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Pro­jet de parc com­mu­nau­taire prè• d’Ed­mon­ton

Le Franco - - La Une - Hé­lène Le­quitte

Une touche de vert dans la ca­pi­tale de la pro­vince al­ber­taine, c’est un peu comme une oa­sis en plein dé­sert. C’est sur la route 51111 RR 255, Spruce Grove à en­vi­ron 40 mn du centre d’Ed­mon­ton que Bunch Ber­ry Mea­dows conser­va­tion area, le nom du parc, ver­rait pro­chai­ne­ment le jour. À son ap­proche, ce vaste es­pace vert éloi­gné de la ville prend des al­lures de sanc­tuaire, et pour cause il n’y a pas eu trace d’âme qui vive de­puis des di­zaines d’an­nées. Comme le sou­ligne Ma­rie Trem­blay, di­rec­trice de conser­va­tion pour la ré­gion à, Conser­va­tion de la Na­ture Ca­na­da : « le ter­ri­toire est à l’état to­ta­le­ment na­tu­rel ». Ce pro- jet en cours de développement de­puis plu­sieurs an­nées, a pris une tour­nure ac­cé­lé­rée de­puis qu’une en­tente a été si­gnée par les pro­prié­taires en au­tomne der­nier. Cinq fa­milles lo­cales ont dé­ci­dé de faire don à la com­mu­nau­té, en ven­dant leurs par­celles de terre pour la moi­tié du prix es­ti­mé. Ce ter­ri­toire re­pré­sente une sec­tion com­plète, soit 640 acres. Sur cette large éten­due, 20% de ce ter­ri­toire est en mi­lieu hu­mide et ap­par­tient donc à la cou­ronne. Ce qui re­pré­sente une su­per­fi­cie réelle de 610 acres.

L’in­té­rêt de ce pro­jet, ex­plique Ma­rie Trem­blay est simple : « ça fait long­temps que l’on veut créer un bu­reau à Ed­mon­ton, on a pen­sé que ce se­rait bien d’avoir un pro­jet si­gna­ture ». Pré­sent à Cal­ga­ry, Conser­va­tion de la na­ture Ca­na­da voit à tra­vers ce pro­jet une op­por­tu­ni­té d’af­fir­mer de fa­çon cer­taine sa pré­sence dans la ca­pi­tale de l’Al­ber­ta.

Le ter­ri­toire est si vaste et si in­tacte qu’il est pro­pice à une bio­di­ver­si­té riche, « on s’est per­du plus d’une fois, il n’y a pas une ha­bi­ta­tion, c’est tel­le­ment pré­ser­vé» : lance Jai­mee Du­pont Mo­ro­zoff, res­pon­sable de la ges­tion de la conser­va­tion des parcs et des prai­ries. Cette fo­rêt vierge ac­cueille une faune et une flore pro­pice à la ran­don­née et à la sen­si­bi­li­sa­tion au­près de la na­ture. Un autre as­pect im­por­tant du pro­jet sou­ligne Mme Trem­blay : « c’est qu’il est ad­ja­cent au jar­din bo­ta­nique De­vo­nian ». Un point au­quel se ral­lie Anne Li­sa Jen­kins dé­pu­té maire pour la com­té de Park­land, qui y voit aus­si des pers­pec­tives de tou­risme in­té­res­santes entre la Ri­ver Val­ley et le jar­din bo­ta­nique De­vo­nian : « c’est une oc­ca­sion de pro­fi­ter de la na­ture, c’est im­por­tant de pré­ser­ver cet ha­bi­tat na­tu­rel de la pres­sion ex­té­rieur et de faire en sorte qu’il le reste ».

Une faune et une flore di­ver­se­ment peu­plée

À la ma­nière d’un jar­din d’Eden le parc est un vé­ri­table pa­ra­dis pour les ani­maux. Il pos­sède une faune très di­ver­si­fiée qui co-éxistent tel que : des ori­gnaux, des che­vreuils, le cerf de Vir­gi­nie, des cas­tors, d’in­nom­brable oi­seaux aqua­tiques comme le pe­tit Gar­rot, des chouettes et le grand Duc. Il y a une mul­ti­tude de ca­nards ain­si que plu­sieurs es­pèces d’am­phi­biens qui vivent dans la zone hu­mide du parc.

Si­tué à la pé­ri­phé­rie de la ville, cette pro­prié­té pos­sède éga­le­ment une faune di­ver­si­fiée. Elle contient des fo­rêts ma­tures, à sa­voir des fo­rêts as­sez vieilles, mixtes et ty­piques du sud bo­réal. Sa mixi­té d’arbres contient des arbres à feuilles, des trembles ou peu­pliers. Il y a aus­si des faux trembles et des bou­leaux. C’est grâce à l’écorce de ces arbres qui s’en­lève fa­ci­le­ment que les au­toch­tones avaient l’ha­bi­tude de confec­tion­ner leurs em­bar­ca­tions. Les co­ni­fères y sont lé­gions, on peut y trou­ver aus­si l’épi­nette noire et le pin gris. Mais ce ter­ri­toire pos­sède une autre par­ti­cu­la­ri­té, l’exis­tence d’une ca­té­go­rie de baie non co­mes­tible qui don­ne­ra son nom au fu­tur parc, en an­glais c’est le bunch ber­ry ou bien le 4 temps en fran­çais, car 4 feuilles. Ma­rie Trem­blay ex­plique que par­mi leurs nom­breux pro­jets : « nous avons 12 zones prio­ri­taires, dont 2 à Ed­mon­ton, à sa­voir le Bunch Ber­ry Mea­dows et le Up­per North Sas­kat­che­wan ».

Plan d’amé­na­ge­ment et fi­nan­ce­ment

Des amé­na­ge­ments sont aus­si à pré­voir. No­tam­ment, l’ins- tal­la­tion d’un sen­tier de 6 km qui fa­ci­li­te­ra la ran­don­née pé­destre, des aires de pic-nic, des pan­neaux d’in­ter­pré­ta­tion afin de ren­sei­gner les ran­don­neurs sur la faune et la flore en­vi­ron­nante, des aires de sta­tion­ne­ment ain­si que des toi­lettes. La chasse, les vé­hi­cules ain­si que les chiens se­ront in­ter­dits.

Cette jour­née a per­mis de faire du bouche à oreille afin de pro­mou­voir le pro­jet. La somme to­tale re­pré­sente 13 mil­lions de dol­lars. 70% de la somme to­tale, soit 9 mil­lions ont dé­jà été ras­sem­blés. Les pro- prié­taires ont ap­por­té la contri­bu­tion prin­ci­pale : les terres. Ce­pen­dant, il reste 4 mil­lions de dol­lars à ré­col­ter dans le cou­rant de l’an­née 2015 pour com­plé­ter le fi­nan­ce­ment. Un ap­pel aux dons est lan­cé au­près des en­tre­prises ré­gio­nales, des fon­da­tions fa­mi­liales com­mu­nau­taires et des par­ti­cu­liers.

Ce pro­jet com­mu­nau­taire jus­qu’à pré­sent suit son bon­homme de che­min et si tout va bien ou­vri­ra ses portes en 2016, et pour­rait bé­né­fi­cier à tous les al­ber­tains.

Des­sin : cour­toi­sie Don­na Brown- Ren­de­ring

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