Qué­bec et Grande Prai­rie n’ont pas que les sucres en com­mun

La ville de Grande Prai­rie a été ap­pro­chée par le maire de Qué­bec, Ré­gis La­beaume, pour faire par­tie d’un ré­seau nord-amé­ri­cain de villes fran­co­phones et fran­co­philes.

Le Franco - - DOSSIER GRANDE PRAIRIE - Em­ma Hau­te­coeur

Lors­qu’elle a ap­pris la nou­velle, la di­rec­trice de l’As­so­cia­tion ca­na­dienne-fran­çaise de l’Al­ber­ta (ACFA) de Grande Prai­rie, Mi­chelle Mar­ga­rit, était fé­brile. Pour elle, l’ex­pres­sion d’in­té­rêt au Ré­seau nord-amé­ri­cain de villes fran­co­phones et fran­co­philes dé­montre la bonne vo­lon­té de la mu­ni­ci­pa­li­té, qui par­ti­cipe dé­jà beau­coup, no­tam­ment fi­nan­ciè­re­ment, aux ef­forts de l’as­so­cia­tion. Mme Mar­ga­rit pense que c’est en par­tie du fait du nombre crois­sant de nou­veaux ar­ri­vants que re­çoit la ville qu’elle a été choi­sie. « La fran­co­pho­nie fait vrai­ment par­tie de la ville et du com­té », dit-elle.

Ce ré­seau ras­sem­ble­rait tout d’abord les villes de Monc­ton (Nou­veau-Bruns­wick), La­fayette (Loui­siane) et Qué­bec, en plus de Grande Prai­rie. C’est lors du Congrès mon­dial aca­dien, en août 2014, que la maire de Qué­bec, Ré­gis La­beaume, a pro­po­sé ce pro­jet. À l’oc­ca­sion d’une rencontre du co­mi­té de développement com­mu­nau­taire de la ville de Grande Prai­rie le 16 dé­cembre, les conseil- lers ont ac­quies­cé à l’en­voi d’une ex­pres­sion d’in­té­rêt à l’in­vi­ta­tion de M. La­beaume.

Par­mi les ac­tions de­man­dées aux villes par­ti­ci­pantes, on note la mise en évi­dence de l’his­toire et de l’hé­ri­tage fran­co­phone de la ré­gion. Se­lon le conseiller mu­ni­ci­pal Ro­ry Ta­rant, qui s’est ex­pri­mé en fran­çais à la réunion du co­mi­té pour faire va­loir les atouts d’une telle ini­tia­tive, c’est jus­te­ment l’his­toire des pion­niers et de la traite des fourrures, en plus du nom fran­co­phone de la ville et de la force de leur as­so­cia­tion fran- co­phone, qui leur a va­lu cette in­vi­ta­tion. En ef­fet, Grande Prai­rie a été bap­ti­sée par un oblat, le père Émile Grouard, qui évan­gé­li­sait les Mé­tis du nord de l’Al­ber­ta et des Ter­ri­toires de Nord-Ouest.

« Je trouve que la pré­sence fran­co­phone ra­joute énor­mé­ment à la vi­ta­li­té de Grande Prai­rie, té­moigne Ro­ry Ta­rant. Ça fait 5- 6 ans que je vais au Festival des sucres et j’adore voir la ri­chesse et le nombre de gens qui sont là, pour la plu­part des non-fran­co­phones ! »

Pour le conseiller, l’élé­ment de développement éco­no­mique contri­bue éga­le­ment à l’at­trait de ce nou­veau ré­seau. Ses fon­da­teurs pro­posent des ac­tions ci­blées sur le tou­risme, mais pour Grande Prai­rie, il s’agit éga­le­ment d’échanges com­mer­ciaux et de main d’oeuvre. « Notre éco­no­mie est sur­tout ba­sée sur les res­sources éner­gé­tiques. Et comme toute l’Amé­rique du Nord en consomme, toute connexion avec des gou­ver­ne­ments mu­ni­ci­paux et ré­gio­naux peut ou­vrir de nou­veaux mar­chés. Par ailleurs, faire par­tie de ce ré­seau per- met­tra sû­re­ment d’at­ti­rer de l’em­ploi. Car une des dif­fi­cul­tés pour les fran­co­phones qui viennent dans notre pro­vince, c’est le sen­ti­ment d’éloi­gne­ment avec leur langue et leur culture. Mais le fait de pou­voir in­for­mer et mon­trer que nous avons cet élé­ment cultu­rel ici pour­ra in­ci­ter les gens à dé­mé­na­ger. »

La pro­chaine étape se­ra de faire ap­prou­ver l’adhé­sion par tous les conseillers mu­ni­ci­paux, une fois le ré­seau of­fi­ciel­le­ment créé.

Pho­to : CC / Qyd

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