LE DY­NA­MISME UNIQUE DE COM­MU­NAU­TÉS DE L’OUEST EX­PLI­QUÉ

Le Franco - - FRANCOPHONIE - PAR JEAN-PIERRE DU­BÉ (FRANCOPRESSE)

Les don­nées du re­cen­se­ment de 2016 montrent que le Ca­na­da compte plus de 35 mil­lions d’ha­bi­tants. Se­lon Sta­tis­tique Ca­na­da, les pro­vinces de l’Ouest étaient les seules à af­fi­cher des taux de crois­sance su­pé­rieurs à la moyenne na­tio­nale. Francopresse s’est in­té­res­sée à la si­tua­tion de trois lieux dy­na­miques des Prai­ries où s’épa­nouissent des com­mu­nau­tés fran­co­phones.

Les chiffres pu­bliés en fé­vrier dé­montrent que près d’un tiers des Ca­na­diens vivent dans l’Ouest du pays, soit la pro­por­tion la plus éle­vée jus­qu’à pré­sent. La Co­lom­bie-Bri­tan­nique a connu la plus forte crois­sance (13,2 %), sui­vie de l’Alberta (11,6 %), du Ma­ni­to­ba (3,6 %) et de la Sas­kat­che­wan (3,1 %).

Se­lon le di­rec­teur de la Fé­dé­ra­tion des Fran­co­phones de Saskatoon, Éric Le­fol, la ville a connu en cinq ans un es­sor de 10,9 % dé­clen­ché par l’ex­trac­tion des res­sources. « Les po­li­tiques éco­no­miques ont at­ti­ré la re­cherche pé­tro­lière et mi­nière. Le taux de chô­mage a bais­sé au plus bas du pays, le dé­ve­lop­pe­ment de ser­vices et la construc­tion de mai­sons ont aug­men­té. »

La po­pu­la­tion fran­co­phone ur­baine a pro­gres­sé aux dé­pens du ru­ral, note-t-il. « Entre 25 et 35 villages où vivent des fran­co­phones sont en dé­crois­sance. Il reste les per­sonnes âgées. Les jeunes viennent en ville pour les écoles, les ser­vices et le tra­vail. »

L’im­mi­gra­tion au­rait éga­le­ment contri­bué à une hausse de la po­pu­la­tion. Le di­rec­teur es­time que les quelque 17000 fran­co­phones et fran­co­philes de Saskatoon sont ré­par­tis en trois tiers : les fa­milles de plu­sieurs gé­né­ra­tions, les ar­ri­vants d’autres pro­vinces et les immigrants, sur­tout d’Afrique.

La si­tua­tion dif­fère dans la Mu­ni­ci­pa­li­té ru­rale de La Broquerie (MB) où la crois­sance de 16,9 % de­puis 2011 a été en­gen­drée par une in­dus­trie d’éle­vage qui sé­duit des mil­liers d’immigrants eu­ro­péens. Il s’agit sur­tout de grandes fa­milles d’ori­gine al­le­mande et russe avec beau­coup d’en­fants, d’après le conseiller Ivan Nor­man­deau.

« On a main­te­nant une troi­sième école, al­le­mande, en plus des écoles fran­çaise et an­glaise. Aus­si beau­coup de jeunes fa­milles re­viennent à leur vil­lage na­tal. Le dé­ve­lop­pe­ment ru­ral est très fort, avec des lots de deux acres et des grandes mai­sons. » La moyenne d’âge est de 27 ans. En­vi­ron 50 % des vil­la­geois se­raient fran­co­phones. Dans la mu­ni­ci­pa­li­té, leur pré­sence s’élè­ve­rait à 20 %.

Si l’éco­no­mie est dy­na­mique, une bonne part du cré­dit re­vient à l’en­tre­prise lo­cale HyLife, pro­duc­trice et ex­por­ta­trice de viande de porc à l’échelle glo­bale. « La moi­tié du per­son­nel d’en­vi­ron 1000 tra­vaille au bu­reau cen­tral et dans les étables dans la mu­ni­ci­pa­li­té. » La Mu­ni­ci­pa­li­té ru­rale de Beau­mont (AB) fonde sa crois­sance de 31 % sur son em­pla­ce­ment idéal. Elle est si­tuée près d’Ed­mon­ton, de l’aé­ro­port, des centres d’em­ploi et in­dus­triels, ex­plique le maire Ca­mille Bé­ru­bé. « On a la qua­li­té de vie d’une pe­tite com­mu­nau­té et on a ac­cès aux ser­vices de la ville. »

La ré­gion au taux de cri­mi­na­li­té faible se­rait ac­cueillante de la di­ver­si­té cultu­relle. « Les gens qui se connaissent s’ap­puient », sou­ligne le maire, qui est re­con­nu dans la fran­co­pho­nie pour sa pro­mo­tion du bi­lin­guisme. Beau­mont est membre du Ré­seau des villes fran­co­phone et fran­co­phile d’Amé­rique.

En­vi­ron 15 % des ré­si­dants sont fran­co­phones d’ori­gine, pré­cise Ca­mille Bé­ru­bé. « Le pour­cen­tage a di­mi­nué avec la hausse de la po­pu­la­tion, mais le nombre de gens qui parlent fran­çais a aug­men­té avec l’ar­ri­vée de fran­co­phones qui viennent d’ailleurs au Ca­na­da et de l’Afrique. On a une école d’im­mer­sion, une nou­velle école fran­çaise avec une gar­de­rie. »

Les don­nées du Re­cen­se­ment sur la langue se­ront pu­bliées en août pro­chain.

Saskatoon man­que­rait conti­nuel­le­ment d’en­sei­gnants bi­lingues en rai­son de la po­pu­la­ri­té crois­sante de l’im­mer­sion fran­çaise. Dans la pho­to, les Fran­sas­kois ac­cueillent la po­pu­la­tion lors du FolkFest an­nuel. (Pho­to : Fé­dé­ra­tion des Fran­co­phones de...

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