L’HEURE DES LISTES D’ÉPI­CE­RIE

Le Franco - - CHRONIQUE - DAN­NY JON­CAS

OT­TA­WA – Dans tout ré­gime dé­mo­cra­tique, c’est une pra­tique qui existe de­puis qu’on y fait de la po­li­tique. On parle ici de la di­vul­ga­tion des listes d’épi­ce­rie por­tant sur di­vers su­jets. Et dans le cadre de la pré­sente campagne élec­to­rale, force est d’ad­mettre que ces fa­meuses listes sont nom­breuses.

Le prin­cipe est simple. Avant chaque élec­tion, les élec­teurs, sou­vent re­pré­sen­tés par un groupe s’ex­pri­mant en leur nom, sou­mettent leurs de­mandes aux can­di­dats et aux par­tis dé­si­rant ac­cé­der au pou­voir. À par­tir des ré­ponses et des pro­messes for­mu­lées face à ces de­mandes, les élec­teurs ar­rêtent en­suite leur choix.

Le fait que le Ca­na­da soit plon­gé dans la plus longue campagne élec­to­rale de son his­toire n’ai­dant en rien la mul­ti­pli­ca­tion des listes de prio­ri­tés de cha­cun, on note que plu­sieurs groupes ont dé­jà dres­sé et sou­mis leur liste res­pec­tive aux prin­ci­paux par­tis po­li­tiques. C’est entre autres le cas des mu­ni­ci­pa­li­tés, des Pre­mières Na­tions, des jeunes, des gens d’af­faires, des gou­ver­ne­ments pro­vin­ciaux, des syn­di­cats, des fonc­tion­naires et des ar­tistes.

Loin d’être en reste, la fran­co­pho­nie hors Qué­bec s’as­sure à chaque élec­tion fé­dé­rale de trans­mettre ses do­léances aux par­tis et aux can­di­dats qui se pré­sentent dans des cir­cons­crip­tions où l’on compte une large pro­por­tion de fran­co­phones. Cette an­née, la Fé­dé­ra­tion des com­mu­nau­tés fran­co­phones et aca­dienne (FCFA) du Ca­na­da a même en­tre­pris cet exer­cice avant le dé­clen­che­ment des élec­tions.

En ef­fet, la FCFA a te­nu, en juin der­nier, un pa­nel sur la dua­li­té lin­guis­tique et les langues of­fi­cielles. Les prin­ci­paux par­tis fé­dé­raux y étaient re­pré­sen­tés par Ber­nard Trot­tier du Par­ti conser­va­teur, Stéphane Dion du Par­ti li­bé­ral et le dé­pu­té néo-dé­mo­crate sor­tant Yvon Godin, qui ne sol­li­cite pas de nou­veau man­dat.

Un exer­cice constant

Preuve que la FCFA juge im­por­tant de faire part de ses re­ven­di­ca­tions aux prin­ci­paux par­tis de fa­çon ré­gu­lière et non seule­ment en pé­riode de campagne élec­to­rale, l’or­ga­nisme porte-pa­role des fran­co­phones hors Qué­bec n’en­ver­ra pas cette an­née de ques­tion­naire por­tant sur les en­jeux propres aux mi­no­ri­tés lin­guis­tiques. On n’en­tend pas te­nir de dé­bat non plus.

« Nous fonc­tion­nons de fa­çon quelque peu dif­fé­rente cette an­née. Au lieu d’en­voyer un ques­tion­naire, nous avons pas­sé les six pre­miers mois de l’an­née à ren­con­trer des par­le­men­taires de tous les par­tis pour dis­cu­ter avec eux de nos prio­ri­tés pour leurs pla­te­formes électorales », ex­plique le di­rec­teur des com­mu­ni­ca­tions de la FCFA, Serge Quin­ty.

Lors de ces ren­contres, la FCFA dit avoir iden­ti­fié trois prio­ri­tés. L’une de ces prio­ri­tés vise le plein res­pect de la Loi sur les langues of­fi­cielles de la part des agences et mi­nis­tères fé­dé­raux. On de­mande aus­si une re­con­nais­sance de la spé­ci­fi­ci­té des réa­li­tés et des be­soins des com­mu­nau­tés et un ap­pui adap­té à ces réa­li­tés et à ces be­soins, no­tam­ment en ma­tière de re­cru­te­ment d’im­mi­grants fran­co­phones. Quant à la troi­sième prio­ri­té, il s’agit d’un plai- doyer pour un fi­nan­ce­ment ac­cru pour les or­ga­nismes, les centres cultu­rels, les mé­dias et autres ins­ti­tu­tions des­ser­vant les com­mu­nau­tés fran­co­phones.

En plus de ces trois grandes prio­ri­tés, la FCFA a en­voyé des lettres à chaque par­ti afin de connaître leur po­si­tion sur l’ave­nir de Ra­dio-Ca­na­da. Se­lon la FCFA, le dif­fu­seur pu­blic ne dis­pose tout sim­ple­ment plus des res­sources né­ces­saires afin de s’ac­quit­ter plei­ne­ment de son man­dat.

Une fois que la pla­te­forme élec­to­rale de chaque par­ti au­ra été dé­voi­lée, et que les for­ma­tions po­li­tiques four­ni­ront des ré­ponses à la FCFA, l’or­ga­nisme es­time qu’il se­ra da­van­tage en me­sure de se faire une idée de l’im­por­tance que les par­tis ac­cordent aux en­jeux des fran­co­phones vi­vant en si­tua­tion mi­no­ri­taire.

Outre la FCFA, la Fé­dé­ra­tion cultu­relle ca­na­dienne-fran­çaise (FCCF) a in­vi­té les par­tis dans la course à s’ex­pri­mer sur le sort que ré­ser­ve­rait leur par­ti à la culture au sein des com­mu­nau­tés fran­co­phones. Le Par­ti li­bé­ral et le Nou­veau Par­ti dé­mo­cra­tique se sont dé­jà pro­non­cés à ce su­jet.

Enfin, la Fé­dé­ra­tion de la jeu­nesse ca­na­dienne-fran­çaise (FJCF) a elle aus­si for­mu­lé quelques re­com­man­da­tions aux par­tis et aux can­di­dats. Par­mi ces re­com­man­da­tions, on re­trouve celle vi­sant à faire pas­ser de 18 à 16 ans l’âge lé­gal pour vo­ter, de même que celle qui dou­ble­rait le bud­get consen­ti à la Stra­té­gie em­ploi jeu­nesse.

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