JEU­NESSE CA­NA­DIENNE : QU’EST-CE QU’ILS EN PENSENT?

Les jeunes et la po­li­tique sont-ils com­pa­tibles?

Le Franco - - INITIATION AU DROIT DE VOTE DANS LES ÉCOLES ÉLECTI - SARAH CHERIET

Avec les élec­tions fé­dé­rales ca­na­diennes qui ap­prochent à grands pas, la po­li­tique de­vient un su­jet dont on en­tend plus fré­quem­ment par­ler. Que ce soit dans les jour­naux, la té­lé­vi­sion ou les mé­dias so­ciaux, on ver­ra la po­li­tique prendre une place im­por­tante dans notre quo­ti­dien. Certes, ce­la re­joint les adultes en gé­né­ral mais qu’en est-il des jeunes? On a sou­vent comme idée pré­con­çue qu’ils ne sont pas aus­si in­té­res­sés par la po­li­tique mais est- ce vrai­ment le cas et pour­quoi?

Les jeunes de 18 et 24 ans sont ceux qui ont le taux de par­ti­ci­pa­tion le plus bas. Du­rant les der­nières élec­tions fé­dé­rales de 2011, il se me­su­rait à 38.8%, se­lon Élec­tions Ca­na­da. Ce pour­cen­tage s’ac­croît en fonc­tion du groupe d’âge mais il n’en reste pas moins que les jeunes sont ceux qui votent le moins.

Le Fran­co a ren­con­tré Ga­brie­la Ara­na, une jeune étu­diante de 20 ans qui pour­suit ses études en psy­cho­lo­gie à l’Uni­ver­si­té d’Al­ber­ta. Elle a ac­cep­té de ré­pondre à quelques ques­tions pour nous don­ner une idée de ce que la po­li­tique re­pré­sente pour elle.

Ga­brie­la, quel est ton in­té­rêt par rap­port à la po­li­tique et à quel point consi­dères-tu ce­la im­por­tant?

Je n’ai ja­mais trou­vé la po­li­tique très in­té­res­sante ici au Ca­na­da. Peut-être parce que j’ai vé­cu au Gua­te­ma­la pen­dant dix ans. Là­bas c’est très dif­fé­rent. C’est as­sez cor­rom­pu et notre po­li­tique au Ca­na­da a l’air très pai­sible com­pa­rée à celle d’ailleurs.

D’après toi, est- ce que la po­li­tique in­té­resse les jeunes de ton âge? Si non, crois-tu que ce­la va chan­ger?

Je pense que les jeunes ne sont pas très in­té­res­sés par la po­li­tique mais c’est main­te­nant (à mon âge) qu’ils com­mencent à s’y in­té­res­ser car ils mû­rissent. Ils com­mencent à avoir plus de res­pon­sa­bi­li­tés, cer­tains ne vivent plus avec leurs pa­rents, alors la po­li­tique prend une nou­velle place dans leur quo­ti­dien et leur en­vi­ron­ne­ment.

Y a-t-il des valeurs éco­no­miques ou po­li­tiques qui sont plus im­por­tantes pour toi? Qu’est- ce qui te re­joins le plus en tant que jeune ca­na­dienne, qui te pous­se­rais à vo­ter pour un par­ti plu­tôt que pour un autre?

Même si je vis ici de­puis long­temps, j’ai en­core un ac­cent en an­glais et par­fois les gens me le font re­mar­quer en me di­sant que je ne suis pas d’ici. J’ai­me­rais voir de la pro­gres­sion par rap­port à l’ac­cep­ta­tion des autres cultures car le mul­ti­cul­tu­ra­lisme est une va­leur im­por­tante pour moi. J’ai l’im­pres­sion que si l’on ac­cepte les dif­fé­rences des autres, nous se­rions un pays plus pai­sible et sé­cu­ri­taire.

Que re­pré­sente pour toi la vague orange qui a mar­qué la po­li­tique en Al­ber­ta? Crois-tu que cet évé­ne­ment pour­rait avoir une in­fluence sur la po­pu­la­ri­té du NPD pour les élec­tions 2015?

En tant qu’in­di­vi­du, je n’ai pas vrai­ment vu de chan­ge­ments. Peut-être que je ne suis pas as­sez la po­li­tique. Par contre, je sais que dans les mé­dias comme sur Fa­ce­book, Twit­ter et un peu par­tout, tout le monde en par­lait et on en di­sait que du bien donc je crois que oui, il y au­ra une in­fluence.

S’il y a eu ce grand chan­ge­ment dans la po­li­tique en Al­ber­ta alors pour­quoi pas dans celle des autres pro­vinces du Ca­na­da.

Crois-tu que les Al­ber­tains vont vo­ter pour le NPD au Ca­na­da?

Je ne sais pas trop. Je crois que c’est plus fa­cile pour les gens de ré­élire Ste­phen Har­per parce qu’ils le connaissent dé­jà et savent com­ment il gou­verne le pays. C’est ce que je fe­rais si je ne m’y connais­sais pas vrai­ment en po­li­tique et sur ce qui se passe en ce mo­ment. Ou bien, peut-être dé­ci­de­ront-ils de vo­ter pour du chan­ge­ment. Ce se­ra à voir.

Ga­brie­la compte vo­ter le 19 oc­tobre bien qu’elle ne soit pas en­core cer­taine pour quel par­ti. Certes, le ni­veau d’in­té­rêt par rap­port à la po­li­tique va­rie d’un étu­diant à un autre. Quel­qu’un qui étu­die en sciences po­li­tiques, par exemple, se­ra pro­ba­ble­ment plus in­té­res­sé par les élec­tions fé­dé­rales. Le seul obs­tacle est que ce ne sont pas seule­ment ceux-là qui ont le droit de vo­ter mais bien tous ceux qui ont at­teint la ma­jo­ri­té. Alors, com­ment re­joindre tous ces jeunes si dif­fé­rents les uns des autres, com­ment les ai­der à com­prendre les en­jeux de la so­cié­té et com­ment les mo­ti­ver à vo­ter pour un par­ti qui les re­pré­sente? Ce­ci est cer­tai­ne­ment une pro­blé­ma­tique à la­quelle nos po­li­ti­ciens doivent s’in­té­res­ser s’ils veulent ob­te­nir des votes sup­plé­men­taires de la plus jeune gé­né­ra­tion d’élec­teurs…

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