UN JOUR DE LA FA­MILLE CA­NA­DIEN?

Le Franco - - LA UNE - PAR LU­CAS PILLERI (FRANCOPRESSE)

Dans plu­sieurs pro­vinces ca­na­diennes, le Jour de la Fa­mille est cé­lé­bré le 20 fé­vrier cette an­née. Un mo­ment idéal pour se re­trou­ver avec les siens au­tour d’ac­ti­vi­tés en fa­mille : sor­ties, re­pas, patinage, ski, loi­sirs créa­tifs, ci­né­ma... Un jour fé­rié bien ap­pré­ciable en plein coeur de l’hi­ver, mais pas cé­lé­bré dans toutes les pro­vinces.

L’Al­ber­ta fut la pre­mière pro­vince à ins­tau­rer le Jour de la Fa­mille en 1990. Le but était alors d’ho­no­rer les va­leurs de la fa­mille, chères aux pion­niers qui fon­dèrent la ré­gion. Vint en­suite le tour de plu­sieurs autres pro­vinces. En 2007, la Sas­kat­che­wan l’adop­ta, imi­tée cette même an­née par le Ma­ni­to­ba qui l’in­ti­tu­la Jour de Louis Riel, du nom du chef de file mé­tis, fon­da­teur de la pro­vince. Puis l’On­ta­rio leur em­boî­ta le pas en 2008, sui­vi un an plus tard par l’Île-duP­rince-Édouard, sous le nom de Fête des In­su­laires. En­fin, plus ré­cem­ment, la Co­lom­bie-Bri­tan­nique l’ap­pli­qua en 2013, et la Nou­velle-Écosse, quant à elle, l’éta­blit en tant que Jour­née du Pa­tri­moine en 2015.

Toutes l’ont ins­tau­ré le troi­sième lun­di de fé­vrier, à l’ex­cep­tion de la Co­lom­bie-Bri­tan­nique qui le ré­serve pour le deuxième lun­di du mois, en ac­cord avec les ré­sul­tats d’une consul­ta­tion pu­blique.

La lo­gique der­rière l’amé­na­ge­ment de ce jour fé­rié était un peu dif­fé­rente de celle des ori­gines : il s’agis­sait sur­tout de don­ner un jour de trêve entre le Jour de l’An et Pâques, deux pé­riodes de re­pos es­pa­cées de trois longs mois d’hi­ver. Par ailleurs, il consti­tuait sou­vent un ar­gu­ment élec­to­ral des par­tis po­li­tiques en cam­pagne aux élec­tions provinciales.

UN JOUR CHÔ­MÉ SUP­PLÉ­MEN­TAIRE CONTES­TÉ PAR CER­TAINS

Le Jour de la Fa­mille n’est pas un jour fé­rié fé­dé­ral. Ses fonc­tion­naires n’y ont donc pas droit. Une si­tua­tion qui en ex­clut donc plus d’un. La plu­part des écoles sont fer­mées, les trans­ports en com­mun cir­culent se­lon des ho­raires ré­duits et les ser­vices pu­blics tels que la poste, eux, res­tent ou­verts.

Aus­si et sur­tout, des em­ployeurs jugent son im­pact sur l’éco­no­mie né­faste : tout jour fé­rié se­rait nui­sible à la pro­duc­ti­vi­té des en­tre­prises et ra­len­ti­rait la crois­sance. Cer­tains rap­ports es­timent qu’un jour fé­rié coûte plus de 200 dol­lars par tra­vailleur à temps plein et près de 60 dol­lars par tra­vailleur à temps par­tiel. Dé­jà dans les an­nées 1990, le Jour de la Fa­mille avait été mal re­çu par les en­tre­pre­neurs qui le per­ce­vaient comme une charge sup­plé­men­taire pour leurs af­faires. Au­jourd’hui en­core, le poids des cri­tiques freine le reste des pro­vinces à l’adop­ter.

DES BÉ­NÉ­FICES POUR­TANT INDÉNIABLES

Mal­gré tout, beau­coup s’ac­cordent à dire que le Jour de la Fa­mille est bé­né­fique à l’éco­no­mie. C’est l’idée que les em­ployés qui re­viennent de congé tra­vaillent en­core plus fort à leur re­tour. Of­frir aux Ca­na­diens une pause au mi­lieu de l’hi­ver contri­bue­rait ain­si à une vie plus saine et fa­vo­ri­se­rait l’éco­no­mie de fa­çon glo­bale. Le ca­bi­net d’au­dit Ernst & Young a no­tam­ment ob­ser­vé que les em­ployés qui prennent le plus de va­cances sont les plus per­for­mants.

D’autre part, un jour fé­rié a tou­jours ten­dance à sti­mu­ler les sec­teurs du tou­risme, du di­ver­tis­se­ment et des loi­sirs. Un point non né­gli­geable au vu des sommes dé­bour­sées par les Ca­na­diens pen­dant les fins de se­maine de trois jours.

Pour ou contre, le Jour de la Fa­mille offre donc un re­pos bien mé­ri­té en plein coeur de l’hi­ver. À sa­voir si elle se­ra un jour har­mo­ni­sée au pa­lier fé­dé­ral, la ques­tion peut être sou­le­vée.

Le jour de la fa­mille, un mo­ment idéal pour pro­fi­ter des joies de l'hi­ver et de re­trou­ver au­tours d'ac­ti­vi­tés. Une jour­née ce­pen­dant contes­tée. Pho­to: ©iS­tock­pho­to.com/Ca­the­rine Yeu­let

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