Por­trait : Graine de cham­pionne fran­co-al­ber­taine

Le Franco - - Éditorial - H. L.

Al­li­son Taylor, 22 ans, née et éle­vée à Red Deer, est lit­té­ra­le­ment une en­fant de la balle en ma­tière de soc­cer. C’est à l’âge de 4 ans qu’elle fait ses dé­buts dans le monde du bal­lon rond et c’est à 11 ans qu’elle en­tame la com­pé­ti­tion.

C’est pour l’équipe de Rio­ne­ro FC qu’Al­li­son joue au poste de dé­fen­seur à Ed­mon­ton, en ar­bo­rant fiè­re­ment son maillot le numéro 13. C’est vers ses 14 ans qu’elle réa­lise que le poste de dé­fen­seur lui convient bien. Très vite, elle de­vient une joueuse émé­rite et joue à pré­sent en di­vi­sion 1 de la ligue féminine.

De­puis, elle joue un match par se­maine. Au mois d’août, il y a un tour­noi pro­vin­cial chaque an­née où toutes les équipes se me­surent les unes aux autres. Du­rant l’hi­ver, il y a 3 centres prin­ci­paux pour jouer à l’in­té­rieur : Centre Sud, Centre Ouest et Centre Nord. Les rudes hi­vers al­ber­tains n’au­ront pas rai­son des en­traî­ne­ments de soc­cer, et pour cause : « De plus en plus de pa­rents ins­crivent leurs en­fants au soc­cer, car c’est moins cher que le ho­ckey », ex­plique Al­li­son. Le soc­cer a le vent en poupe et per­met à de plus en plus de jeunes de so­cia­li­ser en an­glais et en fran­çais. C’est avec 3 autres joueuses de son équipe qu’Al­li­son parle par­fois en fran­çais : « On mé­lange les 2 langues », pré­cise-t-elle.

Car hor­mis être une bonne joueuse de soc­cer, Al­li­son a une autre par­ti­cu­la­ri­té : être bi­lingue. Ses pa­rents, qui sont an­glo­phones, ont dé­ci­dé d’ins­crire leurs filles en école d’im­mer­sion à par­tir de la ma­ter­nelle, et ce, jus­qu’à la deuxième an­née : « Mes pa­rents ont pen­sé que c’était une bonne idée pour notre ave­nir, ma soeur et moi ». C’est au cam­pus Saint-Jean qu’elle pour­sui­vra en fran­çais ses études, avec un bac­ca­lau­réat en bio­lo­gie qu’elle a ache­vé. À pré­sent, elle pour­suit ses études à l’Uni­ver­si­té de l’Al­ber­ta où elle a com­men­cé un bac­ca­lau­réat en édu­ca­tion se­con­daire.

Sa­me­di 6 juin, c’est sûr qu’Al­li­son sui­vra le match d’ou­ver­ture. Le soc­cer a du sens pour elle et pour cause : « Pour les jeunes filles, c’est quelque chose qu’il faut mon­trer. Même si c’est un sport do­mi­nant par les hommes, les filles peuvent elles aus­si y ar­ri­ver; c’est ex­cellent que le Ca­na­da s’im­plique au soc­cer ».

En dé­pit des ré­cents scan­dales qui ont écla­bous­sé la FI­FA, Al­li­son ne perd pas de vue l’es­sen­tiel : « Pour­quoi on s’in­quiète tout le temps à propos de l’ar­gent ? Le spec­ta­teur s’in­té­resse au sport, pas à l’ar­gent ». En tout cas le coup de sif­flet ré­son­ne­ra sa­me­di pro­chain, et Al­li­son comme tant d’autres ne man­que­ront pas le ren­dez-vous.

Cré­dit pho­to: Hé­lène Le­quitte

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.