DES AMBASSADRICES EMBALLÉES

Le Franco - - FRANCOPHONIE - PAR MAR­TIN BOUCHARD

Le Fo­rum na­tio­nal des jeunes am­bas­sa­deurs a pris fin le 26 août der­nier, à To­ron­to. Les par­ti­ci­pantes de l’Al­ber­ta ont sem­blé ra­vies de leur sé­jour dans la Ville-Reine, et à les en­tendre, elles de­vien­dront sans au­cun doute de fières ambassadrices du bi­lin­guisme au pays. La par­ti­ci­pante Celeste Lovlin, de Sher­wood Park, ne ta­rit pas d’éloges en­vers le Fo­rum. Se­lon ses dires, l’évè­ne­ment tape dans le mile. « Je n’au­rais ja­mais pen­sé avoir au­tant de plai­sir. Je pen­sais que je se­rais sim­ple­ment as­sise dans une classe, mais ce n’est pas du tout ça. On fait des ac­ti­vi­tés très en­ga­geantes », di­telle. In­ter­viewée au dé­but du Fo­rum, Cé­leste af­firme avoir sen­ti un dé­clic. « Je veux m’en­ga­ger au­près des écoles d’im­mer­sion fran­çaise pour faire avan­cer cette langue au­près des étu­diants. Beau­coup de jeunes dé­laissent le fran­çais après la 12e an­née. Je veux qu’ils conti­nuent et qu’ils réa­lisent qu’il y a beau­coup d’op­por­tu­ni­tés si ils per­sé­vèrent », pense la jeune am­bas­sa­drice. Elle-même a été convain­cue lors du Fo­rum. « Je vais conti­nuer mes études post-se­con­daires en fran­çais, en bu­si­ness au Campus SaintJean», an­nonce-t-elle. Une autre par­ti­ci­pante de Calgary, Ma­ria Fer­nan­da Ruiz, est éga­le­ment eu­pho­rique quant à son sé­jour à To­ron­to. « J’en ai ap­pris beau­coup sur le bi­lin­guisme, mais sur­tout, j’ai ap­pris qu’il n’y a pas tant de dif­fé­rence entre le fait d’être fran­co­phone et ce­lui d’être fran­co­phile », es­time-t-elle. La jeune femme af­firme avoir beau­coup de pro­jets en tête afin de rem­plir son rôle d’am­bas­sa­drice. « D’abord, j’ai­me­rais faire des pré­sen­ta­tions à mon école. Et j’ai­me­rais com­men­cer un jour­nal étu­diant en fran­çais », com­mu­nique celle qui écrit dé­jà en an­glais pour le jour­nal es­tu­dian­tin de son éta­blis­se­ment sco­laire. « Comme ce­la coûte cher d’im­pri­mer, tout se­ra en ligne. On pour­ra par­ta­ger des chan­sons en fran­çais. De cette fa­çon, ceux qui ne peuvent pas lire le fran­çais pour­ront quand même dé­cou­vrir la cul­ture fran­co­phone », es­père Ma­ria. La prin­ci­pale in­té­res­sée n’hé­site pas à dire que sa par­ti­ci­pa­tion à ce fo­rum est la meilleure chose qui lui soit ar­ri­vée de­puis long­temps.

La cul­ture fran­co­phone : un vec­teur

Aux dires des ambassadrices, la cul­ture fran­co­phone de­meure mé­con­nue des étu­diants en im­mer­sion fran­çaise. « Pour moi, le fran­çais, c’était par­ler avec ma grand-mère. Mais je réa­lise qu’il y a tel­le­ment de musique et de chan­sons en fran­çais, et beau­coup de cul­ture. Je veux conti­nuer à la dé­cou­vrir et à la par­ta­ger dans ma classe et dans mon école », par­tage Celeste Lovlin. De son cô­té, So­nia Du­chesne, ori­gi­naire d’Edmonton, a été am­bas­sa­drice l’an­née der­nière, à Monc­ton. « Ce qui m’a mar­quée, c’est les gens d’im­mer­sion. J’ai pu consta­ter leurs dif­fi­cul­tés, ce qui fait que je connecte plus fa­ci­le­ment avec les per­sonnes qui ap­prennent une nou­velle langue. Je sais qu’ap­prendre dans une école d’im­mer­sion, ce n’est pas né­ces­sai­re­ment évident », ad­met-elle. À son re­tour du Fo­rum, So­nia a te­nu à par­ta­ger son ex­pé­rience en pu­bliant un ar­ticle pour Le Fran­co. Elle a aus­si fait du bé­né­vo­lat pour les fo­rums des jeunes am­bas­sa­deurs lo­caux d’Edmonton et de Calgary. « Je re­com­mande à tous de de­ve­nir jeunes am­bas­sa­deurs. J’ai ado­ré mon ex­pé­rience et je parle en­core aux jeunes que j’ai ren­con­trés là­bas», ter­mine-t-elle.

Ani­ma­teurs en­ga­gés

De son cô­té, Éric Dou­cet a été trois fois plu­tôt qu’une ani­ma­teur lors du Fo­rum. Le jeune homme en parle avec ad­mi­ra­tion. « C’est un des meilleurs évè­ne­ments de jeu­nesse fran­co­phone et de créa­tion iden­ti­taire. Ça a beau­coup chan­gé mes per­cep­tions par rap­port aux étu­diants en im­mer­sion et les dé­fis qu’ils ont a re­le­vés », concède-t-il. De plus, Éric Dou­cet dit avoir ap­pré­cié le fait de cô­toyer ces jeunes. « Ils et elles sont la crème de la crème au ni­veau na­tio­nal. Ce sont des gens en­ga­gés, et de les voir conti­nuer leurs pro­jets à l’uni­ver­si­té ou au tra­vail, c’est in­croyable », ju­get-il. Un des buts avoués du Fo­rum est de créer l’étin­celle chez les jeunes, et de les convaincre de pour­suivre leurs études en fran­çais. Se­lon Éric Dou­cet, le Fo­rum at­teint sa cible. « Ce n’est pas tous qui par­ti­cipent, mais il y en a au moins la moi­tié qui de­viennent vrai­ment en­ga­gés dans la com­mu­nau­té. Des étu­diants d’im­mer­sion siègent sur des CA d’or­ga­nismes jeu­nesse par­tout au pays, et sou­vent, ils ne sa­vaient pas qu’ils en avaient la ca­pa­ci­té. Main­te­nant, ils sont des pre­neurs de dé­ci­sions », ter­mine-t-il.

« JE VEUX M’EN­GA­GER AU­PRÈS DES ÉCOLES D’IM­MER­SION FRAN­ÇAISE POUR FAIRE AVAN­CER CETTE LANGUE AU­PRÈS DES ÉTU­DIANTS » — CELESTE LOVLIN

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