La troupe étu­diante du Cam­pus Saint-Jean...

... mo­der­nise Pi­noc­chio.

Le Franco - - LA UNE - Ar­thur Bayon

Comme chaque an­née, le club de théâtre du Cam­pus Saint-Jean (CSJ) pro­pose une pièce pour le grand pu­blic. Il s’agi­ra cette fois du Pi­noc­chio écrit par Joël Pom­me­rat en 2008. « C’est quel­qu’un qui ex­plose de­puis 5- 6 ans, il est par­mi les au­teurs fran­çais les plus joués à l’heure ac­tuelle, ex­plique Ber­nard Sal­va, met­teur en scène et pro­fes­seur au CSJ.

« Ça n’a plus rien à voir avec le Pi­noc­chio de Walt Dis­ney ou même l’ita­lien ( le ro­man ori­gi­nal a été écrit par Car­lo Col­lo­di à la fin du XIXe siècle, NDLR) », as­sure-t-il, bien que les élé­ments les plus my­thiques – comme le nez qui s’al­longe lorsque Pi­noc­chio ment – aient été conser­vés. Ques­tion dé­cor, M. Sal­va a fait le choix de cubes de cou­leurs pri­maires pou­vant être dé­pla­cés, ce qui donne à la scène des al­lures d’arène de cirque.

« De­puis une di­zaine d’an­nées, il y a un re­nou­veau de l’écri­ture jeune pu­blic qui au­pa­ra­vant était re­la­ti­ve­ment mé­pri­sée », ex­plique le met­teur en scène, pour qui il est hors de ques­tion d’édul­co­rer le conte­nu ou d’in­fan­ti­li­ser le pu­blic. Le pro­fes­seur du théâtre ap­pré­cie le fait que Pom­me­rat « ne se contente pas d’un ver­nis di­ver­tis­sant » et parle de su­jets ac­tuels comme l’édu­ca­tion ou la pau­vre­té.

Une troupe mul­ti­cul­tu­relle

En plus de pré­sen­ter une ver­sion re­vi­si­tée du cé­lèbre conte, la troupe du Théâtre à l’Ouest peut comp­ter sur un atout de poids : son mul­ti­cul­tu­ra­lisme. « Sur scène, on a la Chine, la Co­lom­bie, la France, le Ca­na­da, l’Afrique…, cite Ber­nard Sal­va. Ça crée de très belles dy­na­miques. »

Douze étu­diants par­ti­cipent à la pièce : huit co­mé­diens et trois conteurs, dont deux d’ori­gine afri­caine. « Il y a une re­la­tion au conte et à l’ora­li­té qui est beau­coup plus forte en Afrique qu’en Oc­ci­dent », ar­gu­mente Ber­nard Sal­va, qui es­saye de ti­rer le meilleur par­ti de ses étu­diants tout en leur of­frant une ex­pé­rience de qua­li­té pro­fes­sion­nelle, no­tam­ment avec des lu­mières et des cos­tumes de qua­li­té.

« C’est une at­mo­sphère for­mi­dable avec les co­mé­diens et une ex­pé­rience ex­tra­or­di­naire pour moi », s’en­thou­siasme Li­kang Ding, in­ter­prète de Gep­pet­to. Il dé­crit son per­son­nage comme « quel­qu’un de ti­mide, qui ne parle pas beau­coup », mais qui « fait tout pour le bien de son fils ». L’étu­diant a pas­sé un an au Cam­pus Saint-Jean avant d’op­ter pour une école de com­merce… ce qui ne l’a pas em­pê­ché de conti­nuer le théâtre rue Ma­rie-Anne-Ga­bou­ry. « Le théâtre, c’est une fa­çon de se dis­traire, d’échap­per aux sou­cis du monde ! C’est un art de com­mu­ni­ca­tion donc ça m’in­té­resse beau­coup », ajoute le Chi­nois de 20 ans.

Une date pour les sco­laires

Le 20 mars, la pre­mière date se­ra des­ti­née aux sco­laires, ce qui n’était pas ar­ri­vé au club de théâtre de CSJ de­puis bien long­temps. « C’est un gros défi pour les co­mé­diens. Ça de­mande à ar­ti­cu­ler plus… C’est un peu comme de jouer dans la rue », confie le met­teur en scène.

Jouer de­vant un pu­blic d’en­fants n’in­ti­mide pas tel­le­ment Li­kang Ding. « Quand tu es sur scène, tout est obs­cur ici, tu ne vois pas les spec­ta­teurs ! Tu sais que tu as des yeux qui te re­gardent mais tu ne les vois pas... »

Image : cour­toi­sie

Pho­to A. B.

Les étu­diants Li­kang Ding (Gep­pet­to) et Tam­bry Ber­nath (Pi­noc­chio) en ré­pé­ti­tion, le ven­dre­di 13 mars.

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