Échange avec Ra­chel Not­ley: Fran­co­pho­nie et ave­nir

Avec l’ar­ri­vée des beaux jours, il sem­ble­rait que le temps s’éclair­cisse con­cer­nant la créa­tion d’une po­li­tique sur les ser­vices en fran­çais en Al­ber­ta. La ré­cente ren­contre entre Ra­chel Not­ley et les prin­ci­paux re­pré­sen­tants de l’ACFA pro­vin­ciale s’est d

Le Franco - - LA UNE - | HÉ­LÈNE LEQUITTE Ré­dac­trice en chef Ed­mon­ton

Pour cer­tains, le re­jet de la cause Ca­ron par la Cour su­prême le 20 no­vembre 2015 a été vé­cu comme une fa­ta­li­té. Pour d'autres, il n'en est rien. Au contraire, il in­ci­te­ra la com­mu­nau­té à conti­nuer d'avan­cer ! On peut vrai­ment par­ler alors d'un avant et d'un après la cause Ca­ron. Pour les Fran­co-al­ber­tains, ac­cro­chés pen­dant 12 ans à l'es­poir de voir les choses chan­ger si la cause abou­tis­sait, existe t-il au­jourd'hui une autre ap­proche que le vo­let ju­ri­dique pur et dur ?

À l'époque où la mon­dia­li­sa­tion in­cite les per­sonnes à se dé­pla­cer, par­ler deux langues est un mi­ni­mum, voir une né­ces­si­té dans un en­vi­ron­ne­ment de plus en plus com­pé­ti­tif.

Et si l'ave­nir du fran­çais au Ca­na­da se dé­cli­nait au­tour d'un bilinguisme or­ga­ni­sa­tion­nel, où l'édu­ca­tion de base de chaque Ca­na­dien de­vrait être la maî­trise obli­ga­toire des deux langues, plu­tôt que le vec­teur ré­cur­rent de l'op­po­si­tion à au­trui ?

La com­mu­nau­té fran­co­phone, ha­bi­tuée par le pas­sé à être igno­rée par le pré­cé­dent gou­ver­ne­ment conser­va­teur, voit au­jourd'hui un ca­bi­net pré­sen­tant une sen­si­bi­li­té aus­si bien aux fran­co­phones qu'aux fran­co­philes de la pro­vince.

L'heure est à l'ou­ver­ture et non plus à la peur. Les temps changent, les gens changent et les per­cep­tions aus­si. Se construire avec, et non en op­po­si­tion à, pour­rait être l'op­por­tu­ni­té pour les po­li­ti­ciens ca­na­diens de se réin­ven­ter sur un thème vieux comme le monde.

Le nuage de l'an­cien ré­gime conser­va­teur se trouve pour le mo­ment der­rière nous. Le vent semble souf­fler dans la bonne di­rec­tion, il ne reste plus qu'à gar­der le cap de la Fran­co­pho­nie, mes­sieurs les li­bé­raux. Le bilinguisme or­ga­ni­sa­tion­nel pour­rait être un atout et le ga­rant de la fu­ture élite in­tel­lec­tuelle de l'Al­ber­ta. Ô Ca­na­da !

Ra­chel Not­ley

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