RETOUR EN AL­BER­TA APRÈS LES FNJA

Le Franco - - FORUM NATIONAL DES JEUNES AMBASSADEURS - KIM­BER­LY PAPP

Après avoir pas­sé quelques jours au Nou­veau Bruns­wick, cer­tains des jeunes am­bas­sa­deurs al­ber­tains ayant par­ti­ci­pé au Fo­rum Na­tio­nal des Jeunes Am­bas­sa­deurs, ont par­ta­gé leurs ex­pé­riences res­pec­tives avec le Fran­co.

Mes yeux pas­saient par-des­sus le for­mu­laire de can­di­da­ture pour le Fo­rum Na­tio­nal des Jeunes Am­bas­sa­deurs quand sou­dai­ne­ment, ils se sont ar­rê­tés sur place. J’ai re­lu la ques­tion po­sée : « Com­ment vis-tu le fran­çais dans ta vie quo­ti­dienne? » J’ai ré­flé­chi. Pen­dant l’an­née sco­laire, je parle le fran­çais à mon pro­fes­seur d’im­mer­sion, ain­si qu’avec mon cou­sin fran­co­phone. Mais c’était presque l’été, donc je ne par­lais pas sou­vent à mon prof, ni à mon cou­sin (qui vit dans une autre ville). Et voi­là; je n’avais rien à ajou­ter à la liste. J’ai pa­ni­qué. L’or­ga­ni­sa­tion Le Fran­çais Pour l’Ave­nir al­lait sé­lec­tion­ner 30 élèves de tout le pays de 35 mil­lions de per­sonnes et avec cette faible ré­ponse, il n’y avait au­cune chance qu’ils me choi­si­raient. C’est à ce mo­ment où j’ai com­men­cé ma quête vers la fran­co­pho­nie ca­na­dienne.

Ma pre­mière étape vers la fran­co­pho­nie fut d’écou­ter la ra­dio en fran­çais dans ma voi­ture. Au re­voir Tay­lor Swift; al­lô po­li­tique! Hon­nê­te­ment, je m’en fiche des nou­velles mais c’était de la bonne pra­tique pour me per­mettre à com­prendre la langue orale plus ra­pi­de­ment. Pen­dant un mois, c’était mon ha­bi­tude. Par­fois, la sta­tion jouait des chan­sons fran­co­phones. Et par­fois, j’ai beau­coup ai­mé ces chan­sons fran­co­phones. Et en­core par­fois, j’ai si ai­mé cer­taines chan­sons fran­co­phones que je sor­tais vite mon té­lé­phone pour les iden­ti­fier avec Sha­zam pen­dant que je condui­sais (ne le dites pas à ma mère!). Bien­tôt, j’ai amas­sé un grand to­tal de quatre chan­sons fran­co­phones que j’écou­tais en plus de ma mu­sique an­glo­phone. Mis­sion ac­com­plie! J’avais main­te­nant quelques as­pects fran­co­phones dans ma vie quo­ti­dienne que j’ai ajou­tés à ma pe­tite liste d’au­pa­ra­vant.

Fi­na­le­ment, mes ef­forts ont por­tés fruit! J’ai re­çu un mes­sage qui m’a in­for­mée que j’avais été choi­sie pour le FNJA 2015 (mer­ci Joyce Jo­na­than pour votre aide mu­si­cale)! Un groupe Fa­ce­book a été créé avec les autres am­bas­sa­deurs et am­bas­sa­drices, sur le­quel nous avons pu par­ta­ger nos pen­sées avant de par­tir pour Monc­ton, au Nou­veauB­runs­wick. Avec ce­la, la langue fran­çaise est en­trée dans ma vie per­son­nelle en tant qu’ado­les­cente sur les mé­dias so­ciaux. J’étais frus­trée quelque fois en es­sayant de faire fonc­tion­ner mon vé­ri­fi­ca­teur d’or­tho­graphe (« Lais­se­moi écrire, spell­check! » … « Et ça fait com­bien de temps que je dois choi­sir entre huit ac­cents pour la lettre ‘A’ à chaque re­prise? »); mais avec ces échanges, je suis de­ve­nue en­core plus im­pa­tiente pour ren­con­trer ces autres étu­diants.

La pre­mière am­bas­sa­drice que j’ai ap­pri­voi­sée pro­ve­nait d’Ed­mon­ton, proche de ma propre ville. Sa langue ma­ter­nelle était le fran­çais, elle al­lait à une école fran­co­phone, et son vo­ca­bu­laire était si par­fait que je me suis sen­tie un peu gê­née de mon ac­cent. Nous nous sommes par­lé, et gra­duel­le­ment je suis de­ve­nue de plus en plus à l’aise avec cette fille si ai­mable. Elle m’a par­lé de Fran­co­pho­nie Jeu­nesse de l’Al­ber­ta, une as­so­cia­tion com­po­sée de jeunes fran­co­phones de ma province. J’ai tou­jours su qu’il y avait une com­mu­nau­té fran­co­phone à Ed­mon­ton, mais je n’ai ja­mais été ex­po­sée à leur culture, mal­gré mon édu­ca­tion en im­mer­sion fran­çaise de­puis 13 ans. J’ai main­te­nant très hâte de pou­voir par­ti­ci­per aux évè­ne­ments fran­co­phones lo­caux!

Si je croyais que les ré­vé­la­tions fran­co­phones al­laient s’ar­rê­ter à Ed­mon­ton, eh bien, je me suis for­te­ment trom­pée! De Van­cou­ver jus­qu’à St John’s, cou­vrant dix pro­vinces de dix mil­lions de ki­lo­mètres car­rées, notre fo­rum de fran­co­philes a réuni le pays en en­tier dans la pre­mière ville bi­lingue du Ca­na­da : Monc­ton. De plus, le Nou­veau-Bruns­wick est la seule province bi­lingue dans le pays… points bo­nus pour la ré­gion choi­sie cette an­née! Du 13 à 18 Août, j’ai com­mu­ni­qué avec des élèves pas­sion­nés par la langue fran­çaise pos­sé­dant tous des his­toires dif­fé­rentes. J’ai ap­pris com­ment la culture fran­co­phone se manifeste, même étant une langue mi­no­ri­taire dans la plu­part des pro­vinces. Je crois fer­me­ment que j’ai amé­lio­ré mon fran­çais oral (par exemple, com­ment uti­li­ser « poi­gner » dans une phrase) et que j’ai créé des liens d’ami­tié. Vers la fin de la se­maine, par­ler en fran­çais ve­nait na­tu­rel­le­ment. In­croyable, d’être chan­ceuse comme je le suis! Et tout ce­la à cause de la ques­tion : « Com­ment vis-tu le fran­çais dans ta vie quo­ti­dienne? »

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