SA­VOIR GÉ­RER UN OSBL : ÇA S’AP­PREND !

Le Franco - - SERVICES - PAR AN­DRÉ MA­GNY (FRANCOPRESSE)

Le rou­le­ment de per­son­nel, les dé­fis liés au manque de fi­nan­ce­ment et des di­ri­geants et em­ployés qui ne connaissent pas ou ne res­pectent pas les rôles et les res­pon­sa­bi­li­tés d'un con­seil d'ad­mi­nis­tra­tion, les contraintes pour gé­rer un or­ga­nisme sans but lu­cra­tif, ça ne manque pas ! Par­fois, un cours 101 sur la ges­tion d’un OSBL est de mise.

Pour Ma­rie-Claude Rioux, di­rec­trice gé­né­rale de la Fé­dé­ra­tion aca­dienne de la Nou­vel­leÉ­cosse, le fait de di­ri­ger un OSBL fran­co­phone au Ca­na­da est aus­si un dé­fi sup­plé­men­taire. « L'en­ga­ge­ment au sein des OSBL en mi­lieu mi­no­ri­taire s'ef­fec­tue avec la pleine conscience d'oeu­vrer pour la survie, le dé­ve­lop­pe­ment et l'épa­nouis­se­ment de cette com­mu­nau­té. Cette di­men­sion de survie de la langue et de la cul­ture, in­trin­sèque au mou­ve­ment as­so­cia­tif dans les si­tua­tions mi­no­ri­taires, n'existe pas au Qué­bec. »

D’où l’im­por­tance d’al­ler cher­cher de l’aide soit au­près du gou­ver­ne­ment, soit au­près de spé­cia­listes de la ges­tion d’OSBL. Pour Mme Rioux, le gou­ver­ne­ment fé­dé­ral peut être un atout non né­gli­geable. « Par exemple des prêts de ser­vice-stages lin­guis­tiques per­mettent aux OSBL, qui manquent de res­sources hu­maines, de bé­né­fi­cier des com­pé­tences d'em­ployés gou­ver­ne­men­taux tout en leur per­met­tant de per­fec­tion­ner leur langue se­conde dans un mi­lieu de tra­vail fran­co­phone. »

Des ex­perts comme Jean-Paul Ga­gné, an­cien ré­dac­teur en chef du jour­nal Les Af­faires, et Da­niel La­pointe, ges­tion­naire pen­dant 30 ans d’OSBL comme Ka­ti­ma­vik, se sont aus­si pen­chés sur la ques­tion. Ils en ont même fait un livre, Amé­lio­rez la gou­ver­nance de votre OSBL, pa­ru il y a un an aux Édi­tions Trans­con­ti­nen­tal.

« C’est l’ou­vrage le plus contem­po­rain en ma­tière de gou­ver­nance », af­firme sans am­bages Da­niel La­pointe. Peut-être, mais la gou­ver­nance des OSBL a-t-elle à ce point chan­ger qu’il faille lui consa­crer un bou­quin ? « Au cours des 15 der­nières an­nées, ab­so­lu­ment. »

Et qu’est-ce qui se­rait avant-gar­diste comme gou­ver­nance ? M. La­pointe donne deux exemples. La créa­tion de co­mi­tés au sein des conseils d’ad­mi­nis­tra­tion et la sé­pa­ra­tion des rôles. Dans le pre­mier cas, il trouve que c’est sage pour un CA d’avoir l’avis de per­sonnes spé­cia­li­sées dans di­vers do­maines tels les au­dits, for­mant ain­si des co­mi­tés par­ti­cu­liè­re­ment ef­fi­caces dans leur champ de com­pé­tence. Quant au se­cond exemple, le char­gé de cours aux HEC est d’avis que la sé­pa­ra­tion des rôles au sein du CA est sa­lu­taire – un PDG ne pour­rait être pré­sident de son CA. Il y a ain­si une vé­ri­table im­pu­ta­bi­li­té en cas de pé­pin.

Pour en sa­voir plus sur la ques­tion, le Centre de la fran­co­pho­nie des Amé­riques or­ga­nise une table ronde, le 1er mars 2017 à 12 h (HE) dans le cadre de l’Ago­ra vir­tuelle pour l’en­tre­pre­neur des Amé­riques. Le thème de la gou­ver­nance se­ra donc abor­dé lors de cette ren­contre avec MM. Ga­gné et La­pointe. Pour l’oc­ca­sion, les deux au­teurs se­ront ac­com­pa­gnés de Mme Rioux et de Gilles Le­Vas­seur, avo­cat et pro­fes­seur en droit de l’On­ta­rio. L’Ago­ra vir­tuelle pour l’en­tre­pre­neur des Amé­riques se­ra trans­mise en di­rect sur la page Fa­ce­book du Centre. Elle peut aus­si être vi­sion­née en dif­fé­ré adns l’Ago­ra vir­tuelle du site web du Centre.

« L'EN­GA­GE­MENT AU SEIN DES OSBL EN MI­LIEU MI­NO­RI­TAIRE S'EF­FEC­TUE AVEC LA PLEINE CONSCIENCE D'OEU­VRER POUR LA SURVIE, LE DÉ­VE­LOP­PE­MENT ET L'ÉPA­NOUIS­SE­MENT DE CETTE COM­MU­NAU­TÉ »

- MA­RIE-CLAUDE RIOUX

Les au­teurs Jean-Paul Ga­gné et Da­niel La­pointe se sont pen­chés sur la ques­tion de la gou­ver­nance d'or­ga­nismes sans but lu­cra­tif dans l’ou­vrage Amé­lio­rez la gou­ver­nance de votre OSBL.

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