LE NPD TÂTE LE POULS DE LA FRAN­CO­PHO­NIE AL­BER­TAINE

DROITS LIN­GUIS­TIQUES FRAN­CO­PHONES A QUAND UN AVE­NIR DIF­FERENT ?

Le Franco - - NEWS - HÉ­LÈNE LE­QUITTE Ré­dac­trice en chef Ed­mon­ton

LOI SUR LES SER­VICES EN FRAN­ÇAIS, UN CHE­MIN ARDU!

« Comme fran­co­phone de l’Al­ber­ta, j’es­père que vous n’au­rez pas à re­com­men­cer de­puis le dé­but … c’est une dé­ci­sion par­ta­gée tout d’abord … pas una­nime », sou­ligne Fran­çois Cho­quette. Le porte-pa­role du NPD a te­nu à rap­pe­ler que le com­mis­saire aux langues of­fi­cielles Gra­ham Fra­ser s’était dit dé­çu du re­jet de la cause Ca­ron. M.Cho­quette se fait donc un point d’hon­neur de ve­nir en aide aux ju­ristes d’ex­pres­sion fran­çaise. Son pro­jet de loi C203 concer­nant le bi­lin­guisme des juges à la Cour su­prême en at­teste. Se­lon lui, le pro­jet consis­te­rait à « mo­di­fier la no­mi­na­tion des juges à la Cour su­prême afin de s’as­su­rer que ces der­niers soient ca­pables de com­prendre les deux langues of­fi­cielles sans l’aide d’un in­ter­prète », ex­plique-t-il. Un en­jeu d’im­por­tance ca­pi­tale puisque dans une lettre en­voyée le 5 avril der­nier à la mi­nistre de la Jus­tice de l’Al­ber­ta, le fran­co­phone Joey Cou­ture a vu sa de­mande d’au­dience en fran­çais re­je­tée par le tri­bu­nal. Le re­pré­sen­tant de la Cou­ronne s’y était alors clai­re­ment op­po­sé. Pour lui, l’in­jus­tice dans les cours de Jus­tice en ma­tière de droits lin­guis­tiques fran­co­phones de­meure le bât qui blesse la com­mu­nau­té. En ef­fet, le 17 no­vembre, le tri­bu­nal de Red Deer a es­ti­mé que la te­nue d’une au­dience en fran­çais né­ces­si­te­rait le dé­pôt d’une re­quête avant qu’elle ne puisse être en­ten­due. Une dé­marche nul­le­ment exi­gée au­près d’un pu­blic an­glo­phone. M.Cho­quette pré­co­nise clai­re­ment que le gou­ver­ne­ment li­bé­ral s’as­soit avec le gou­ver­ne­ment pro­vin­cial et dis­cute de l’aide à ap­por­ter afin de tra­duire les textes en fran­çais dans les tri­bu­naux.

LA FRAN­CO­PHO­NIE ET SES NOM­BREUX CHAN­TIERS

Lors de son pas­sage dans la ré­gion, M. Cho­quette en a pro­fi­té pour ren­con­trer la di­rec­tion de l’ACFA afin d’en­tendre et d’échan­ger avec les re­pré­sen­tants des prin­ci­paux or­ga­nismes fran­co­phones de la pro­vince. Par­mi les dif­fé­rents dos­siers abor­dés, ce­lui de la pe­tite en­fance et des gar­de­ries, un autre en­jeu de taille pour les fran­co­phones, tiennent la pre­mière place. Se­lon le porte-pa­role, le taux d’as­si­mi­la­tion au­près des jeunes en­fants n’al­lant pas à la gar­de­rie en fran­çais re­pré­sente un risque éle­vé. La san­té, les arts, les mé­dias, les aî­nés, les jeunes, les en­tre­pre­neurs fran­co­phones, les femmes et la jus­tice pré­sentent aus­si des pro­blé­ma­tiques com- plexes qui exigent une pleine re­con­nais­sance de la langue de Mo­lière. M.Cho­quette a te­nu à cette ren­contre en Al­ber­ta, mais s’est aus­si ren­du dans d’autres pro­vinces pour faire un état des lieux de la réa­li­té et des dé­fis des fran­co­phones hors Qué­bec. Si le fran­çais est en si­tua­tion mi­no­ri­taire, il ne s’ins­crit pas non plus à ce titre dans la ca­té­go­rie du mul­ti­cul­tu­ra­lisme des autres langues par­lées au pays car il est l’une des deux langues of­fi­cielles. Le che­min le plus ardu pour les fran­co­phones se­ra cer­tai­ne­ment de réus­sir à chan­ger les men­ta­li­tés dans les pro­chaines an­nées ! Or, avec une pre­mière mi­nistre mon­trant une sym­pa­thie af­fi­chée pour la Fran­co­pho­nie, peut-être que ce dos­sier ver­ra une ou­ver­ture in­es­pé­rée.

Mo­di­fier la no­mi­na­tion des juges à la Cour su­prême afin de s’as­su­rer que ces der­niers soient ca­pables de com­prendre les deux langues of­fi­cielles sans l’aide d’un in­ter­prète...

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