VOI­CI MON ÉCHAUF­FE­MENT D’AVANT-MATCH

Le Franco - - ANNONCES ET SERVICES - MA­RIO GI­GUÈRE

La Coupe du monde de ho­ckey 2016 au­ra lieu du 17 sep­tembre au 1 oc­tobre, tan­dis que la sai­son ré­gu­lière 2016-2017 de la Ligue na­tio­nale de ho­ckey (LNH) dé­bu­te­ra le mar­di 12 oc­tobre. Votre cher Rai­sin inau­gure cette nouvelle sai­son de ho­ckey en par­ta­geant quelques pen­sées avant ces pre­mières mises-au­jeu.

Ouff, la pé­riode hors sai­son était loin d’être une pé­riode morte. L’at­ta­quant Tay­lor Hall, an­cien­ne­ment des Oi­lers, a été échan­gé pour le jeune dé­fen­seur Adam Lars­son. Les Flames ont com­plè­te­ment dé­blayé leurs gar­diens de but pour em­bau­cher les nou­veaux-ve­nus Brian El­liott et Chad John­son. Si les Jets re­pré­sen­taient l’équipe la plus lourde du cir­cuit, bien, ils le sont main­te­nant en­core plus. J’ana­ly­se­rai ces points dans les pro­chaines édi­tions de mon échauf­fe­ment d’avant­match. Pour l’ins­tant, j’ai­me­rais pré­sen­ter ma pers­pec­tive sur l’échange la plus fra­cas­sante de l’été. Celle qui a vu le cha­ris­ma­tique dé­fen­seur P. K. Sub­ban (des Ca­na­diens) prendre le che­min pour Na­shJoyce ville en re­tour de l’im­po­sant Shea We­ber. Tout d’abord, quel échange! On a de quoi pour gas­piller de la sa­live ou, dans mon cas, pour faire cou­leur de l’encre. Même pour des an­nées de temps. Chez cer­tains par­ti­sans des Glo­rieux, la tran­sac­tion était très dif­fi­cile à ava­ler. Spé­cia­le­ment si l’on se fie aux sta­tis­tiques fines. À cin­q­contre-cinq, le Tri­co­lore vient de perdre le meilleur dé­fen­seur de la ligue pour gé­né­rer des oc­ca­sions de mar­quer. Nul autre peut fa­bri­quer au­tant de jeux par mi­nute lors­qu’il pos­sède la ron­delle. Sub­ban était aus­si le meilleur trans­por­teur du disque de son club. Si le Bleu Blanc Rouge se van­tait de sa force sur le jeu de tran­si­tion entre la zone dé­fen­sive et la zone ad­verse, il vient de perdre son vé­ri­table spé­cia­liste. Par contre, en tant qu’équipe, le Ca­na­dien per­met­tait un pour­cen­tage éle­vé de chances de mar­quer dans la zone la plus dan­ge­reuse de l’en­clave. Avec Ca­rey Price (un des meilleurs gar­diens de but au monde) de­vant la cage, ce n’est pas né­ces­sai­re­ment un pro­blème. On peut at­tendre de lui un pour­cen­tage d’ar­rêt su­pé­rieur à 80 % dans cet en­droit. Rap­pe­lons-nous que Price a subi deux bles­sures l’an pas­sé (un à l’aine et l’autre au ge­nou) et qu’il n’a joué que 12 matchs. Ses rem­pla­çants n’ont pas été à la hau­teur pour blo­quer ces genres de tirs : 79,92 % pour Mike Con­don, 64,71 % pour Dus­tin To­kars­ki et 75,38 % pour Ben Scri­vens. Donc, même si le Tri­co­lore était ex­cellent au ni­veau de la pos­ses­sion de la ron­delle (6e rang pour le Cor­si-pour par 60 mi­nutes), ils ont tou­te­fois ra­té les sé­ries éli­mi­na­toires en ter­mi­nant au sixième rang de leur di­vi­sion et au 13e rang de leur confé­rence. Je crois que c’est prin­ci­pa­le­ment pour adres­ser cette fai­blesse que le Ca­na­dien s’est in­té­res­sé aux ser­vices de Shea We­ber. Ils ont be­soin d’un dé­fen­seur in­ti­mi­dant pour li­bé­rer l’en­clave du gar­dien. Me­suJer­sey, rant 1,93 m et pe­sant 107 kg, le ro­buste We­ber va cer­tai­ne­ment mieux pro­té­ger Price contre les at­ta­quants ad­verses. Non seu­le­ment pour pré­ve­nir les bles­sures, mais pour ac­cor­der moins de chances dan­ge­reuses à l’ad­ver­saire. Ce n’est pas fa­cile de me­su­rer la ca­pa­ci­té d’un dé­fen­seur à li­bé­rer l’es­pace bleu de son gar­dien, mais cer­tains at­ta­quants de la di­vi­sion Cen­trale en té­moignent pu­bli­que­ment. Le jour de l’échange, Jo­na­than Toews des Black­hawks a re­mer­cié We­ber sur Twit­ter pour avoir chan­gé d’adresse. We­ber ré­pond à une autre la­cune chez le Ca­na­dien : l’at­taque mas­sive. Mon­tréal se clas­sait au 25e rang l’an pas­sé avec un taux d’ef­fi­ca­ci­té de 16,2 %, tan­dis que We­ber a me­né les Pre­da­tors au 10e rang avec 19,7 %. We­ber a marqué 14 buts en sur­nombre, ce qui fut le sommet chez tous les pa­ti­neurs. Kirk Mul­ler, le nou­vel en­traî­neur as­so­cié en charge du jeu de puis­sance, doit se ré­jouir de la fou­droyante « gar­notte » de ce dé­fen­seur. De­puis les trois der­nières sai­sons, We­ber a me­né la ligue pour la pré­ci­sion de son tir. Sa puis­sance est ex­trê­me­ment me­na­çante aus­si. Son lan­cer-frap­pé a at­teint 174,6 km/h au match des étoiles de 2015. En somme, je crois que la tran­sac­tion est lo­gique au court terme. Si l’état-ma­jor du Ca­na­dien mise sur une pré­sence en fi­nale de la coupe Stan­ley, ils le fe­ront en en­tou­rant son meilleur joueur, Ca­rey Price, qui est au sommet de sa forme. Au long terme, ils vont perdre un grand atout, car Sub­ban est plus jeune que We­ber par presque quatre ans et comme les sta­tis­tiques le dé­montrent, ses ex­ploits n’ont pas fi­ni de croître. L’an­cien di­rec­teur gé­né­ral Serge Sa­vard l’a d’ailleurs consta­té : « ce genre de dé­fen­seur est d’une den­rée rare. »

SHEA WE­BER ET P. K. SUB­BAN AU CONCOURS DES HABILETÉS DU MATCH DES ÉTOILES 2016 À NA­SH­VILLE.

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