roy pos­sède une classe un peu dif­fé­rente dite “de mise à ni­veau” et Jo­se­phMo­reau une classe “de tran­si­tion”.

L’en­sei­gnante de re­li­gion Mi­chelle Mar­tin (pho­to cou­ver­ture) s’en oc­cupe, assistée par deux aide-élèves. La salle de classe ser­vait au­pa­ra­vant à un cours d’écri­ture avan­cé. De nom­breux or­di­na­teurs sont à dis­po­si­tion, mais l’am­bi­tion est d’ins­tal­ler une salle de bain avec douche et une cui­sine, pour de fu­turs élèves à be­soins spé­ciaux. À Mau­rice-La­val­lée, ils ne sont pour l’ins­tant que cinq, de la 9e à la 12e an­née.

« On n’a pas un élève qui passe plus que la moi­tié de sa jour­née ici », pré­cise Mme Mar­tin, qui in­siste sur l’im­por­tance de faire un maxi­mum de cours ‘‘clas­siques’’. « On a une élève qui fait des cours de langue dans les salles de classe mais elle a be­soin d’aide en maths et tout ce qui est lo­gique », dé­taille la pro­fes­seure, en pré­ci­sant que « la ma­jo­ri­té de nos élèves sont en che­mi­ne­ment pour faire leur cer­ti­fi­cat d’achè­ve­ment », une ma­nière al­ter­na­tive de va­li­der son se­con­daire.

Chaque élève a un pro­fil par­ti­cu­lier et des ac­ti­vi­tés as­so­ciées mais ils se re­trouvent tous en­semble pour jouer au Mo­no­po­ly. Les échanges de faux billets per­mettent de faire des cal­culs (men­taux ou à la cal­cu­la­trice si be­soin). En outre, les joueurs doivent com­mu­ni­quer au fil de la par­tie, ne se­rait-ce que pour lire les cartes aux autres, de­man­der des sous ou re­mer­cier après les avoir re­çus. Bien que la par­tie s’étale sur plu­sieurs séances, les cinq jeunes s’ap­pliquent et semblent s’amu­ser.

Outre les langues et les ma­thé­ma­tiques, le centre per­met de dé­ve­lop­per des ha­bi­le­tés du quo­ti­dien. « Ils font un peu de cui­sine, tra­vaillent à la buan­de­rie (plier et la­ver du linge), des tâches pour de­ve­nir de plus en plus in­dé­pen­dants », ex­plique Mi­chelle Mar­tin, qui ap­pré­cie « tra­vailler avec des élèves qui veulent ap­prendre, qui par­ti­cipent si bien… On peut voir beau­coup d’évo­lu­tion ! »

Pho­to : A. B.

Ca­mille, élève à Mau­rice- La­val­lée, joue au Mo­no­po­ly.

Pho­to : A. B.

L’en­sei­gnante Mar­tine Bou­dreau avec une élève de Père- La­combe.

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