« Tout le monde a ga­gné ! »

Fin de la 3e sai­son de soc­cer en fran­çais à Cal­ga­ry

Le Franco - - ÉCOLE MAURICE LAVALLÉE -

« C’est quatre à quatre, tout le monde a ga­gné ! », a lan­cé un pa­pa qui en­traî­nait bé­né­vo­le­ment un pe­tit groupe de filles lors de la der­nière pra­tique de soc­cer en fran­çais de l’été, le 27 juin, à la Ci­té des Ro­cheuses de Cal­ga­ry. Pour cette troi­sième sai­son de soc­cer en fran­çais, le nombre d’élèves ins­crits, soit de 75, a jus­ti­fié l’em­bauche de deux en­traî­neurs qua­li­fiés.

Le jeune Fé­lix Har­ri­son, âgé de 4 ans, at­tend pa­tiem­ment son tour en re­gar­dant son grand frère Maxim jouer au soc­cer. Chaque sa­me­di, les deux gar­çons et leur ma­man, Hé­lène Choui­nard-Har­ri­son, se rendent à la Ci­té des Ro­cheuses de Cal­ga­ry pour leur en­traî­ne­ment de soc­cer en fran­çais. C’est la troi­sième sai­son de Maxim, l’aî­né de la fa­mille.

Cette an­née, les 75 jeunes ont été di­vi­sés en quatre groupes d’âge : les plus pe­tits, de 3 à 5 ans, les 6-7 ans, les 8-9 ans et les plus vieux, les 10 à 12 ans. Chaque sa­me­di ma­tin, ils se par­tagent le ter­rain de soc­cer de la Ci­té des Ro­cheuses, de l’équi­pe­ment, et les deux en­traî­neurs engagés pour leur mon­trer les règles de base du sport. Quelques pa­rents bénévoles se sont aus­si of­ferts pour as­sis­ter les en­traî­neurs. Chaque groupe d’âge joue pen­dant une heure, entre 10 h et mi­di, après quoi il y a une ro­ta­tion.

« Ce n’est pas com­pé­ti­tif; au contraire, c’est très ami­cal. C’est d’ailleurs ce que j’aime de cette ac­ti­vi­té. Mes en­fants peuvent ap­prendre com­ment jouer en fran­çais tout en s’amu­sant. Ils se sont même fait des amis pro­ve­nant d’autres écoles fran­co­phones », lance Hé­lène Choui­nard-Har­ri­son avec le sou­rire.

Ses gar­çons ont re­çu, à l’ins­crip­tion, un bal­lon de soc­cer, un chandail, des photos pro­fes­sion­nelles d’eux, en plus d’avoir une col­la­tion après chaque en­traî­ne­ment. Leur mère compte les ré­ins­crire le prin­temps pro­chain. Elle es­time que l’or­ga­ni­sa­tion s’amé­liore d’an­née en an­née.

Ce qui a com­men­cé avec quelques pa­rents bénévoles s’est trans­for­mé en ac­ti­vi­té spor­tive bien en­ca­drée où les jeunes ont l’oc­ca­sion d’ap­prendre no­tam­ment à jon­gler avec le bal­lon, à faire des passes pré­cises et à dé­jouer le gar­dien de but.

De nom­breux pa­rents ont ma­ni­fes­té leur in­té­rêt pour ce genre d’ac­ti­vi­té à Sarah Lessard, la ma­man à l’ori­gine de ce pro­gramme de soc­cer en fran­çais. De fil en ai­guille, le projet a pris de l’am­pleur. Cette an­née, pour la pre­mière fois, Sarah Lessard a même fait de la pu­bli­ci­té dans les écoles fran­co­phones et d’im­mer­sion fran­çaise de la ré­gion de Cal­ga­ry.

« Quand j’étais pe­tite, j’étais au pro­gramme d’im­mer­sion fran­çaise. Chaque fois que je joi­gnais une équipe de sport, j’étais tou­jours la bi­zarre qui par­lait fran­çais. Ce qui fait que je n’avais pas de sen­ti­ment d’ap­par­te­nance. Pour moi, c’était donc im­por­tant que mes filles puissent avoir une équipe qui re­grou­pait d’autres élèves fran­co­phones pour qu’elles se sentent à l’aise de faire des ac­ti­vi­tés en fran­çais », pré­ci­set-elle.

Des grandes am­bi­tions

Sarah Lessard vou­drait que, d’ici cinq ans, les joueurs plus vieux puissent ri­va­li­ser contre des écoles an­glo­phones de la ré­gion. Pour l’ins­tant, il n’y a pas de com­pé­ti­tion. Chaque groupe d’âge est di­vi­sé en deux sous-groupes qui jouent l’un contre l’autre. « Le plan, c’est que les plus vieux puissent éven­tuel­le­ment jouer après les classes à leur école. On s’est ren­du compte que, sou­vent, ils ne veulent pas jouer avec les plus jeunes sur le même ter­rain », dit-elle.

Par ailleurs, les filles re­pré­sentent en­vi­ron 40% des ins­crip­tions. Cette an­née, l’or­ga­ni­sa­tion a ten­té de di­vi­ser les deux sexes. Cer­tains pa­rents lui ont de­man­dé s’il al­lait éven­tuel­le­ment y avoir une ligue uni­que­ment pour les filles. Sarah Lessard ne re­jette pas l’idée, au contraire. « Quand les filles sont mé­lan­gées avec les gar­çons, elles risquent peut-être de ne pas se sen­tir com­plè­te­ment à l’aise. En ayant une équipe for­mée de filles, ça pour­rait les ai­der à leur don­ner confiance », avance-t-elle, en ajou­tant que tout al­lait dé­pendre du nombre d’ins­crip­tions, l’an pro­chain, et de l’in­té­rêt des pa­rents.

Meghann Dionne

Photo: Meghann Dionne

Hé­lène Choui­nard- Har­ri­son et ses fils, Maxim et Fé­lix

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