LETTRE OU­VERTE AUX CONSEILLERS CA­THO­LIQUES DU CSCN

Le Franco - - EDMONTON -

Comme an­cien conseiller du CSCN je ne com­prends pas ce be­soin pres­sant qu'ont les conseillers ac­tuels à se pré­ci­pi­ter pour chan­ger de fa­çon ma­jeure notre mo­dèle de gou­ver­nance. Après un pre­mier échec, ces conseillers se re­lancent, contre la vo­lon­té de plu­sieurs pa­rents. Cette ques­tion n'avait ja­mais été sou­le­vée lors de la der­nière élec­tion. La consul­ta­tion pro­po­sée n'est qu'une tac­tique pour for­cer un chan­ge­ment im­por­tant sans un man­dat lé­gi­time. On pour­ra tou­jours re­mettre en ques­tion la va­leur des ré­sul­tats de cette consul­ta­tion.

Pré­sen­te­ment, le nombre de conseillers ca­tho­liques et pu­blics est éta­bli par un re­cen­se­ment ré­gu­lier de la confes­sion­na­li­té des élec­teurs. La for­mule fonc­tionne et à mon avis est la plus juste. Le mo­dèle 4:4 di­lue la va­leur du vote des pa­rents ca­tho­liques pour au­cune bonne rai­son.

Si un jour, comme vous le pré­ten­dez, le nombre de pa­rents pu­blics dé­passe le nombre de pa­rents ca­tho­liques, la pro­por­tion pour­ra être chan­gée. Mais pour­quoi for­cer ce chan­ge­ment avant? De de­man­der aux pa­rents ca­tho­liques de di­mi­nuer main­te­nant la va­leur de leur vote est une ab­sur­di­té.

Cette ques­tion du nou­veau mo­dèle de gou­ver­nance n'a ja­mais été dis­cu­tée lors de la der­nière élec­tion. Au­cun des conseillers ca­tho­liques n’ont été man­da­tés de sou­le­ver cette ques­tion, en­core moins d'ap­puyer le mo­dèle 4:4. De pous­ser pour ce chan­ge­ment sans man­dat est un abus du pou­voir.

Vous per­dez beau­coup de temps à dé­battre une ques­tion trop exi­geante et com­plexe. Même si on vou­lait chan­ger la for­mule, on au­rait à de­man­der un chan­ge­ment à la loi sco­laire et ré­pondre sans doute à une contes­ta­tion ju­di­ciaire. Bonne chance! Nous n'avons pas les res­sources ni le temps à perdre sur ces dé­bats in­utiles, in­ter­mi­nables et épui­sants.

Votre rôle comme conseillers est d'as­su­rer la bonne ges­tion de nos écoles. Il ne manque cer­tai­ne­ment pas de tra­vail. Avec le nombre gran­dis­sant d'élèves fran­co­phones, l'ou­ver­ture de nou­velles écoles, dans un contexte d'aus­té­ri­té et de com­pres­sions bud­gé­taires, je pense que vous avez as­sez de pain sur la planche. Gé­rez plu­tôt nos écoles, et lais­sez ces grands dé­bats dé­ci­sifs pour ceux qui en au­ront l'ap­pé­tit et la convic­tion lors des élec­tions.

De toute fa­çon la meilleure consul­ta­tion c'est au cou­rant d'une élec­tion. Si un can­di­dat ca­tho­lique veut vrai­ment se pré­sen­ter lors de la pro­chaine élec­tion en pro­po­sant le mo­dèle 4:4, il ou elle au­ra à convaincre les élec­teurs ca­tho­liques le mé­rite de sa po­si­tion. Per­son­nel­le­ment, je vo­te­rai pour le can­di­dat qui vou­dra gar­der le mé­ca­nisme ac­tuel et qui se concen­tre­ra sur la bonne ges­tion du conseil et de ses res­sources pour rendre la meilleure édu­ca­tion à tous nos élèves.

Sin­cè­re­ment, De­nis Vincent

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