DES BALUCHONNEUSES EN ALBERTA ?

Le Franco - - FRANCOPHONIE - HÉ­LÈNE LEQUITTE Ré­dac­trice en chef Le Fran­co

La di­rec­trice de l’as­so­cia­tion Ba­lu­chon Alzheimer, Guy­laine Mar­tin, était de pas­sage en Alberta du 15 au 17 mars. Son ex­per­tise dans le dos­sier sur l’ap­pui aux per­sonnes aidantes re­pré­sente un ap­port es­sen­tiel pour la po­pu­la­tion fran­co-al­ber­taine. Cette ini­tia­tive est aus­si por­tée par Alberta Health ser­vices, Alzheimer So­cie­ty of Alberta, le Ré­seau san­té Al­ber­tain, la Coa­li­tion des femmes de l’Alberta et le Cam­pus SaintJean.

Si l’as­so­cia­tion Ba­lu­chon Alzheimer est dé­jà connue au Qué­bec, elle l’est ce­pen­dant moins dans l’Ouest ca­na­dien. C’est par l’en­tre­mise de la Fé­dé­ra­tion des aî­nés fran­co-al­ber­tains (FAFA) que Mme Mar­tin a pu ve­nir en Alberta. Avant son ar­ri­vée, elle avait fait un bref sé­jour en Sas­kat­che­wan, grâce à la contri­bu­tion de la Fé­dé­ra­tion des Aî­nés Fran­sas­kois (FAF). C’est dans cet es­prit de col­la­bo­ra­tion que les deux or­ga­nismes ont pu en ap­prendre plus sur le pro­gramme et les ser­vices de l’as­so­cia­tion. Au­jourd’hui, l’as­so­cia­tion existe de­puis 1999. “Le concept consiste à ap­por­ter du ré­pit aux ai­dants de la ma­la­die d’Alzheimer de 4 à 14 jours”, ex­plique la di­rec­trice.“La po­pu­la­tion fran­co­phone vieillit très ra­pi­de­ment”, constate de son cô­té le di­rec­teur de la FAFA, Yan­nick Frey­chet. Comme le rap­pelle la di­rec­trice, la ma­la­die d’Alzheimer est une ma­la­die neu­ro­dé­gé­né­ra­tive. Le quo­ti­dien peut de­ve­nir un che­min de croix pour les ai­dants. Bien sou­vent ce sont des membres de la fa­mille qui se chargent de gé­rer le quo­ti­dien et de don­ner les soins né­ces­saires. Se­lon Sta­tis­tiques Ca­na­da, en 2012 on es­ti­mait que plus de 8 mil­lions de Ca­na­diens four­nis­saient des soins à un ami ou à un proche ayant un pro­blème de san­té chronique ou une in­ca­pa­ci­té. Dans ces cir­cons­tances, un peu d’aide est tou­jours la bien­ve­nue.

LA FAI­SA­BI­LI­TÉ DU PRO­JET

Une étude a per­mis d’éta­blir que le coût moyen de ces ser­vices re­pré­sente en­vi­ron 300 dollars par jour afin de bé­né­fi­cier des ser­vices d’une ba­lu­chon­neuse. Ces tra­vailleuses ont en moyenne 61 ans, sont à la re­traite et ont dé­jà tra­vaillé dans le mi­lieu hos­pi­ta­lier. Une for­ma­tion de 35 heures est néan­moins obli­ga­toire. Le Qué­bec compte 25 baluchonneuses pro­fes­sion­nelles qui par­courent ac­tuel­le­ment la pro­vince. C’est le ré­seau pu­blic en san­té qui re­com­mande quels pa­tients au­ront droit à ce ser­vice. Ba­lu­chon Alzheimer a dé­jà of­fert plus de 19 000 jours de ba­lu­chon­nage au Qué­bec, ce qui re­pré­sente 472 800 heures de ré­pit-ac­com­pa­gne­ment à do­mi­cile, dont tout près de 2 000 jours en 2016-2017. L’as­so­cia­tion est pour le mo­ment fi­nan­cée à 70% par le gou­ver­ne­ment de la pro­vince et le reste pro­vient de dons ou de mé­cé­nat. Si la fai­sa­bi­li­té d’un tel pro­jet en Alberta est en­core en cours de dis­cus­sion, les be­soins sont bel et bien là.

Guy­laine Mar­tin, di­rec­trice de l'as­so­cia­tion Ba­lu­chon Alzheimer, ac­com­pa­gnée de Yan­nick Frey­chet, di­rec­teur gé­né­ral de la FAFA.

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