L’an­née de mes quinze ans

Le Franco - - CALGARY - Ma­nue­la Ekot­to Eboa

Ré­di­gé par Marie-Claude Bé­rot, L’an­née de mes quinze ans est un ro­man d’une his­toire bou­le­ver­sante, tou­chante et très ori­gi­nale. Ce ro­man fran­çais de la col­lec­tion Tri­bal, étant à la fois ma­gni­fique et triste, se­rait re­com­man­dé pour les ado­les­cents de treize à dix­huit ans, filles comme gar­çons. Ce texte rem­pli d’émo­tions fortes, de suspense et de ré­vé­la­tions com­ble­ra sû­re­ment vos at­tentes, avec au­cune chance de vous dé­ce­voir.

Ré­su­mé

Tout com­men­ça quand, à l’an­née de ses quinze ans, Constance tom­ba en­ceinte. Ne connais­sant pas l’iden­ti­té du père, elle fut contrainte par ses pa­rents d’aban­don­ner l’en­fant et de quit­ter le ly­cée. Tout au long des an­nées qui pas­sèrent, et mal­gré le fait qu’elle n’a ja­mais connu le sexe de son en­fant ni l’en­droit où il se trou­vait, Constance ne per­dit ja­mais l’es­poir de fi­na­le­ment le te­nir un jour dans ses bras. Quelques an­nées plus tard, d’un point de vue pa­ral­lèle, Vic­to­ria fête ses quinze ans. Les anniversaires ont tou­jours été un évé­ne­ment im­por­tant pour elle, sur­tout à sept ans où elle ap­prit qu’elle avait été adop­tée. Ne lais­sant pas cette nou­velle l’at­tris­ter, elle conti­nua à re­spi- rer la joie de vivre et ne per­dit pas sa vi­brante per­son­na­li­té. Mais tout chan­ge­ra une fois que son frère met­tra la main sur une ré­vé­la­tion, une dé­cou­verte si cho­quante qu’elle ver­ra sa vie bas­cu­ler pour ses quinze ans.

Ce court ro­man fran­çais plein d’amour, de dé­ter­mi­na­tion et de cou­rage nous met dans la peau de la mère et de la fille en al­ter­nant les points de vue à chaque cha­pitre. Ce ré­cit nous montre vé­ri­ta­ble­ment l’éten­due de l’amour d’une mère mal­gré les cir­cons­tances et les obs­tacles dres­sés sur son che­min. Un autre as­pect vrai­ment ap­pré­cié de ce ro­man est l’écri­ture cap­ti­vante ain­si que les cha­pitres courts et les mots fa­ciles qui per­mettent une lec­ture fluide et ai­sée pour les jeunes, sans pa­raître en­fan­tin.

Ex­trait

CONSTANCE

Elle le re­trou­ve­rait ! Il y avait près de quinze ans qu’elle se ré­pé­tait ces mots-là. Quinze ans ! Chaque ma­tin en ou­vrant les yeux, elle pen­sait que le jour était ve­nu, et qu’il ne fi­ni­rait pas sans qu’elle l’ait re­trou­vé. In­las­sa­ble­ment, elle comp­tait les heures, les se­maines, les an­nées. In­las­sa­ble­ment, dans les bruits de la ville ou en re­gar­dant gran­dir les arbres de la fo­rêt, en écou­tant le torrent po­lir les ga­lets, elle voyait l’en­fant cou­rir vers elle. Ils n’avaient pas vou­lu qu’elle le garde. Ils étaient adultes, eux, res­pon­sables. Ils vou­laient que les choses tournent rond, sans faux pas, sans tour­billons dans leur vie étale. Alors, ils lui avaient pris l’en­fant. Pour son bien. C’est ce qu’ils avaient dit : « Pour ton bien. » Elle n’était elle-même qu’une en­fant. Com­ment une en­fant qui n’avait pas en­core quinze ans au­rait-elle pu choi­sir ?

Le bé­bé, une fois né, avait été em­por­té, en­le­vé avant même qu’elle ne s’éveille de ce doux som­meil où l’avait plon­gée l’anes­thé­sie. Elle avait ou­vert les yeux sur les murs blancs de la cli­nique in­con­nue. Sans un mot, sans une plainte. Sa mère lui te­nait la main. Et elle l’avait lais­sée faire. Ni le jour de la nais­sance, ni les jours sui­vants, elle n’avait po­sé de ques­tions. Elle se sen­tait vide. Son ventre dé­pouillé lui fai­sait la tête pleine de brume. Elle le re­con­naî­trait. Sans l’avoir ja­mais vu, elle était sûre de le re­con­naître.

Note gé­né­rale : 8,5 / 10

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