LES FRAN­CO­PHONES PRÉ­PARENT LEUR RE­TOUR !

Le Franco - - NEWS - HÉ­LÈNE LE­QUITTE Ré­dac­trice en chef Ed­mon­ton

An­ge­li­na Gionet, di­rec­trice de l’ACFA de Wood Buf­fa­lo, oeuvre afin de pré­pa­rer le ter­rain pour les fran­co­phones exi­lés de Fort McMurray. Une ca­ra­vane avec à son bord l’avo­cat Me Gé­rard Le­vesque est ré­cem­ment par­ti à leur ren­contre, afin de pro­di­guer écoute et conseils. L’après Fort McMurray se pré­pare. Le re­tour n’est pas tou­jours fa­cile, mais la com­mu­nau­té fran­co­phone est loin de bais­ser les bras! Avant la tra­gé­die de ce gi­gan­tesque in­cen­die, An­gé­li­na Gionet ex­plique que pas moins de 14 000 fran­co­phones vi­vaient en moyenne à Fort McMurray. « Beau­coup ne sont pas en­core re­ve­nus, parce que plu­sieurs at­tendent d’avoir de l’in­for­ma­tion avant de re­ve­nir ». La ques­tion qui re­vient souvent est : est-ce qu’un ser­vice de gar­de­rie fran­co­phone est ac­tuel­le­ment ou­vert ? Un fac­teur qui s’avère dé­ci­sif pour le re­tour des fran­co­phones dans la ré­gion. « La gar­de­rie fran­co­phone a contri­bué gran­de­ment à l’épa­nouis­se­ment des fa­milles ici, à leur ins­tal­la­tion et aus­si à leur ré­ten­tion », sou­ligne la di­rec­trice de l’ACFA de Wood Buf­fa­lo. Ne pos­sé­dant plus d’es­pace phy­sique pour se réunir, c’est sur une ini­tia­tive de Me Gé­rard Le­vesque qu’une ca­ra­vane iti­né­rante a pris la route le 22 juin. Le but prin­ci­pal : ré­pondre aux be­soins des fran­co­phones de Fort McMurray.

Mo­bi­li­sa­tion pour les fran­co­phones

« J’ai ap­por­té mon sceau au cas où cer­tains au­raient des do­cu­ments à faire no­ta­rier ou une dé­cla­ra­tion à faire as­ser­men­ter pour les as­su­rances », ex­plique l’avo­cat. Les re­quêtes sont mul­tiples, les be­soins va­riés, une sé­rie de ren­contres a dé­jà été pla­ni­fiée. Cette ca­ra­vane per­met de fa­vo­ri­ser les échanges, de par­ta­ger de l’in­for­ma­tion no­tam­ment pour trou­ver un em­ploi. Maitre Le­vesque voit l’op­por­tu­ni­té de faire d’une pierre deux coups. Cette dé­marche marque un geste po­li­tique, celle de si­gna­ler la pré­sence et les be­soins de fran­co­phones dans la ré­gion.

Bi­lan

Pour l’école Bo­réale, la si­tua­tion reste sta­tion­naire. Elle n’a pas en­tiè­re­ment bru­lé, mais a connu d’im­por­tants dom­mages. La mu­ni­ci­pa­li­té est ac­tuel­le­ment à pied d’oeuvre afin d’es­ti­mer son ni­veau de sé­cu­ri­té. « L’école ne rou­vri­ra pas en sep­tembre, ça a été confir­mé », rap­porte la di­rec­trice de Wood Buf­fa­lo. Mis à part l’as­pect ma­té­riel, l’as­pect hu­main n’est pas à né­gli­ger. L’in­ter­ven­tion de pro­fes­sion­nels de la san­té men­tale est donc pré­vue. Ils ap­por­te­ront leurs ser­vices afin d’ou­tiller les fran­co­phones dé­si­reux d’ob­te­nir un sou­tien et un sui­vi psy­cho­lo­gique. L’im­pact émo­tion­nel est im­mense et a créé des sé­quelles psy­cho­lo­giques. « Beau­coup de gens me disent, quand ils rentrent dans Fort McMurray, que la même émo­tion s’ins­talle, ça va prendre du temps à gué­rir », re­late Mme Gionet. Un sen­ti­ment que la di­rec­trice de Wood Buf­fa­lo connait bien, puisque sa mai­son a en­tiè­re­ment dis­pa­ru lors de l’in­cen­die.

Une re­cons­truc­tion dif­fi­cile

« Per­son­nel­le­ment, on a trou­vé un nou­veau lo­ge­ment par l’in­ter­mé­diaire de mon pré­sident, dans un pe­tit ap­par­te­ment qui ap­par­te­nait à des amis, jus­qu’à ce que le loyer soit aug­men­té de 500$ par mois », ra­conte-t-elle un rien cho­quée. Son pré­cé­dent lo­ge­ment était trois fois plus grand que ce­lui-ci. Cette aug­men­ta­tion in­jus­ti­fiée des loyers tranche bru­ta­le­ment avec la chaine et l’es­prit de so­li­da­ri­té lar­ge­ment dé­ployés du­rant ces der­nières se­maines. Si les as­su­rances vont cou­vrir une grande par­tie des pertes, Mme Gionet dé­plore que cer­taines per­sonnes tirent avan­tage de la si­tua­tion au dé­tri­ment de nom­breuses fa­milles. « Ce chan­tage, c’est à prendre ou à lais­ser et dé­cou­rage le re­tour de ces fa­milles », dé­nonce-t-elle. Un nu­mé­ro est d’ailleurs mis à la dis­po­si­tion des par­ti­cu­liers, pour vé­ri­fier si à par­tir du 30 avril, une aug­men­ta­tion des loyers a eu lieu sur les nou­veaux lo­ge­ments. Dans un cas de crise comme ce­lui que connait Fort McMurray, « la de­mande est forte, l’offre moins, c’est tou­jours ce qui l’em­porte», sou­ligne An­gé­li­na. Le pro­chain dé­fi se­ra de trou­ver un es­pace pour une gar­de­rie. Mme Ca­role Thé­berge, di­rec­trice ré­gio­nale pour Ser­vices Res­sources Hu­maines Al­ber­ta, est prête à ap­por­ter son aide. Des vé­ri­fi­ca­tions sont en cours pour trou­ver des es­paces éven­tuels pour le be­soin en gar­de­rie. Al­ber­ta Work pour­rait of­frir de l’es­pace pour les bu­reaux de l’ACFA dans le cou­rant de l’an­née. La si­tua­tion en est en­core au stade des né­go­cia­tions, mais l’in­ten­tion y est ! La com­mu­nau­té fran­co­phone de Wood Buf­fa­lo est ré­si­liente, tout comme à l’image de sa chef de file, Mme An­ge­li­na Gionet. Alors, ac­cro­chez-vous Wood Buf­fa­lo !

« BEAU­COUP DE GENS ME DISENT, QUAND ILS RENTRENT DANS FORT MCMURRAY, QUE LA MÊME ÉMO­TION S’INS­TALLE, ÇA VA PRENDRE DU TEMPS À GUÉ­RIR » — AN­GÉ­LI­NA GIONET

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An­gé­li­naGio­net,di­rec­tri­ce­del'ACFA­deWoodBuf­fa­lo

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