Ré­ponse à la de­mande de rap­port mi­no­ri­taire

Cette lettre s’adresse à Ka­ren Dou­cet, pré­si­dente du co­mi­té ad hoc In­té­gra­tion pro­fes­sion­nelle, par rap­port à la de­mande de rap­port mi­no­ri­taire que celle- ci a fait le 25 mai der­nier.

Le Franco - - Forum Communautaire -

Ma­dame la pré­si­dente, Avant de vous don­ner une ré­ponse à votre de­mande de rap­port mi­no­ri­taire, je vais sou­li­gner ce que je consi­dère être du mé­pris à l’en­droit des membres dé­mis­sion­naires. Lorsque vous re­mer­ciez les gens qui ont par­ti­ci­pé aux cinq ren­contres du co­mi­té, vous ne re­mer­ciez pas les membres dé­mis­sion­naires. Je vous rap­pelle que la plu­part des ap­ports si­gni­fi­ca­tifs qui se trou­ve­ront sans doute dans votre rap­port sont des contri­bu­tions di­rectes des membres dé­mis­sion­naires. Se­lon moi, une re­la­tion où on ne re­trou­ve­rait pas un tel mé­pris por­te­rait sans au­cun doute des fruits au ni­veau de la collaboration.

Pour ce qui est de votre de­mande d’un rap­port mi­no­ri­taire, la FRAP a dé­ci­dé de ne pas vous en sou­mettre un pour les rai­sons sui­vantes :

1- Le co­mi­té a dé­ci­dé dès le dé­but de ses tra­vaux que les ré­so­lu­tions qui de­vraient être sou­mises au Conseil pour adop­tion se­raient pro­po­sées à ce­lui­ci seule­ment si un consen­sus était at­teint, et qu’une op­po­si­tion ca­té­go­rique d’un membre du co­mi­té en­traî­ne­rait de fac­to la dis­so­lu­tion du co­mi­té. Dès lors, au­cune re­com­man­da­tion ne sau­rait être prise au nom de ce même co­mi­té étant don­né que la FRAP et d’autres membres se sont désen­ga­gés de ce co­mi­té en dé­mis­sion­nant comme vous le sa­vez bien. Vos re­com­man­da­tions ne se­raient tout sim­ple­ment pas cré­dibles puis­qu’elles contre­vien­draient aux règles adop­tées au dé­part.

2- Les contri­bu­tions ap­por­tées lors des ren­contres de ce co­mi­té l’ont été par les membres clés (ce sont d’ailleurs cer­tains d’entre eux qui ont été à l’ori­gine de la créa­tion du co­mi­té) : Pau­lin Mu­la­tris (CAE) Jeanne Leh­man (FRAP), Ibra­him Ka­ri­dio et Ma­thy Mu­lum­ba (re­pré­sen­tants lea­ders des com­mu­nau­tés) que le co­mi­té a pous­sés à la dé­mis­sion à cause de son at­ti­tude peu conci­liante, de sa mau­vaise foi et de son mé­pris. Deux membres de ce même co­mi­té – Frank McMa­hon (com­mu­nau­té d’ac­cueil et l’un des au­teurs du do­cu­ment Prin­cipes de base) et Jean-Pierre Vi­tal (re­pré­sen­tant lea­der com­mu­nau­té) – ont clai­re­ment in­di­qué que la der­nière rencontre que vous avez te­nu à or­ga­ni­ser n’avait pas lieu d’être, compte te­nu de l’ab­sence des prin­ci­paux membres et, par ri­co­chet, du consen­sus né­ces­saire éta­bli au dé­part. Le conseil a mal­gré tout dé­ci­dé d’al­ler de l’avant.

3- Par ailleurs, je pro­fite de l’oc­ca­sion pour remettre en ques­tion la com­po­si­tion du co­mi­té. Une membre n’a as­sis­té qu’à une des quatre pre­mières ren­contres : sa par­ti­ci­pa­tion à la der­nière rencontre n’as­sure au­cu­ne­ment la qua­li­té de sa contri­bu­tion aux dis­cus­sions aux­quelles elle n’a pas pris part et qui ont me­né aux re­com­man­da­tions qui se­ront in­cluses dans votre rap­port. Vous convien­drez que la no­mi­na­tion d’un autre membre du co­mi­té au poste de di­rec­teur de l’école À la dé­cou­verte peu avant, pen­dant ou peu après l’adop­tion des re­com­man­da­tions jette des soup­çons par rap­port à l’im­par­tia­li­té de ce membre de votre co­mi­té, comme d’ailleurs de l’im­par­tia­li­té de sa no­mi­na­tion, y com­pris le pro­ces­sus qui l’a pro­duite. Je me per­mets aus­si de ques­tion­ner le de­gré d’ob­jec­ti­vi­té de la contri­bu­tion qu’a pu ap­por­ter le re­pré­sen­tant d’Afri­ca Centre qui n’a rien à voir avec l’édu­ca­tion ou la com­mu­nau­té fran­co­phone : le fait que le conseiller du CSCN, I. Os­man-Ha­chi, soit membre du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion de cet or­ga­nisme me semble un peu sus­pect, sup­pose qu’il y a an­guille sous roche…

À mon humble avis, le rap­port que vous sou­met­trez au conseil ne peut re­flé­ter les be­soins des gens qui ont fait ap­pel à vous au dé­part : les re­com­man­da­tions que vous avan­ce­rez ne se­ront tout sim­ple­ment pas cré­dibles si vous dé­si­rez pré­tendre que vous avez consul­té votre clien­tèle.

À la lu­mière de ce qui pré­cède, je vous pro­pose, Ma­dame Dou­cet, de remettre votre tra­vail sur le mé­tier, de lais­ser de cô­té l’at­ti­tude « uni­la­té­ra­liste » qui a ré­gné tout au long des dé­li­bé­ra­tions et de prendre les me­sures né­ces­saires pour que le conseil se dote d’une po­li­tique co­hé­rente, de pra­tiques et de cri­tères clairs et trans­pa­rents, le tout fon­dé sur une vi­sion gé­né­reuse d’une fran­co­pho­nie plu­rielle et in­clu­sive. Les prin­cipes de base que nous vous avons soumis contri­bue­raient à at­teindre ce but.

En es­pé­rant que vous au­rez le cou­rage d’im­pul­ser le chan­ge­ment qui s’im­pose pour l’ave­nir de nos en­fants dans la fran­co­pho­nie al­ber­taine, je vous prie de croire, Ma­dame la pré­si­dente, à mes sa­lu­ta­tions dis­tin­guées.

Jeanne Leh­man, Pré­si­dente Fran­co­pho­nie al­ber­taine plu­rielle (FRAP)

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