DE GRANDS ES­POIRS POUR L’AL­BER­TA

Pour plu­sieurs ob­ser­va­teurs, l’Al­ber­ta est à la croi­sée des che­mins en ma­tière de dé­ve­lop­pe­ment du­rable. Beau­coup de ses mu­ni­ci­pa­li­tés pré­sentent des in­fra­struc­tures vieillis­santes. Leur rem­pla­ce­ment de­meure une oc­ca­sion à sai­sir pour faire preuve d’in­nov

Le Franco - - NEWS - PAR MAR­TIN BOU­CHARD

C’est du moins ce qu’en pense Da­ny Ro­bi­doux, di­rec­teur d’ÉcoOuest, un or­ga­nisme ayant pour mis­sion d’as­su­rer la crois­sance et la pros­pé­ri­té des mu­ni­ci­pa­li­tés de l’ouest du Ca­na­da grâce à la pla­ni­fi­ca­tion et la mise en oeuvre de l’in­fra­struc­ture de l’éco­no­mie verte. « Le pro­blème se trouve dans la ca­pa­ci­té à mettre en oeuvre les plans de dé­ve­lop­pe­ment du­rable. Il faut que les fonc­tion­naires mu­ni­ci­paux ap­prennent à pen­ser Ou­tisde the box pour mettre en place des sys­tèmes in­no­vants », par­tage-t-il. À son avis, c’est jus­te­ment cette ca­pa­ci­té-là qui fait dé­faut chez la ma­jo­ri­té des mu­ni­ci­pa­li­tés avec les­quelles Eco-Ouest tra­vaille. « Ce sont les res­sources hu­maines qui peuvent per­mettre aux villes de pen­ser autrement et d’avoir la confiance d’agir », in­siste-t-il. Se­lon lui, toutes les villes pos­sèdent dé­sor­mais un plan de dé­ve­lop­pe­ment du­rable. « Les ci­toyens les de­mandent de plus en plus », as­sure Da­ny Ro­bi­doux. Mal­heu­reu­se­ment, comme il le fait sa­voir, les mu­ni­ci­pa­li­tés choi­sissent sou­vent les pro­jets aux plus bas coûts. « C’est dom­mage, car sou­vent les tech­no­lo­gies du­rables coutent plus cher au dé­part, mais durent plus long- temps et rap­portent plus à long terme », ren­ché­rit-il. L’ex­pert donne l’exemple de sys­tèmes de trai­te­ment des eaux usées qui gé­nèrent des re­ve­nus ou en­core de ges­tion proac­tive de sites d’en­fouis­se­ment.

L’AL­BER­TA, UN CANCRE?

Les sables bi­tu­mi­neux viennent cer­tai­ne­ment ter­nir le bul­le­tin de la pro­vince en ce qui a trait au dé­ve­lop­pe­ment du­rable. Ce­la dit, le ta­bleau n’est pas tout noir. « Il y a beau­coup d’in­no­va­tion en Al­ber­ta. Sim­ple­ment en ce qui concerne la ges­tion des dé­chets, l’or­ga­nisme Al­ber­ta In­no­vate vise à abo­lir les sites d’en­fouis­se­ment d’ici 25 ans. On voit alors les dé­chets comme un pro­duit brut que l’on peut dé­ve­lop­per en autre chose. C’est rès avant-gar­diste, car en Sas­kat­che­wan, il y a plus de 700 sites d’en­fouis­se­ment et on es­père ré­duire ce nombre à 400 », se ré­jouit Da­ny Ro­bi­doux. Pour lui, l’Al­ber­ta pré­sente une at­ti­tude très pro­gres­siste par rap­port à la ges­tion des dé­chets.

UNE MI­NISTRE DE L’EN­VI­RON­NE­MENT MO­TI­VÉE

Par ailleurs, l’ar­ri­vée des néoé­mo­crates au pou­voir ap­porte de l’eau au mou­lin des en­vi­ron­ne­men­ta­listes, et c’est la mi­nistre de l'En­vi­ron­ne­ment de l'Al­ber­ta, Shan­non Phil­lips, qui le dit elle-même. « Les an­ciens gou­ver­ne­ments fé­dé­raux et pro­vin­ciaux des conser­va­teurs n’ont pas pris ces su­jets-là au sé­rieux, mais nous avons un nou­veau gou­ver­ne­ment, et notre ap­proche est beau­coup plus col­la­bo­ra­tive avec l’in­dus­trie, les groupes en­vi­ron­ne­men­taux et les so­cié­tés ci­viles pour être lea­ders en ma­tière d’en­vi­ron­ne­ment», sou­tient-elle. La mi­nistre est ce­pen­dant consciente de l’am­pleur de la tâche à abattre. « Nous avons beau­coup de choses à faire en terme de conser­va­tion et de di­ver­si­fi­ca­tion des in­dus­tries vertes », ad­met-elle. En guise d’exemple, elle cite le plan du gou­ver­ne­ment néo-dé­mo­crate pour éli­mi­ner la com­bus­tion du char­bon pour pro­duire l’élec­tri­ci­té, et ce, d’ici 2030. Pour­quoi prendre au­tant de temps pour ré­gler ce dos­sier? « Le même plan du pré­cé­dent gou­ver­ne­ment conser­va­teur était pré­vu pour 2061, ré­pond du tac au tac Mme Phil­lips. Pe­tit à pe­tit, l’Al­ber­ta fait son nid... en­vi­ron­ne­men­tal!

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