IN­DIF­FÉ­RENCE FACE AU VOTE FRAN­CO­PHONE

Le Franco - - ÉLECTIONS FÉDÉRALES - DAN­NY JON­CAS

à for­mu­ler une plainte au CRTC contre le dif­fu­seur pu­blic.

D’autre part, im­pos­sible de pas­ser sous si­lence les lettres, les ques­tion­naires et les autres de­mandes qui sont de­meu­rés sans ré­ponse. Dans les cas où un par­ti dai­gnait ré­pondre à une lettre ou à ques­tion­naire en­voyé par un or­ga­nisme re­pré­sen­tant les fran­co­phones hors Qué­bec, les ré­ponses com­por­taient tout sauf des en­ga­ge­ments concrets.

« Pour que le Ca­na­da tire meilleur par­ti de sa dua­li­té lin­guis­tique, il faut qu’il se dote d’une vi­sion d’en­semble et d’un plan di­rec­teur. Le Ca­na­da les a dé­jà eus, mais il ne les a plus », avan­çait, à titre d’exemple, le Par­ti li­bé­ral du Ca­na­da dans une ré­ponse fournie à la Fé­dé­ra­tion cultu­relle ca­na­dienne-fran­çaise (FCCF). Comme en­ga­ge­ment ferme, on re­pas­se­ra.

Des gains né­gli­geables

Si les élec­teurs fran­co­phones se sentent si peu in­ter­pel­lés dans le cadre de la pré­sente campagne élec­to­rale, c’est que les par­tis po­li­tiques abordent leurs en­jeux moins que ja­mais au­pa­ra­vant.

Sans dou­ter de la bonne foi des po­li­ti­ciens dans la course, on peut dé­duire que cette quel­conque in­dif­fé­rence en­vers les dos­siers cru­ciaux pour les fran­co­phones vi­vant en si­tua­tion mi­no­ri­taire est le ré­sul­tat de cal­culs po­li­tiques leur per­met­tant de croire qu’il y a des gains plus consi­dé­rables à réa­li­ser ailleurs. Les stra­tèges po­li­tiques es­timent qu’il vaut mieux mettre da­van­tage d’ef­forts à sé­duire l’élec­to­rat de la grande ré­gion de To­ron­to qu’à sol­li­ci­ter le vote de fran­co­phones ré­par­tis aux quatre coins du pays.

Et on je­tant un coup d’oeil aux sta­tis­tiques sur la langue à l’échelle du pays, on constate que la si­tua­tion ne risque pas de s’amé­lio­rer au cours des pro­chaines cam­pagnes électorales.

Len­te­ment mais sû­re­ment, les Ca­na­diens qui ont le fran­çais comme langue ma­ter­nelle voient leur poids dé­mo­gra­phique di­mi­nuer. Au mi­lieu du XXe siècle, ce groupe consti­tuait près du tiers de l’élec­to­rat. Une tren­taine d’an­nées plus tard, soit au cours des an­nées 1980, c’est le quart de la po­pu­la­tion ca­na­dienne qui avait le fran­çais comme langue ma­ter­nelle. Puis, se­lon les don­nées du re­cen­se­ment de 2011, le groupe en ques­tion ne consti­tue main­te­nant que 21,3 % de l’élec­to­rat.

En On­ta­rio, province la plus po­pu­leuse, on par­lait de 3,88 % de l’élec­to­rat en 2011, com­pa­ra­ti­ve­ment à 5,0 % en 1991, ayant le fran­çais comme langue ma­ter­nelle. Cette ré­duc­tion du poids dé­mo­gra­phique s’ob­serve éga­le­ment au Nou­veau-Bruns­wick, au Ma­ni­to­ba et en Al­ber­ta, entre autres.

Bien en­ten­du, ces don­nées ne tiennent pas compte des gens qui maî­trisent le fran­çais sans pour au­tant avoir la langue de Mo­lière comme langue ma­ter­nelle, mais elles pour­raient en par­tie ex­pli­quer le peu de consi­dé­ra­tion des par­tis en­vers les en­jeux propres aux fran­co­phones de­puis le dé­but de la campagne.

Comme rien ne laisse pré­sa­ger que les chefs de par­ti se met­tront du jour au len­de­main à s’adres­ser aux fran­co­phones, tout in­dique que les or­ga­nismes porte-pa­role de­vront re­dou­bler d’ar­deur afin de pré­sen­ter leurs re­ven­di­ca­tions une fois un gou­ver­ne­ment élu.

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