Der­nier hom­mage à Da­niel Woo­dall

La mort tra­gique du constable Da­niel Woo­dall le lun­di 8 juin der­nier a ébran­lé Ed­mon­ton et la com­mu­nau­té al­ber­taine au grand com­plet. Avec rai­son : la der­nière fois qu’un po­li­cier s’est fait tuer en ser­vice dans la ca­pi­tale al­ber­taine, c’était il y a 25 a

Le Franco - - La Une - Oli­vier Dé­nom­mée

Le mot-clic #EPSs­trong sem­blait om­ni­pré­sent de­puis le 8 juin sur les ré­seaux so­ciaux, re­pré­sen­tant l’épreuve que tra­verse le ser­vice de po­lice d’Ed­mon­ton. Les au­to­ri­tés l’ont aus­si uti­li­sé pour in­vi­ter la po­pu­la­tion à mon­trer son sou­tien phy­si­que­ment, en ve­nant rendre un hom­mage le 14 juin, puis le 17 au dé­fi­lé, sui­vi des fu­né­railles de l’ar­gent Woo­dall. Les Ed­mon­to­niens ont ré­pon­du à l’ap­pel et se sont mas­sés par cen­taines aux abords des rues où pas­sait le dé­fi­lé, vê­tus de bleu et ar­bo­rant le sym­bo­lique ru­ban bleu. Le trans­port en com­mun a été court-cir­cui­té pen­dant ce temps au cen­tre­ville, alors que plu­sieurs lignes ont ces­sé d’opé­rer le temps de l’évé­ne­ment, ce qui n’a pas plu à cer­taines per­sonnes pour qui c’était une jour­née or­di­naire. Outre quelques haus­se­ments de ton entre usa­gers et chauf­feurs de bus, il ne semble pas y avoir eu d’autres in­ci­dents no­toires.

So­li­da­ri­té po­li­cière

Des agents de po­lice al­ber­tains, des agents de la GRC, des sol­dats et même des po­li­ciers is­sus de corps d’ailleurs dans le monde s’étaient tous don­né ren­dez-vous au centre-ville d’Ed­mon­ton pour un hom­mage bien sen­ti. Beau­coup ont dé­fi­lé, d’autres res­taient aux abords de la rue, où des pas­sants pre­naient le temps de les re­mer­cier, leur ser­rer la main, voire écou­ter leur his­toire. Cer­tains agents ve­naient de New York ou même de Man­ches­ter, où Da­niel Woo­dall a tra­vaillé pen­dant quatre ans avant de dé­mé­na­ger en Al­ber­ta avec sa pe­tite fa­mille.

Après une marche de trois ki­lo­mètres à tra­vers le cen­tre­ville, des fu­né­railles so­len­nelles ont eu lieu dans un Shaw Confe­rence Centre plein à cra­quer. Plu­sieurs per­sonnes ayant cô­toyé la vic­time et des po­li­ti­ciens ont par­lé au mi­cro pour li­vrer leur ul­time hom­mage au hé­ros qui laisse der­rière lui sa femme et ses deux jeunes gar­çons. La cé­ré­mo­nie était dif­fu- sée en di­rect sur écrans géants dans cer­taines rues de la ville, où des gens sui­vaient ce qui s’y di­sait re­li­gieu­se­ment, sans rien dire. Pen­dant plu­sieurs heures, le centre-ville d’Ed­mon­ton, par­ti­cu­liè­re­ment sur l’ave­nue Jas­per, on n’en­ten­dait pra­ti­que­ment que le chant des oi­seaux.

Cet évé­ne­ment, aus­si tra­gique soit-il, a re­mis le tra­vail des agents de po­lice en pers­pec­tive. Nous vi­vons dans une so­cié­té où il est fa­cile de dé­tes­ter les agents de la paix pour les contra­ven­tions qu’ils donnent lors­qu’on en­freint un rè­gle­ment et où on les ac­cuse de faire preuve de stig­ma­ti­sa­tion (les exemples sont nom­breux aux États-Unis et même au Qué­bec). Ce triste évé­ne­ment a rap­pe­lé à bien des ci­toyens que les po­li­ciers risquent avant tout leur vie au quo­ti­dien pour s’as­su­rer de la sé­cu­ri­té des ci­toyens.

Photo: Oli­vier Dé­nom­mée

Les dra­peaux ca­na­dien et bri­tan­nique, re­pré­sen­tant les deux pays où Da­niel Woo­dall a vé­cu et a été agent de po­lice

Photo : Oli­vier Dé­nom­mée

Des cen­taines de per­sonnes ont sui­vi en di­rect sur des écrans géants les fu­né­railles au Shaw Confe­rence Centre

Photo : PC/Jason Franson

Le corps po­li­cier comme les ci­toyens ont ren­du un der­nier hom­mage à Da­niel Woo­dall lors du dé­fi­lé.

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