« En­semble, une fa­mille ! » : Un rap­pro­che­ment de deux com­mu­nau­tés fran­co­phones

Du 3 au 5 juillet, le plus grand ras­sem­ble­ment es­ti­val fran­co­phone de l’Al­ber­ta a re­grou­pé près de 600 fes­ti­va­liers au Da­vid Thomp­son Re­sort (DTR). C’est ain­si que la 26e Fête fran­co-al­ber­taine a en­core eu lieu dans la ré­gion en­chan­te­resse des mon­tagnes R

Le Franco - - 26E FÊTE FRANCO-ALBERTAINE - Amy Va­chon-Cha­bot

« Je pense que la ré­ponse des gens était phé­no­mé­nale! Nous avons eu une belle tem­pé­ra­ture et les ac­ti­vi­tés ont été très po­pu­laires. En fin de compte, je pense que la Fête a été un suc­cès ». Ce sont pré­ci­sé­ment les mots pro­non­cés par Étienne Ala­ry, pré­sident du co­mi­té or­ga­ni­sa­teur, pour dé­crire le dé­rou­le­ment de la 26e édi­tion.

Une 26e édi­tion qui a su créer à son tour une page dans l’his­toire en ac­cueillant, en plus d’une va­rié­té d’ar­tistes fran­co-al­ber­tains, de nom­breux ar­tistes fran­sas­kois, tels que Car­men Campagne, Shawn Jo­bin, Pon­teix (le groupe de Ma­rio Le­page) et Ra­quette à cla­quettes; d’où le thème choi­si, « En­semble, une fa­mille! ». Une dé­ci­sion qui a été prise par le co­mi­té or­ga­ni­sa­teur afin de sou­li­gner le 110e an­ni­ver­saire de fon­da­tion de la Sas­kat­che­wan et de l’Al­ber­ta.

Le but de celle-ci au­rait éga­le­ment été de réunir les deux com­mu­nau­tés fran­co­phones, pré­cise M. Ala­ry : « Un des com­men­taires qui re­ve­nait sou­vent était que c’est amu­sant de cé­lé­brer la culture al­ber­taine, mais que les gens ai­me­raient en dé­cou­vrir d’autres aus­si ».

« Faire re­ve­nir chaque an­née les mêmes ar­tistes, ça peut de­ve­nir re­don­dant à la longue. Alors, on s’est dit qu’en Sas­kat­che­wan il y avait des ar­tistes fran­sas­kois po­pu­laires, en plus d’être nos voi­sins. On est donc en quelque sorte une grande fa­mille tous en­semble », ren­ché­rit-il.

Il se dit d’ailleurs sa­tis­fait de cette dé­ci­sion, puisque ce­la a per­mis de créer de beaux échanges entre les deux com­mu­nau­tés. « Nous sommes très sa­tis­faits, car en créant de tels échanges ce­la a per­mis à des ar­tistes fran­co-al­ber­tains tels que Ro­ger Dal­laire d’of­frir un spec­tacle à la Fête fran­sas­koise qui a lieu la se­maine pro­chaine ».

Un évè­ne­ment tou­jours aus­si po­pu­laire

Même si près de 600 per­sonnes ont pris part aux fes­ti­vi­tés, ce chiffre était quelque peu in­fé­rieur aux 700 per­sonnes pré­sentes l’an der­nier. Se­lon M. Ala­ry, cette baisse pour­rait être ex­pli­quée par quelques fac­teurs : « Éton­nam­ment, nous étions à pleine ca­pa­ci­té cette an­née même si les nombres ont di­mi­nué. Il faut tou­te­fois se rap­pe­ler que l’an der­nier on cé­lé­brait le 25e an­ni­ver­saire et qu’il y avait une jour­née de plus et une pro­gram­ma­tion d’en­ver­gure ».

« De plus, le DTR a fait des ré­no­va­tions cette an­née. Nous avions une ave­nue com­plète en moins, ce qui re­pré­sente 12 sites. Si on cal­cule 3 per­sonnes par site, ce­ci équi­vaut à près de 40 per­sonnes en moins qui peuvent se joindre à nous, » in­dique t-il.

