Ma­rie Rose De­lorme Smith (1861-1960)

Por­trait d’une femme Mé­tis

Le Franco - - FRANCO-COMMUNAUTAIRE -

de 16 ans, Ma­rie Rose est ven­due en ma­riage pour 50 $ par sa mère à Char­lie Smith, un com­mer­çant de « robe & whis­ky » qui fait plus de deux fois son âge. Pos­si­ble­ment d'or­gine nor­vé­gienne, le nom de fa­mille Smith n'était peut-être pas réel­le­ment son nom.

Jeune femme très in­tel­li­gente, créa­tive, fière et forte, l'ave­nir ré­serve une ri­chesse d'aven­tures et de buts im­por­tants dans la vie de Ma­rie Rose. Elle don­ne­ra nais­sance à 17 en­fants, éta­bli­ra une mai­son de pen­sion, dé­ve­lop­pe­ra un ho­mes­tead, de­vien­dra femme mé­de­cine et sage femme ain­si qu'écri­vaine-his­to­rienne « folk ». En 1948, elle pu­blie plu­sieurs ar­ticles dans le pé­rio­dique Ca­na­dian Cat­tle­men.

Dé­cé­dée à l'âge de 99 ans, sa nécrologie dans le Pin­cher Creek Echo la dé­crit en tant que femme la plus co­lo­rée de la ré­gion.

Cu­rieuse d'en sa­voir plus au su­jet de l'au­teure Do­ris Jeanne MacKin­non, can­di­date au doc­to­rat, voi­ci l'en­tre­vue ob­te­nue par cour­riel : Votre lieu de nais­sance ? Ori­gi­naire de Saint-Paul, ville connue sous le nom de Saint-Paul-des-Mé­tis jus­qu'en 1913.

Q:

Avec un nom de fa­mille de MacKin­non, c'était une sur­prise de vous en­tendre par­ler fran­çais.

Ma langue ma­ter­nelle est le fran­çais; mais sans oc­ca­sion de le par­ler, j'en ai per­du l'ha­bi­tude.

R:

Q:

Vous êtes ar­ri­vée à Cal­ga­ry de­puis quand?

Je suis ar­ri­vée à Red Deer en 1985 et je de­meure tou­jours à Red Deer au­jourd'hui. Je suis re­tour­née aux études à l'uni­ver­si­té en 1995. J'ai ob­te­nu mon pre­mier di­plôme à Red Deer Col­lege, puis ma maî­trise et mon doc­to­rat à l'Uni­ver­si­té de Cal­ga­ry, mais j'ai tou­jours vé­cu à Red Deer.

R:

Q:

Com­ment avez-vous ren­con­tré Don Smith, ami de la fran­co­pho­nie et his­to­rien bien connu à Cal­ga­ry ?

Don Smith était mon su­per­vi­seur pour ma maî­trise en

R:

his­toire et puis il a sié­gé sur le co­mi­té pour mon doc­to­rat.

Q:

Pour­quoi avez-vous choi­si de pour­suivre ce su­jet pour votre thèse ?

Je vou­lais étu­dier les Mé­tis et j'étais fa­ti­guée des his­toires de Louis Riel. Je me de­man­dais à propos des femmes à la suite de la fin de la traite des fourrures. Com­ment ont-elles sur­vé­cu ? Est-ce que leurs fa­milles leur sont ve­nues en aide ou ont-elles plu­tôt nuit à leur tran­si­tion ? Très peu de sources d'in­for­ma­tions ou de ré­ponses à ces ques­tions, donc Don Smith a sug­gé­ré que je lise Fif­ty Dol­lar Bride écrit par la pe­ti­te­fille de Ma­rie Rose De­lorme Smith. Ma­rie Rose avait vou­lu écrire un livre et sa fa­mille a lais­sé ses écrits aux ar­chives du mu­sée Glen­bow – ex­cel­lente source d'in­for­ma­tion pour ma re­cherche.

Pas tel­le­ment de gens pu­blient leur mé­moire de maî­trise, mais je crois que l'his­toire de Ma­rie Rose est tel­le­ment im­por­tante. Elle a re­con­nu qu'elle vi­vait en un temps im­por­tant à la fin du com­merce de la four­rure et elle

R:

a écrit pour les gens qui ar­ri­ve­raient dans le Nord-Ouest après elle. La fa­mille de Ma­rie Rose a été très gé­né­reuse avec leurs sou­ve­nirs et c'était im­por­tant pour eux que l'his­toire de Ma­rie Rose soit ra­con­tée.

Q:

Ma­rie Rose était Fran­coMé­tis, pour­tant, tous ses écrits sont en an­glais. Croyez-vous que c'était par manque de fier­té de ses ra­cines fran­co­phones ?

Ce n'est pas vrai­ment que Ma­rie Rose n'était pas fière de son iden­ti­té fran­çaise ou mé­tis, mais qu'elle était as­sez in­tel­li­gente pour re­con­naître qu'elle sur­vi­vrait plus fa­ci­le­ment si elle se pré­sen­tait comme une femme an­glaise.

R:

Q:

Que pen­sez-vous de l'idée de pro­duire un film à propos de Ma­rie Rose ?

Ce se­rait ex­tra­or­di­naire ! Quel hom­mage à cette femme et à sa fa­mille. Oui, ça se­rait mer­veilleux!

R:

Ef­fec­ti­ve­ment, un pro­jet spé­cial est pré­sen­te­ment en voie de développement à ce su­jet.

Su­zanne de Cour­ville Ni­col

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