LA PERTE D’UN COM­PA­GNON

Le Franco - - CHRONIQUE - RÉ­JEAN PAU­LIN

lin­guis­tiques mi­no­ri­taires en ré­dui­sant ses achats de pu­bli­ci­té.

Ce­la dit, il faut voir autre chose qu’une seule source de re­ve­nu dans cette «pu­bli­ci­té». Dans les faits, l’État ne vend pas du sa­von à les­sive, le SUV de l’an­née ou autres biens de consom­ma­tion. Il in­forme le ci­toyen sur ses ser­vices. Or, dans notre pays of­fi­ciel­le­ment bilingue, tous, fran­co­phones comme an­glo­phones, ont droit de sa­voir ce que l’État donne et de­mande.

Ces en­ca­drés payant que l’on nomme «pu­bli­ci­té», sont en fait des blocs d’in­for­ma­tion né­ces­saires dans une dé­mo­cra­tie qui se veut éga­li­taire en per­met­tant à tout un cha­cun de par­ti­ci­per à la vie pu­blique. Et bien sûr, cette in­for­ma­tion doit être dis­po­nible. Hé­las, pour plu­sieurs fran­co­phones, elle l’est moins main­te­nant qu’elle l’était il y a une di­zaine d’an­nées.

Sou­hai­tons que la conclu­sion de l’en­quête du Com­mis­saire aux langues of­fi­cielles condui­ra le fé­dé­ral à re­don­ner aux heb­do­ma­daires cette source de re­ve­nus, et aux ci­toyens l’in­for­ma­tion à la­quelle ils ont droit dans leur langue. Ac­ces­soi­re­ment, ce­la conso­li­de­rait la place du jour­nal im­pri­mé.

Il est vrai que la po­pu­laire ta­blette peut re­pro­duire le conte­nu des jour­naux, mais elle n’a pas de titre sur son écran. Éteinte, elle est ano­nyme. On doit l’al­lu­mer pour al­ler cher­cher son jour­nal vir­tuel. C’est un peu comme si on in­vi­tait de la vi­site.

Le jour­nal, on le prend sur soi, il nous ac­com­pagne, on le dé­ploie de­vant ses amis, (même si ce n’est pas tou­jours très po­li), puis on en dis­cute. C’est une pré­sence et un ani­ma­teur. Il est là, à nos cô­tés, avec sa per­son­na­li­té, comme un com­pa­gnon.

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