Tout de même, M. Ala­ry men­tionne que la Fête de­meure un évè­ne­ment in­con­tour­nable pour plu­sieurs. « Il y a une chose qu’il ne faut pas ou­blier. Avant même que nous an­non­cions la pro­gram­ma­tion of­fi­cielle, il y avait près de 75 % du site de ré­ser­vé. Les gens veulent ve­nir chaque an­née pour se re­trou­ver et faire du ré­seau­tage en fran­çais ».

Tou­te­fois, il ajoute que la Fête ac­cueillait plu­sieurs nou­velles fa­milles : « Il y avait beau­coup de gens qui ne sont pas re­ve­nus cette an­née, mais agréa­ble­ment plu­sieurs nou­velles fa­milles se sont jointes à nous. Celles-ci ont d’ailleurs ma­ni­fes­té qu’elles vou­draient re­ve­nir l’an pro­chain ».

Une par­ti­cu­la­ri­té qui se­rait im­por­tante pour la vi­ta­li­té de la Fête, se­lon Pierre Bergeron, pré­sident sor­tant du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion (CA). « J’es­père que la Fête va conti­nuer à at­ti­rer les jeunes fa­milles. J’avais peur à un mo­ment don­né pour l’ave­nir de la Fête, puis­qu’il y a en­vi­ron 5- 6 ans, la ma­jo­ri­té des fes­ti­va­liers étaient des ba­by-boo­mers. Heu­reu­se­ment que nous voyons que les jeunes fa­milles par­ti­cipent da­van­tage ».

Pour ce qui est des par­te­naires fi­nan­ciers, le site a at­teint son plein po­ten­tiel. M. Ala­ry sou­ligne qu’il s’agit d’une réus­site consi­dé­rable, « Au ni­veau des com­man­di­taires, nous avons été très sa­tis­faits. On a dé­pas­sé de 200 % nos at­tentes à ce ni­veau-là ».

Une équipe dy­na­mique der­rière le suc­cès de la Fête

L’an der­nier, Re­née Le­vesque-Gau­vreau cé­da sa place après 4 ans en poste à Na­dine Mor­ton. Ayant in­di­qué l’an der­nier qu’elle était mo­ti­vée à en­tre­prendre ce nou­veau dé­fi, elle se sen­tait émue de voir tout ce pour quoi elle avait tant tra­vaillé, voir enfin se réa­li­ser : « Wow! Je suis vrai­ment émue. Je pense que les gens sont sa­tis­faits du tra­vail que j’ai fait la der­nière an­née. C’est sur­éel pour moi, puisque nous or­ga­ni­sons la Fête de­puis plu­sieurs mois, donc être ici je ne le réa­lise pas en­core ».

Mme Mor­ton in­dique d’ailleurs qu’être co­or­di­na­trice d’un tel évè­ne­ment est une fier­té pour elle. Elle croit qu’il faut se battre pour notre fran­co­pho­nie et par consé­quent l’as­su­mer. « Ça me rend fière d’être ici et de pou­voir as­su­mer ma fran­co­pho­nie et as­su­rer de lé­guer un hé­ri­tage à mes en­fants et aux fu­tures gé­né­ra­tions. Il faut être fier de notre fran­co­pho­nie, puisque c’est quelque chose qui nous rend uniques, sur­tout dans une province telle que l’Al­ber­ta ».

Elle ex­plique éga­le­ment avoir été sur­prise par tout le tra­vail qui est né­ces­saire afin de faire de la Fête un vé­ri­table suc­cès : « Tout l’ou­vrage qui est à l’ar­rière-plan, par exemple les de­mandes de fi­nan­ce­ment, c’est quelque chose que je n’avais ja­mais fait au­pa­ra­vant. Lorsque tu es un fes­ti­va­lier, tu ne penses pas à tout ce qui se dé­roule dans les cou­lisses ».

