CONCOURS DE RO­BO­TIQUE

Le Franco - - LA UNE - LU­CAS PILLERI Correspondant Le Fran­co

Du 19 au 22 avril, l’équipe Hé­lios 5009, com­po­sée d’élèves des écoles Mau­rice-La­val­lée et Mi­chaëlle-Jean à Ed­mon­ton, a por­té haut les cou­leurs de l’Al­ber­ta au cham­pion­nat du monde de ro­bo­tique à Hous­ton au Texas. Mal­gré leur dé­faite, les jeunes re­partent le sou­rire aux lèvres, forts de cette ex­pé­rience unique.

C’était la 6e par­ti­ci­pa­tion cette an­née de l’équipe Hé­lios. Grâce à une deuxième po­si­tion au concours an­nuel de ro­bo­tique de l’Al­ber­ta en fé­vrier der­nier, l’équipe fran­co-al­ber­taine a pu se his­ser au plus haut ni­veau de la com­pé­ti­tion ro­bo­tique à Hous­ton pour le cham­pion­nat mon­dial FTC. Pour Phi­lippe Man­seau, coach et res­pon­sable de l’équipe, «cette com­pé­ti­tion donne une chance aux jeunes de s’im­pli­quer dans un pro­jet réel ».

UN PRO­JET PARASCOLAIRE FOR­MA­TEUR

L’équipe se com­pose de onze jeunes de la 10e à la 12e an­née, qui font par­tie du club de ro­bo­tique of­fert par l’école Mau­rice-La­val­lée, une ac­ti­vi­té pour la­quelle ils re­çoivent des cré­dits. « On se ren­contre à l’école tous les lun­dis soirs et sa­me­dis à par­tir de sep­tembre pour pré­pa­rer la com­pé­ti­tion », in­dique le coach. « Les adultes ne touchent pas le ro­bot, les jeunes sont res­pon­sables de sa construc­tion, de sa pré­pa­ra­tion, de sa pro­gram­ma­tion…», ajoute-t-il.

Au sein de l’équipe, de nom­breux pro­fils co­existent. Outre les pro­gram­meurs et les pas­sion­nés de sciences et de cal­cul, une per­sonne s’oc­cupe des mé­dias et de la pho­to­gra­phie, d’autres, plus ma­nuels, tra­vaillent avec les ma­té­riaux, et quelques-uns sont char­gés de la ré­dac­tion du jour­nal de bord. « Lorsque la com­pé­ti­tion ap­proche, c’est comme si nous vi­vions en­semble vu que nous pas­sons presque tout notre temps à fi­na­li­ser les dif­fé­rents pro­jets », té­moigne M. Man­seau. L’équipe comp­tait aus­si Steve Hry­niw, pa­rent d’élève ve­nu coa­cher les jeunes, An­drée Ca­ron, en­sei­gnante du Conseil Centre-Nord, et Sam Lang­ford, jeune men­tor an­cienne élève du club.

UNE COM­PÉ­TI­TION AU PLUS HAUT NI­VEAU

Lors du cham­pion­nat, les jeunes se sont li­vrés à un dur com­bat lors de neuf matchs en deux contre deux. Ces ren­contres se tiennent au sein d’un ter­rain car­ré de douze pieds où les ob­jec­tifs pour le ro­bot sont mul­tiples : prendre des balles, les lan­cer dans un vor­tex au centre ou dans les coins, dé­tec­ter des cou­leurs, en­fon­cer des bou­tons… Le coach ra­conte: « Nous pou­vions tech­ni­que­ment rem­plir cha­cune des tâches de­man­dées, mais nous avons connu beau­coup de dif­fi­cul­tés tech­niques, comme des dé­con­nexions, ou des pannes de l’ap­pli­ca­tion ».

Les étu­diants n’ont mal­heu­reu­se­ment pas em­por­té la vic­toire par­mi les 128 équipes pré­sentes mais res­sortent gran­dis de la com­pé­ti­tion. « Les jeunes s’en­gagent énor­mé­ment, ils se dé­passent, se donnent à 100%. Ils sont plus res­pon­sables car les adultes ne font tech­ni­que­ment rien, mais ap­portent sim­ple­ment un sup­port mo­ral », re­marque Phi­lippe Man­seau. Cer­tains jeunes sont si ins­pi­rés qu’ils se lancent par­fois dans une car­rière « en in­gé­nie­rie, en pro­gram­ma­tion, ou en sciences ap­pli­quées », re­lève-t-il. Un pro­jet fran­co­phone

L’équipe Hé­lios 5009 a aus­si mis l’ac­cent sur son iden­ti­té fran­co-ca­na­dienne lors de leur pré­sence à Hous­ton. Étant l’une des rares équipes fran­co­phones de la com­pé­ti­tion, ils ont af­fi­ché fiè­re­ment leur dif­fé­rence : « Nous avions des vestes aux cou­leurs du Ca­na­da, nos t-shirts mon­traient le dra­peau fran­co-al­ber­tain, et le lo­go de notre école », sou­ligne le res­pon­sable.

Une cam­pagne de fi­nan­ce­ment or­ga­ni­sée par les jeunes avait per­mis de cou­vrir les frais du voyage. De sur­croît, de nom­breux or­ga­nismes fran­co­phones ont ap­por­té leur aide à l’ini­tia­tive : la so­cié­té de pa­rents de l’école, le club Ma­rie-Anne Gaboury, le club Jean-Pa­toine, Prin­ting Im­pres­sion pour les t-shirts, ou en­core DOW Che­mi­cal pour les vestes. Re­par­tis bre­douille, les jeunes n’en tirent pas moins une riche le­çon de l’ex­pé­rience. L’équipe FIX IT de Co­lom­bie-Bri­tan­nique a rem­por­té, elle, le prix mon­dial Ins­pire. Une preuve, pour Phi­lippe Man­seau, que « le ni­veau de com­pé­ti­tion et de qua­li­té de ro­bo­tique au Ca­na­da aug­mente ! ».

Le ro­bot de l'équipe Hé­lios 5009. Pho­to Gra­cieu­se­té

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