RIEN N’EST GA­GNÉ D’AVANCE DANS LES CIR­CONS­CRIP­TIONS FRAN­CO­PHONES

Le Franco - - SCRUTIN FÉDÉRAL - DAN­NY JON­CAS (Fran­co­presse) CARTES: SITE D’ÉLEC­TIONS CA­NA­DA

DE­PUIS PLU­SIEURS Dé­CEN­NIES, AfiN DE FAIRE élire son pro­té­gé à Ot­ta­wa dans une cir­cons­crip­tion où l’on compte un grand nombre de FRAN­CO­PHONES, IL N’EST PAS TOU­JOURS Né­CES­SAIRE POUR LES PAR­TIS PO­LI­TIQUES Fé­Dé­RAUX DE Dé­PLOYER D’IN­NOM­BRABLES EF­FORTS, PUISQUE CEL­LES­ci sont sou­vent ga­gnées d’avance. C’est par­ti­cu­liè­re­ment vrai en ce qui concerne le Par­ti li­bé­ral. Or, tout in­dique que ce ne se­ra pas le CAS CETTE FOIS- CI.

Avec la mon­tée du Nou­veau Par­ti dé­mo­cra­tique (NPD) dans les son­dages et les gains réa­li­sés par les conser­va­teurs dans quelques-unes des cir­cons­crip­tions fran­co­phones de­puis une di­zaine d’an­nées, bien ma­lin ce­lui qui peut pré­dire une vic­toire sans équi­voque d’un can­di­dat quel­conque dans les cir­cons­crip­tions phares de la fran­co­pho­nie ca­na­dienne.

Ci-des­sous, nous vous pré­sen­tons un aper­çu des chaudes luttes qui se des­sinent dans cinq cir­cons­crip­tions dont le re­pré- sen­tant aux Com­munes siège his­to­ri­que­ment au Co­mi­té per­ma­nent des langues of­fi­cielles et consti­tue un in­ter­lo­cu­teur et un al­lié im­por­tant des com­mu­nau­tés de langue of­fi­cielle en si­tua­tion mi­no­ri­taire.

Saint-Bo­ni­face-Saint-Vi­tal : Chan­ge­ment de nom et de dé­pu­té

En ma­tière de cir­cons­crip­tions au sein des­quelles le ré­sul­tat des élec­tions du 19 oc­tobre au­ra un im­pact consi­dé­rable sur la fran­co­pho­nie ca­na­dienne, dif­fi­cile de trou­ver mieux que Saint-Bo­ni­face-Saint-Vi­tal (an­cien­ne­ment Saint-Bo­ni­face). En ef­fet, l’ac­tuelle mi­nistre du Pa­tri­moine ca­na­dien et des Langues of­fi­cielles, Shel­ly Glo­ver, a dé­ci­dé de ne pas sol­li­ci­ter un troi­sième man­dat.

En 2008, se pré­sen­tant sous la ban­nière du Par­ti conser­va­teur, cette po­li­cière bi­lingue avait réus­si à mettre un terme à 20 ans de règne li­bé­ral dans cette cir­cons­crip­tion ma­ni­to­baine. Cet au­tomne, les li­bé­raux mi­se­ront sur Dan Van­dal, qui de­vra se me­su­rer au conser­va­teur Fran­çois Ca­tel­lier afin de re­ga­gner cette cir­cons­crip­tion tra­di­tion­nel­le­ment li­bé­rale.

Ot­ta­wa-Va­nier : Le châ­teau fort me­na­cé

Le NPD en­tend dé­lé­guer Emi­lie Ta­man, une pro­cu­reure à l’em­ploi du gou­ver­ne­ment fé­dé­ral et re­crue sur la scène po­li­tique, afin de bri­guer les suf­frages dans Ot­ta­wa-Va­nier. Tou­te­fois, il ne s’agi­ra pas pour elle d’une mince tâche puisque de­puis que cette cir­cons­crip­tion si­tuée au coeur de la ca­pi­tale na­tio­nale a adop­té le nom d’Ot­ta­wa-Va­nier en 1974, seuls deux dé­pu­tés y ont re­pré­sen­té ses ha­bi­tants, soit les li­bé­raux Jean-Robert Gau­thier et Mau­ril Bé­lan­ger. Qui plus est, la cir­cons­crip­tion est li­bé­rale de­puis 1935.

