Ca­the­rine Ga­gnon: meilleure ca­det de sa gé­né­ra­tion

Par­cours aty­pique, dé­ter­mi­na­tion, pré­co­ci­té; à tout juste 18 ans, Ca­the­rine Ga­gnon en im­pres­sionne plus d’un !

Le Franco - - LA UNE - Hé­lène Lequitte

Mé­daille Stra­th­co­na, Mé­daille de la Lé­gion royale ca­na­dienne, Mé­daille de la Ligue na­vale, puis élue tour à tour ca­det de l’an­née dans la di­vi­sion de l’Al­ber­ta, ca­det de la Ma­rine na­tio­nale de l’an­née, Top Ins­truc­teur, et enfin l’ob­ten­tion du titre de « Chief Pet­ty Of­fi­cer First Class »; c’est donc un pal­ma­rès im­pres­sion­nant que pos­sède Ca­the­rine Ga­gnon.

De la vo­lon­té, il en faut pour y ar­ri­ver, et Ca­the­rine en a à re­vendre. Membre du corps de ca­dets 152 de la ma­rine d’Ed­mon­ton de­puis 5 ans, elle a gra­vi les éche­lons un par un.

Ré­cem­ment elle a été élue meilleur ca­det de la « ma­rine » du Ca­na­da, et se ver­ra re­mettre la mé­daille d’or du prix du duc d’Edim­bourg cette an­née. Ce prix est conçu pour dé­fier les jeunes âgés de 14 à 24 ans dans quatre do­maines dif­fé­rents : condi­tion­ne­ment phy­sique, ser­vice com­mu­nau­taire, ap­pren­tis­sage d’une com­pé­tence, et en­tre­prendre un voyage aven­tu­reux.

Comme l’ex­plique sa mère, Mme Johanne Tur­bide : « C’est une fille qui a rem­por­té ce pres­ti­gieux titre, et ce, dans un uni­vers lar­ge­ment do­mi­né par les gar­çons. » Une dis­tinc­tion qui lui vau­dra les hon­neurs de re­ce­voir son cer­ti­fi­cat par l’un des membres même de la fa­mille royale, lors de leur pro­chaine vi­site en Al­ber­ta.

Alors que d’autres jeunes gens de son âge pensent à s’amu­ser ou bien n’en­vi­sagent que des ob­jec­tifs sur le court terme, Ca­the­rine sait dé­jà où elle veut al­ler : « J’aime le dé­fi, la ca­ma­ra­de­rie et le lea­der­ship, et je vou­drais être mé­de­cin. » Ces an­nées d’ex­pé­rience au sein des ca­dets ont été très for­ma­trices pour l’ob­jec­tif qu’elle s’est fixée. « J’ai ado­ré mes 5 ans de ca­det », as­sure-t-elle.

Si l’ex­cel­lence, le dé­fi, le dé­pas­se­ment de soi et la pas­sion font par­tie in­té­grante de la vie de Ca­the­rine, le fran­çais en fait tout aus­si par­ti.

Qué­bé­coise d’ori­gine, Ca­the­rine vit en Al­ber­ta de­puis l’âge de 7 ans. Elle a gran­di dans les 2 langues, mais a pour­sui­vi toute sa sco­la­ri­té en fran­çais (école Sainte-Jeanne-d’Arc, école Jo­seph-Mo­reau, école Mau­ri­ceLa­val­lée et à pré­sent le Cam­pus Saint-Jean en 1re an­née de bac­ca­lau­réat en sciences com­plé­tée). « J’adore le fait que je sois bi­lingue, j’es­saye de pro­mou­voir le fran­çais dans chaque as­pect de ma vie », ex­plique t-elle.

Seule fran­co­phone dans son corps de ca­dets, elle a réus­si à faire ac­cep­ter l’idée de faire une soi­rée de ca­dets une fois par mois en fran­çais : « Avec la cause Ca­ron qui est à la Cour su­prême, j’es­père que le fran­çais fasse par­tie de ma vie. » Elle a ex­pli­qué qu’en tant qu’or­ga­ni­sa­tion ca­na­dienne, il était bon que les autres ca­dets soient mis en contact avec l’autre langue of­fi­cielle.

Au­jourd’hui, c’est une page qui se tourne. Le 6 juin der­nier était sa der­nière re­vue an­nuelle de ca­dets. En jan­vier 2016, Ca­the­rine au­ra 19 ans et ne se­ra plus éli­gible à être membre des ca­dets à comp­ter de cette date.

Son pas­sage chez les ca­dets en au­ra mar­qué plus d’un. Grâce à son cou­rage et à sa dé­ter­mi­na­tion, elle a at­teint le point culmi­nant de son che­mi­ne­ment chez les ca­dets.

Se­lon son com­man­dant en chef, Jason Fink­bei­ner, ain­si que tous les of­fi­ciers, ces hon­neurs étaient am­ple­ment mé­ri­tés Ca­the­rine est une jeune femme aty­pique, qui croit que « tu ne sais pas ce que tu aimes jus­qu’à ce que tu l’es­sayes ». Et c’est dans cet état d’es­prit qu’elle avance dans la vie.

Jeune fille des Prai­ries, d’ori­gine « fran­co­phone » vi­vant dans «une mer al­ber­taine d’an­glo­phones », elle a dé­ci­dé tôt qu’elle consa­cre­rait sa vie à ai­der les autres.

Photos: courtoisie Ca­the­rine Ga­gnon

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