AU-DE­LÀ DE L’ÂGE ET DES IDÉES PRÉCONÇUES

Le Franco - - ÉDITORIAL - PAR JEAN-ÉTIENNE SHEEHY

« Les gens me di­saient que “C’est beau que la jeu­nesse s’im­plique.” J’ai une ex­pé­rience sou­te­nue, mais on n’a pas par­lé de mes idées pour l’ACFO ni de mon ba­gage, mais plu­tôt de l’ar­ri­vée d’une re­lève. Il faut al­ler au-de­là de l’idée com­mune du jeune qui s’im­plique. »

Du­puis, éga­le­ment di­rec­teur gé­né­ral du Re­grou­pe­ment étu­diant fran­co-on­ta­rien (RÉFO), af­firme que la place des jeunes au sein des or­ga­nismes de re­pré­sen­ta­tion passe par un dé­sir concret de re­pré­sen­ter toutes les fa­cettes de la com­mu­nau­té fran­co­phone, au-de­là des cri­tères cultu­rels, dé­mo­gra­phiques et éco­no­miques.

« Chaque or­ga­nisme est res­pon­sable de cette in­tros­pec­tion, afin de re­pré­sen­ter glo­ba­le­ment la po­pu­la­tion fran­co­phone sur son conseil d’ad­mi­nis­tra­tion. »

Alec Bou­dreau, an­cien pré­sident de la Fé­dé­ra­tion des jeunes fran­co­phones du Nou­veau-Bruns­wick (FJFNB) et de la Fé­dé­ra­tion de la jeu­nesse ca­na­dienne-fran­çaise (FJFC), de­meure mi­ti­gé quant à l’exis­tence d’une re­lève au sein des or­ga­nismes de re­pré­sen­ta­tion.

« La re­lève est là, mais elle ne siège pas sur les con­seils d’ad­mi­nis­tra­tion. »

Bou­dreau croit que ces or­ga­nismes de re­pré­sen­ta­tion ne cherchent pas à in­clure la pers­pec­tive des jeunes. «Nous sommes plu­tôt re­lé­gués à re­pré­sen­ter la jeu­nesse plu­tôt qu’à être un membre égal comme tout le monde. »

Si ce­la a fa­vo­ri­sé la créa­tion d’or­ga­nismes jeu­nesse au ni­veau pro­vin­cial et na­tio­nal, où les membres ont l’oc­ca­sion de dé­ve­lop­per leurs ap­ti­tudes au sein du mi­lieu communautaire, l’abon­dance de groupes ne contri­bue pas né­ces­sai­re­ment à l’uni­fi­ca­tion des voix fran­co­phones.

« L’idéal est d’avoir une grosse voix forte et c’est pour ce­la que les or­ga­nismes doivent vou­loir évo­luer, ex­plique Alain Du­puis. C’est à eux de s’im­pli­quer et s’ils ne le font pas, on ne peut pas blâ­mer une po­pu­la­tion sous-re­pré­sen­tée de ne pas vou­loir se joindre à la grosse barque. »

Les or­ga­nismes jeu­nesse servent tou­te­fois de trem­plin afin d’in­ci­ter des gens comme Du­puis et Bou­dreau à pour­suivre leur par­ti­ci­pa­tion ac­tive au ni­veau communautaire.

« Ça m’a per­mis de com­prendre comment re­pré­sen­ter des membres, donc de­ve­nir porte-pa­role d’un groupe, » avance Du­puis.

DE JEUNE À ADULTE : UN TROU

Bou­dreau trouve un autre avan­tage à l’exis­tence d’or­ga­nismes jeu­nesse : par leur na­ture même, ceux-ci créent une al­ter­na­tive aux autres or­ga­nismes de re­pré­sen­ta­tion, où les gens peuvent sié­ger au sein de con­seils d’ad­mi­nis­tra­tion, par­fois pour plu­sieurs dé­cen­nies.

« Il y a peu de chances que je re­tourne à un or­ga­nisme jeu­nesse. Un autre groupe de jeunes va ve­nir me rem­pla­cer» ex­plique Bou­dreau.

Ces or­ga­nismes re­nou­vellent constam­ment leurs con­seils d’ad­mi­nis­tra­tion et pos­sèdent une banque de fu­turs can­di­dats aux autres or­ga­nismes, mais Bou­dreau croit qu’ils ne partent pas à la re­cherche des fi­nis­sants de la Fé­dé­ra­tion des jeunes fran­co­phones du Nou­veau-Bruns­wick et autres fé­dé­ra­tions jeu­nesse de ce monde.

« C’est in­ti­mi­dant, à moins que t’ar­rives là en tant que re­pré­sen­tant jeu­nesse à tra­vers un or­ga­nisme jeu­nesse. Il y a très peu de jeunes qui se trouvent dans des po­si­tions de di­rec­tion dans ces or­ga­nismes. L’ex­cep­tion no­table, c’est la So­cié­té Na­tio­nale de l’Aca­die où y’a sou­vent beau­coup de jeunes, comme Xa­vier Lord-Gi­roux à la vice-pré­si­dence. »

Le dé­but du man­dat d’Alain Du­puis à l’As­so­cia­tion des com­mu­nau­tés fran­co­phones d’Ot­ta­wa sert d’exemple à la place de la re­lève au sein des or­ga­nismes com­mu­nau­taires, mais se­lon lui, il fau­dra al­ler au-de­là de l’âge afin de fa­vo­ri­ser une plus grande in­clu­sion de tous. « J’ai une vi­sion pour notre com­mu­nau­té et une vi­sion de choses que je veux amé­lio­rer. Il ne faut pas que la re­pré­sen­ta­tion de la jeu­nesse soit un élé­ment à rayer d’une liste. »

«CHAQUE OR­GA­NISME EST RES­PON­SABLE DE CETTE IN­TROS­PEC­TION, AFIN DE RE­PRÉ­SEN­TER GLO­BA­LE­MENT LA PO­PU­LA­TION FRAN­CO­PHONE SUR SON CONSEIL D’AD­MI­NIS­TRA­TION»

- ALAIN DU­PUIS

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