Par contre, au fil des ans, les ma­jo­ri­tés de 24 000 et de 19 000 voix en­re­gis­trées par Mau­ril Bé­lan­ger en 1997 et en 2000 ont fon­du à chaque élec­tion, de sorte que ce­lui-ci ne l’a em­por­té que par 5 000 votes sur ses plus proches pour­sui­vants, en 2011. La ten­dance se pour­sui­vra-t-elle le 19 oc­tobre ?

Aca­die-Ba­thurst : Même pa­tro­nyme, nou­veau can­di­dat

De­puis 1997, la cir­cons­crip­tion d’Aca­die-Ba­thurst est as­so­ciée à Yvon Godin, lui qui y a entre autres si­gné d’écra­santes vic­toires en 2011 et en 2008. Mais comme le co­lo­ré dé­pu­té néo-dé­mo­crate a dé­ci­dé de ti­rer sa ré­vé­rence, la porte est grande ou­verte pour le néo-dé­mo­crate Jason Godin et le li­bé­ral Serge Cor­mier.

Ardent dé­fen­seur des mi­no­ri­tés lin­guis­tiques, Yvon Godin a dé­jà ac­cor­dé son ap­pui à Jason Godin, avec qui il n’a au­cun lien de pa­ren­té. L’ac­tuel maire de Mai­son­nette, qui n’est âgé que de 22 ans, fe­ra face à un autre nou­veau ve­nu sur la scène po­li­tique fé­dé­rale en Serge Cor­mier, qui oeuvre au sein du gou­ver­ne­ment du Nou­veau-Bruns­wick de­puis quelques an­nées, no­tam­ment comme chef de ca­bi­net et ana­lyste de po­li­tiques.

Ma­da­was­ka-Res­ti­gouche : Course à trois

Le conser­va­teur Ber­nard Val­court, qui a été mi­nistre sous Brian Mul­ro­ney et qui était mi­nistre des Af­faires au­toch­tones et du dé­ve­lop­pe­ment du Nord ca­na­dien au mo­ment du dé­clen­che­ment des élec­tions, a réus­si son pa­ri en 2011. Sou­hai­tant re­ve­nir en po­li­tique, il avait dé­lo­gé de jus­tesse Jean-Claude D’Amours.

Cette fois-ci, M. Val­court risque d’avoir à se pré­oc­cu­per de deux ad­ver­saires, alors qu’une course à trois est an­ti­ci­pée dans cette cir­cons­crip­tion néo­bruns­wi­ckoise créée en 1997. Ses ad­ver­saires : le li­bé­ral Re­né Ar­se­neault et le néo-dé­mo­crate Ro­saire L’Ita­lien. Le pre­mier est avo­cat tan­dis que le se­cond est un jour­na­liste à la re­traite.

Sud­bu­ry : Dé­pu­té re­cher­ché

Le NPD s’en tire gé­né­ra­le­ment bien dans le nord de l’On­ta­rio, sauf à Sud­bu­ry. C’était jus­qu’à ce que Glenn Thi­beault dé­loge la li­bé­rale Diane Mar­leau, en 2008. Mais un dé­part fra­cas­sant de Glenn Thi­beault au cours de son deuxième man­dat, un dé­part du NPD pour joindre les rangs des li­bé­raux pro­vin­ciaux qui ne s’est vrai­sem­bla­ble­ment pas dé­rou­lé dans les règles de l’art, pour­rait nuire aux chances des troupes de Tho­mas Mul­cair de conser­ver cette cir­cons­crip­tion.

Si les élec­teurs sud­bu­rois boudent le néo-dé­mo­crate Paul Loe­wen­berg, ils se tour­ne­ront vers le pro­prié­taire de jour­naux et de sta­tions de ra­dio Paul Le­febvre, du Par­ti li­bé­ral, ou vers Fred Slade, can­di­dat conser­va­teur oeu­vrant dans le sec­teur fi­nan­cier.

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