Par ailleurs, Mme Mor­ton tient à sou­li­gner le dé­voue­ment des bénévoles, sur­tout ce­lui du co­mi­té or­ga­ni­sa­teur. « Ce sont des per­sonnes tel­le­ment dynamiques et tel­le­ment dé­vouées, ils ont le coeur gros. Moi ça m’ins­pire à vou­loir conti­nuer et à bien faire mon tra­vail. Ça en prend des heures, et c’est des heures où ces bénévoles ne sont pas avec leurs fa­milles et qui manquent d’autres ac­ti­vi­tés. Ça pa­rait que la fran­co­pho­nie est une prio­ri­té pour eux et que ça leur tient à coeur ».

No­tam­ment, lors de la cé­ré­mo­nie de fer­me­ture, un bé­né­vole im­por­tant a été re­con­nu. En fait, Pierre Bergeron, qui était l’un des ini­tia­teurs de la pre­mière Fête fran­co, a quit­té ses fonc­tions en tant que pré­sident du CA le 10 juin der­nier. Les membres du CA et du co­mi­té or­ga­ni­sa­teur ont donc pré­sen­té à M. Bergeron une plaque de re­mer­cie­ment pour toutes ses an­nées de dé­voue­ment à l’évè­ne­ment. Il se di­sait ému par ce geste : « Ça me touche le coeur. C’est vrai­ment quelque chose que j’ac­cepte au nom de l’équipe. J’étais chan­ceux d’avoir une bonne équipe ».

Il sou­ligne ain­si qu’il conti­nue­ra à s’im­pli­quer comme tou­jours, mais dé­sor­mais à titre de bé­né­vole. « Je vais faire du bé­né­vo­lat pen­dant l’évè­ne­ment, et pro­ba­ble­ment faire par­tie d’un sous-co­mi­té ici ou là ».

De retour au Da­vid Thomp­son Re­sort (DTR)

La Fête fran­co-al­ber­taine se­ra de retour au DTR pour sa 27e édi­tion, et ce du 1er au 3 juillet 2016. « Nous avons com­men­cé à faire des dé­marches avec le DTR dès le mois de fé­vrier, car nous sommes conscients que l’an pro­chain, la Fête au­ra lieu en même temps que la fête du Ca­na­da et que ça se­ra une longue fin de se­maine. Alors, quand on a ap­por­té l’idée sur la table, le DTR était très heu­reux de nous ac­cueillir à nou­veau » ex­plique Mme Mor­ton.

Une dé­ci­sion prise par le CA, puis­qu’au­cune ré­gion ne s’est ma­ni­fes­tée pour ac­cueillir la Fête en 2016. « Dans la po­li­tique que nous avons au ni­veau du CA, une ré­gion qui ai­me­rait ac­cueillir la fête doit se ma­ni­fes­ter deux ans à l’avance », in­dique M. Ala­ry.

Il ajoute que le DTR est un site idéal, étant donc un choix lo­gique : « N’ayant eu au­cune ma­ni­fes­ta­tion pour l’édi­tion de 2016, le DTR de­meu­rait un lieu en­chan­teur et pra­ti­que­ment par­fait. De plus, nous avons l’ex­clu­si­vi­té du site, alors pour­quoi ne pas re­ve­nir? »

M. Ala­ry in­vite ain­si toutes ré­gions qui ai­me­raient ac­cueillir la Fête fran­co-al­ber­taine en 2017 à se ma­ni­fes­ter le plus tôt pos­sible, « Nous sommes tou­jours prêts à al­ler en ré­gion, alors si quel­qu’un veut avoir la Fête en 2017, il se­rait le temps de se ma­ni­fes­ter ». Pour dé­po­ser une can­di­da­ture, toutes les in­for­ma­tions né­ces­saires se re­trouvent sur le site web : www.fe­te­fran­coal­ber­taine.ca.

Shawn Jo­bin

Photos: Amy Va­chon- Cha­bot

Le co­mi­té or­ga­ni­sa­teur

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