LE GREENSHIP : UNE INI­TIA­TIVE VERTE

Certes, les mai­sons tra­di­tion­nelles ré­pondent aux be­soins im­mé­diats de la so­cié­té. Pous­sant la ré­flexion à un autre ni­veau, l'or­ga­nisme As­pen Centre lance un pro­jet unique dans la pro­vince de l'Al­ber­ta. Avec le Greenship, l'or­ga­nisme in­tro­duit une mai­son

Le Franco - - FRANCOPHONIE - Alexan­dra de Moor Jour­na­liste Le Fran­co

L'idée de ce pro­jet a émer­gé en dé­cembre 2015, et elle s’est ma­té­ria­li­sée dès le prin­temps qui a sui­vi. « C'est mon dé­sir de construire un bâ­ti­ment qui soit com­plè­te­ment en har­mo­nie avec la terre qui m'a pous­sée à re­joindre l'équipe du Greenship », se sou­vient Laryssa Toroshenko, di­rec­trice du pro­jet. Comme elle l’ex­plique, la mai­son est construite se­lon une mul­ti­tude de pro­cé­dés éco­lo­giques qui ont pour ef­fet de la rendre au­to­suf­fi­sante.

QU'EST-CE QUE ÇA MANGE EN HI­VER, UN GREENSHIP ?

« Des pneus, entre autres!», ré­pond Mme Toroshenko. Elle pré­cise que ce ma­té­riel consti­tue, non seule­ment les fon­da­tions et les murs du bâ­ti­ment, mais qu'avant tout, il sert de masse ther­mique. Rem­plis de terre com­pres­sée, les pneus ont ef­fec­ti­ve­ment la ca­pa­ci­té de re­te­nir la cha­leur ou la fraî­cheur, puis à la lais­ser s'échap­per au mo­ment op­por­tun. Outre cette pro­prié­té, le choix des pneus pour la construc­tion d'une mai­son sou­lève un avan­tage consi­dé­rable : sa sim­pli­ci­té d'uti­li­sa­tion. «Nul be­soin d'une for­ma­tion ou d'un cours quel­conque. Il suf­fit d'une ou deux fois de pra­tique, et n'im­porte qui est ca­pable de rem­plir un pneu avec de la terre. », ren­ché­ri la pas­sion­née d'éco­ha­bi­ta­tion.

Fait par­ti­cu­lier, presque l'in­té­gra­li­té des ma­té­riaux uti­li­sés est soit re­cy­clée ou a fait l’ob­jet d’un don. Pour Laryssa et le reste de l'équipe, il s'agit d'une par­tie im­por­tante du Greenship qui ren­force son as­pect in­no­vant. BIEN­FAITS EN­VI­RON­NE­MEN­TAUX

De l’avis des ex­perts, les mai­sons du­rables re­pré­sentent sans doute un pas de plus vers le pro­grès, puis­qu'elles ne né­ces­sitent au­cune aide ex­té­rieure pour fonc­tion­ner. Entre autres, elles col­lectent leur propre eau, chauffent en hi­ver, cli­ma­tisent en été et uti­lisent l'éner­gie so­laire pour tous les be­soins en élec­tri­ci­té.

« Les mai­sons du­rables pré­sentent un vec­teur de de lon­gé­vi­té ex­trême et per­mettent de vivre de fa­çon plus har­mo­nieuse avec l'en­vi­ron­ne­ment», sou­tient Mme Toroshenko avec convic­tion. Cette der­nière pense que si cette fa­çon de faire de­vient un jour la norme, le plus dif­fi­cile se­ra pour la po­pu­la­tion de sai­sir l'énor­mi­té de la dif­fé­rence entre une mai­son tra­di­tion­nelle et une mai­son « verte ».

« Il fau­dra que les gens prennent conscience que la fa­çon dont on construit les mai­sons de­puis des dé­cen­nies n'est pas idéale pour la pla­nète, et qu'il existe une al­ter­na­tive du­rable », in­siste-t-elle.

DES BÉ­NÉ­VOLES EN­GA­GÉS

De nom­breuses per­sonnes sont en­ga­gées dans l’en­tre­prise. Do­ri La­vy, le chef de construc­tion, est en quelque sorte le cer­veau de l'opé­ra­tion. En plus de l'équipe de base, un vaste bas­sin de bé­né­voles par­ti­cipent ac­ti­ve­ment à la construc­tion du Greenship. « Il y a des per­sonnes qui ont étu­dié avec nous, des membres du As­pen Centre et aus­si des gens qui n'ont ja­mais fait ce type de construc­tion par le pas­sé », ob­serve Mme Toroshenko. Se­lon elle, tout le monde est in­vi­té à prê­ter main forte au chan­tier.

Chaque mer­cre­di soir et toutes les fins de se­maines, des bé­né­voles re­joignent l'équipe sur le site, qui se si­tue à 40 mi­nutes à l'Ouest d'Edmonton, pour par­ti­ci­per à la construc­tion. « Et ce n'est pas tou­jours les mêmes per­sonnes », pré­cise la di­rec­trice du pro­jet. Comme elle le fait sa­voir, pour cette an­née, le tra­vail est presque ter­mi­né. « Ce­pen­dant, dès que la neige fon­dra au prin­temps, la construc­tion re­pren­dra de plus belle », men­tionne-t-elle

Par ailleurs, l'or­ga­nisme As­pen Centre n'en est pas à son pre­mier pro­jet. Une va­rié­té d'autres bâ­ti­ments lui doive sa construc­tion, dont mai­son à éner­gie po­si­tive, un pa­villon, une mi­cro-mai­son.Se­lon Mme To­ro­shen­to, tout laisse à croire que la col­lec­ti­vi­té d’Edmonton se dé­place tran­quille­ment vers un monde plus vert - du moins c'est ce qu'elle sou­haite. « Les ci­toyens com­mencent à re­con­naître que ce n'est pas juste une phase, que ce n'est pas quelque chose qui a été po­pu­laire pour un temps et qui va dis­pa­raître en­suite », concluet-elle.

Veuillez contac­ter [email protected] as­pen­centre.org pour sa­voir de quelle fa­çon vous pou­vez vous par­ti­ci­per au pro­jet.

Pour toute autre in­for­ma­tion : http://www.as­pen­centre.org/ greenship/

« C'EST MON DÉ­SIR DE CONSTRUIRE UN B­TI­MENT QUI SOIT COM­PLÈ­TE­MENT EN HAR­MO­NIE AVEC LA TERRE QUI M'A POUS­SÉE À RE­JOINDRE L'ÉQUIPE DU GREENSHIP »

- LARYSSA TOROSHENKO

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