LE CAN­CER A SES RAI­SONS QUE LA RAI­SON NE CONNAÎT PAS

Le can­cer est la ma­la­die du siècle ! Cette phrase est de­ve­nue au fil du temps une maxime connue, que les gens se plaisent à ré­pé­ter comme un slo­gan de pu­bli­ci­té trop sou­vent ci­té. Si l’es­pé­rance de vie a en gé­né­ral aug­men­té, le fléau du can­cer laisse do­ré

Le Franco - - ÉDITORIAL - HÉLÈNE LEQUITTE Ré­dac­trice en chef Le Fran­co

La So­cié­té ca­na­dienne de lutte contre le can­cer ex­plique que tous les types de can­cer prennent nais­sance dans nos cel­lules. Le can­cer pour ré­su­mer de fa­çon très sché­ma­tique, consiste à voir nos cel­lules se dé­ve­lop­per et se di­vi­ser d’une ma­nière désor­don­née. Plus des cel­lules dites anor­males se dé­ve­loppent et se di­visent, plus elles risquent de for­mer une masse ap­pe­lée tu­meur. Doi­ton y voir une fa­ta­li­té ou bien la ré­ponse à un mode vie de­ve­nu plus ra­pide, plus stres­sant, plus ren­table, en dé­fi­ni­tive chan­gé ? De­puis le dé­ve­lop­pe­ment de l'ère in­dus­trielle et ren­du au­jourd’hui à l'ère du nu­mé­rique, l’hu­main a mo­di­fié consi­dé­ra­ble­ment son mode de vie au nom du pro­grès. La culture de la consom­ma­tion est presque une voie de non-re­tour. La té­lé­vi­sion, le cel­lu­laire, les per­tur­ba­teurs en­do­cri­niens dans la nour­ri­ture, les OGM, la su­rin­dus­tria­li­sa­tion font par­tie de notre quo­ti­dien. Au­tant de fac­teurs per­tur­ba­teurs qui in­ter­fèrent avec nos cel­lules. La vé­ri­té ne se cache ja­mais très loin. Nous payons pour le dé­ve­lop­pe­ment in­dus­triel et nu­mé­rique oc­ca­sion­né de­puis plu­sieurs an­nées au nom du pro­grès. Der­niè­re­ment, la Ci­troën C4 Cac­tus Die­sel a dé­frayé la chro­nique concer­nant son im­pli­ca­tion dans un scan­dale de pol­lu­tion. « Le test a dé­mon­tré qu'en si­tua­tion de froid ou de grande cha­leur, son mo­teur pol­luait cinq à dix fois plus que pré­vu. Les sys­tèmes de dé­pol­lu­tion s'ar­rêtent », a dé­cla­ré le dé­pu­té eu­ro­péen éco­lo­giste Yan­nick Ja­do. C’est à la suite d’une étude réa­li­sée par un la­bo­ra­toire rat­ta­ché à la Com­mis­sion eu­ro­péenne que le po­teau rose a fi­ni par être dé­cou­vert. En pa­ral­lèle, pour la pre­mière fois de­puis 40 ans l’es­pé­rance de vie en France au­rait di­mi­nué. En cause : une grippe dé­vas­ta­trice et des condi­tions cli­ma­tiques dif­fi­ciles se­lon le site notre-pla­nete. info. Dans une étude me­née par le pro­fes­seur Ma­jid Ez­za­ti de l’Im­pe­rial Col­lege de Londres, l’es­pé­rance de vie des Ca­na­diens conti­nue­ra de s’éle­ver. Les Ca­na­diens qui naî­tront en 2030 pour­ront ga­gner quatre an­nées sup­plé­men­taires de lon­gé­vi­té, com­pa­ré à ceux nés en 2010. Ce­pen­dant, des pro­blèmes de sé­den­ta­ri­té et d’obé­si­té se­ront à en­vi­sa­ger. Si le can­cer est de­ve­nu le mal du siècle, il y a bel et bien une rai­son : notre confort ne va pas sans contre­par­tie. On dit bien sou­vent que le bon­heur, c’est la san­té ! La ca­pa­ci­té de l’être hu­main à être dé­rai­son­nable et à pri­vi­lé­gier ses in­té­rêts sur le court terme, sans pen­ser aux consé­quences sur le long terme, pour­rait bien lui coû­ter plus que ce qu’il au­rait pu s’ima­gi­ner

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