« LE FRAN­ÇAIS, 2E LANGUE GLO­BALE »

Le Franco - - FRANCOPHONIE -

Les uni­lingues an­glo­phones ap­prennent de moins en moins une deuxième langue. De­vant ce constat, dans une édi­tion du pres­ti­gieux magazine The Eco­no­mist, le jour­na­liste Ro­bert Lane Green in­vite ses lec­teurs an­glo­phones à ap­prendre le fran­çais. Se­lon lui, il s’agit de la deuxième langue glo­bale, ni plus ni moins. Re­joint à Londres, M. Green a pré­ci­sé sa pen­sée.

« Quand les gens pensent à ap­prendre une deuxième langue, ils cherchent à sa­voir quel pays est puis­sant, quelle langue se­ra utile à leur car­rière, etc. », com­mence le fran­co­phile Ro­bert Lane Green. Or, pour lui, si quel­qu’un parle dé­jà an­glais et qu’il sou­haite ap­prendre une autre langue, le fran­çais est tout in­di­qué. « Après l’an­glais, c’est la langue qui couvre la plus grande par­tie du globe, et de loin. » Pour prou­ver son point, il uti­lise le cé­lèbre jeu dans le­quel un globe ter­restre tourne, et un pro­ta­go­niste l’ar­rête en poin­tant un lieu avec son doigt. « En ex­cluant la Rus­sie et les océans, on a une grande chance de poin­ter un pays où le fran­çais est par­lé », ar­gu­mente-t-il. « L’Afrique, cer­tains pays du Moyen-Orient, l’Eu­rope, le Ca­na­da et le Qué­bec, cer­taines par­ties de l’Asie du Sud-Est, les Ca­raïbes…, le fran­çais est par­tout, c’est une langue glo­bale. » Le fran­çais, une langue co­ol ? Ce­la dit, pour Ro­bert Lane Green, l’in­fluence du fran­çais dans le monde est en dé­clin. « En Grande-Bre­tagne, il était au­tre­fois consi­dé­ré très pres­ti­gieux d’ap­prendre le fran­çais, de même qu’aux États-Unis. Les gens édu­qués de­vaient par­ler un mi­ni­mum de fran­çais », ex­plique-t-il. Se­lon lui, cette réa­li­té a chan­gé, peut- être parce que l’in­fluence de la France elle-même est en dé­clin de­puis quelques an­nées. « Il y a cette idée que le fran­çais n’est pas très utile. Mon ar­ticle tente de cor­ri­ger le tir. Même si la France est dans un dé­clin re­la­tif, elle de­meure un pays in­fluent », juge-t-il. De plus, se­lon ses dires, l’in­fluence du fran­çais ne concerne plus seule­ment la France. « L’in­fluence du fran­çais concerne tous ces gens de par­tout dans le monde qui ne sont pas Fran­çais d’ori­gine, mais pour qui la langue de Mo­lière est la langue ma­ter­nelle ou la langue se­conde », in­siste-t-il. Quels sont ses ar­gu­ments de vente pour convaincre un uni­lingue an­glo­phone d’ap­prendre le fran­çais? D’abord, la pré­sence de cette langue à tra­vers les conti­nents. « Mon deuxième ar­gu­ment concerne la culture fran­co­phone si riche : la lit­té­ra­ture, les arts, la mu­sique, les films, etc. Mais cet ar­gu­ment de­meure très sub­jec­tif », dé­crit M. Green. Ce­la dit, le jour­na­liste de­meure clair sur un point. « Si tu ne parles au­cune langue, évi­dem­ment, je te conseille­rais d’ap­prendre l’an­glais. C’est la langue qui ouvre le plus de portes, et ce, par­tout dans le monde. »

- RO­BERT LANE GREEN

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