REN­CONTRE AVEC PA­TRI­CIA LORTIE

Le Franco - - CALGARY - Alexan­dra de Moor Jour­na­liste Le Fran­co

Ju­me­lant le réa­lisme et l'abs­trait, Pa­tri­cia Lortie, une ar­tiste ori­gi­naire du Qué­bec offre un style tout à fait unique de pein­tures et de sculp­tures. L'ar­tiste en art vi­suel, ins­tal­lée à Cal­ga­ry de­puis 21 ans, par­tage sa source d'ins­pi­ra­tion et ouvre la porte sur son pro­ces­sus créa­tif.

« Per­son­nel­le­ment, je ne connais per­sonne d'autre qui peigne de cette fa­çon-là», com­mence la pas­sion­née d'art. Son style tend de plus en plus vers l'abs­trait, mais les su­jets, eux, sont bel et bien réa­listes. La con­jonc­tion entre les formes, les cou­leurs et les thèmes rendent, se­lon elle, l'in­ter­pré­ta­tion de l'oeuvre très per­son­nelle pour cha­cun. Mme Lortie croit qu'en tant qu'ar­tiste, il est im­por­tant de trou­ver sa propre voix. « Ren­trer dans un moule qui existe dé­jà, m'ac­com­mo­der à un style po­pu­laire, ça ne m'in­té­resse au­cu­ne­ment », ex­plique-t-elle.

Si cer­tains peintres pro­duisent de ma­nière très spon­ta­née, l'ar­tiste de Cal­ga­ry se dé­fi­nit plu­tôt comme or­ga­ni­sée. « Je pla­ni­fie beau­coup mon des­sin, mes mou­ve­ments, mais tout ça reste li­mi­té. C'est-à-dire qu'une fois que mon cro­quis est fait, lorsque vient le temps d'ajou­ter les formes et les cou­leurs tout au­tour, je cesse de pla­ni­fier et je me laisse gui­der par la toile, pré­cise Mme Lortie, il s'agit là de la par­tie plus abs­traite de mon oeuvre. »

Son ori­gi­na­li­té se trans­pose aus­si dans une autre forme d'art. Mal­gré que la sculp­ture ait long­temps fait par­tie de sa vie, l'ar­tiste vi­suelle a com­men­cé à vendre ses créa­tions de­puis peu. Il y a en­vi­ron cinq ans, lors­qu'elle a tran­si­té vers son nou­veau style de toiles, elle a eu l'idée de les ac­com­pa­gner d'une série de sculp­tures as­sor­ties.

MÈRE NA­TURE, UNE MUSE HORS PAIR

Lorsque Mme Lortie a com­men­cé à peindre, elle ne dé­si­rait pas illus­trer des pay­sages. « Je trou­vais ce style trop cou­rant, ça ne m'in­ter­pel­lait pas tout sim­ple­ment », ajoute-telle. Ce­pen­dant, réa­li­sant que la re­pro­duc­tion était es­sen­tielle à l'ap­pren­tis­sage, elle dut ten­ter l'ex­pé­rience. « Puisque je pas­sais beau­coup de temps en na­ture, les pay­sages im­pré­gnaient énor­mé­ment mon uni­vers vi­suel. Alors j'ai fi­na­le­ment pris plai­sir à les re­pro­duire et j'ai fait ce­la pen­dant près de 10 ans ». L'ar­tiste dit re­trou­ver une tran­quilli­té si­mi­laire dans le tra­vail ar­tis­tique et dans la pré­sence en na­ture, un sen­ti­ment de connec­ti­vi­té qui est dif­fi­cile de res­sen­tir ailleurs. « Lorsque l'on va prendre une marche en na­ture, on avance et on se laisse gui­der par la route de­vant nous. C'est un peu la même chose en pein­ture, la toile dé­cide où elle veut al­ler et l'ar­tiste suit ce che­min », pense-t-elle.

ENTRE MOU­VE­MENTS ET FU­SION

Par le pro­ces­sus de pein­ture, Mme Lortie a am­ple­ment tra­vaillé sur son soi in­té­rieur. Étant un pro­ces­sus tranquille et mé­di­ta­tif pour elle, la pein­ture et le si­lence qui l'ac­com­pagne lui ont ou­vert la porte sur une com­pré­hen­sion du monde plus pro­fonde. « Ma grande ré­vé­la­tion fut que non seule­ment nous sommes tous connec­tés les uns aux autres, mais nous sommes aus­si in­sé­pa­rables de notre en­vi­ron­ne­ment. Tout nous in­fluence, et nous avons une in­fluence sur tout », réa­lise-t-elle.

C'est ain­si qu'il est de­ve­nu im­por­tant pour la peintre de re­pré­sen­ter vi­suel­le­ment cette connexion à tra­vers ses oeuvres. « Lorsque je tra­vaille les cou­leurs et les mou­ve­ments dans mes toiles, je m'as­sure que tout soit re­lié et que l'on ne puisse pas iso­ler les dif­fé­rents élé­ments du ta­bleau », com­plète-t-elle.

ET POUR LA SUITE ?

Pour les an­nées sub­sé­quentes, tout en conti­nuant la pein­ture et la sculp­ture, la pas­sion­née d'arts vi­suels ex­plore une autre branche ar­tis­tique : l'art pu­blic. Elle tra­vaille d'ailleurs pré­sen­te­ment, en col­la­bo­ra­tion avec une ar­tiste d'Ot­ta­wa, sur un pro­jet pour la ca­serne de pom­piers de Cal­ga­ry. « Nous al­lons faire une mu­rale dé­cou­pée en alu­mi­nium. Cette par­tie-là de mon tra­vail est toute ré­cente pour moi, donc je n'ai pas en­core dé­fi­ni mon style, mais j'y tra­vaille », se ré­jouit-elle.

Im­pli­quée dans la com­mu­nau­té fran­co­phone de sa ville d'ac­cueil, Pa­tri­cia Lortie a sié­gé 7 ans au con­seil ad­mi­nis­tra­tif du Re­grou­pe­ment ar­tis­tique fran­co­phone de l'Al­ber­ta et fait ac­tuel­le­ment par­tie du con­seil du Centre d'arts vi­suels de l'Al­ber­ta.

Vous pou­vez dé­cou­vrir ses créa­tions sur son site in­ter­net ain­si que la suivre sur sa page Fa­ce­book pour plus d'in­for­ma­tion. Soyez à l'af­fût, elle ou­vri­ra dès dé­cembre sa propre bou­tique en ligne !

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