LES PRÉ­JU­GÉS AS­SO­CIÉS À L'OBÉ­SI­TÉ

Le Franco - - EDMONTON -

(EN) Après des an­nées à suivre des ré­gimes yo-yo, à se ju­ger du­re­ment et à res­sen­tir de la honte, Aman­da en a eu as­sez. Ayant com­men­cé à éprou­ver des dif­fi­cul­tés avec son poids à l'ado­les­cence, elle avait pas­sé toute sa ving­taine à es­sayer di­vers ré­gimes, à s'abon­ner aux meilleurs ré­gimes et à en­ga­ger des en­traî­neurs per­son­nels. « Je com­men­ce­rai lun­di » était de­ve­nu la de­vise de sa vie en quelque sorte. Aman­da a res­sen­ti en­fin un peu de sou­la­ge­ment en ren­con­trant le Dr Sean Whar­ton, spé­cia­liste de la mé­de­cine in­terne qui se consacre prin­ci­pa- le­ment à la prise en charge de l'obé­si­té à la Whar­ton Me­di­cal Cli­nic de To­ron­to. « Le Dr Whar­ton m'a ex­pli­qué que les rai­sons qui font que j'ai au­tant de dif­fi­cul­té à perdre du poids sont d'ori­gine phy­sio­lo­gique », a sou­li­gné Aman­da. « J'ai été sou­la­gée d'ap­prendre qu'il y a une cause qui ex­plique pour­quoi tout le tra­vail et l'ef­fort que j'ai in­ves­ti dans la perte du poids semblent, bien sou­vent, n'avoir rien don­né. » Même si Aman­da et le Dr Whar­ton ont éla­bo­ré un plan de trai­te­ment pour la prise en charge de son obé­si­té, un trouble main­te­nant consi­dé­ré comme une ma­la­die ch­ro­nique par l'As­so­cia­tion mé­di­cale ca­na­dienne, ses amis et ses proches ont en­core du mal à com­prendre. « Ils m'en­voient sou­vent de l'in­for­ma­tion sur de nou­veaux cours de condi­tion­ne­ment phy­sique, ou ils me de­mandent POINTS SAILLANTS si je veux prendre une sa­lade, comme si j'étais in­ca­pable de faire des choix santé quand je mange au res­tau­rant », a ex­pli­qué Aman­da. Elle pour­suit: « Leurs fa­çons de me mon­trer leur sou­tien me donnent l'im­pres­sion qu'ils m'ai­me­raient da­van­tage si j'étais plus mince. Je suis bien dans ma tête et dans mon corps; j'ai­me­rais seule­ment que les per­sonnes au­tour de moi pensent comme moi. » Un son­dage Lé­ger a ré­vé­lé que 86 % des Ca­na­diens pensent que l'obé­si­té est la prin­ci­pale con­sé­quence de choix per­son­nels en ma­tière d'ac­ti­vi­té phy­sique et d'ap­port ali­men­taire. Le son­dage in­di­quait éga­le­ment que 55 % des Ca­na­diens pensent que les per­sonnes at­teintes d'obé­si­té manquent d'autodiscipline. De tels pré­ju­gés sont loin de la vé­ri­té, car les re­cherches me­nées sur l'obé­si­té ont per­mis de dé­ter­mi­ner un cer­tain nombre de fac­teurs de risques dont la gé­né­tique, l'ac­ti­vi­té phy­sique, le ré­gime ali­men­taire, le sta­tut so­cio-éco­no­mique, l'ori­gine eth­nique, l'im­mi­gra­tion et les fac­teurs en­vi­ron­ne­men­taux. Si vous êtes aux prises avec l'obé­si­té, com­mu­ni­quez avec votre mé­de­cin pour dis­cu­ter d'un plan de trai­te­ment in­di­vi­duel of­frant des stra­té­gies réa­listes et du­rables en ma­tière de perte et de ges­tion du poids à long terme.

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